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EUROPE

Arrestation d’Abdeslam : comment la police a débusqué l’ennemi public français numéro 1

© Dirk Waem, AFP | Des policiers belges à Molenbeek, vendredi 18 mars, jour de l'arrestation de Salah Abdeslam

Vidéo par FRANCE 2

Texte par Mehdi CHEBIL

Dernière modification : 19/03/2016

La capture de Salah Abdeslam, vendredi à Molenbeek en Belgique après quatre mois de cavale, résulte à la fois d’un coup de chance et d’une enquête minutieuse.

"De Molenbeek à Molenbeek". Le titre du quotidien belge Le Soir claque au-dessus d’une photo de l’arrestation de Salah Abdeslam, claudiquant dans un sweat-shirt jaune pâle entre plusieurs policiers surarmés. Ce n’est qu’à 700 mètres de son domicile familial, au centre de cette commune bruxelloise où il a grandi, que la cavale de l’homme le plus recherché d’Europe a pris fin, le 18 mars.

Le petit délinquant radicalisé de 26 ans devrait être extradé vers la France, où les enquêteurs espèrent obtenir plus d’informations sur son rôle dans les attaques qui ont ensanglanté Paris dans la soirée du 13 novembre. Quelques jours avant les attentats, Salah Abdeslam avait loué des voitures et plusieurs logements en région parisienne pour les terroristes de l’organisation de l’État islamique (EI). Présent dans la capitale française au moment du carnage, Salah Abdeslam avait été exfiltré dans la nuit du 13 au 14 novembre vers la Belgique par deux amis, qui ont depuis été incarcérés.

Le coup de chance qui aurait pu tourner au massacre

Après avoir été perdue – certains médias avaient même évoqué une fuite en Syrie – la trace de Salah Abdeslam a été retrouvée en début de semaine dans un appartement de Forest, commune limitrophe de Molenbeek.

Les policiers qui se présentent rue de Dries ce mardi 15 mars, vers 15 heures, s’attendent à une perquisition de routine. Les rafales de fusils automatiques qui claquent à travers la porte les obligent à reculer précipatemment pour se mettre à l’abri. Trois policiers sont blessés dans la fusillade. Deux occupants de l’habitation parviennent à s’enfuir en passant par les toits tandis qu’un troisième complice se retranche pour mieux arroser les forces de l’ordre. Cet homme, l’Algérien Mohamed Belkaïd, sera abattu vers 18 heures lors de l’assaut policier.

L’absence d’un périmètre de sécurité avant la perquisition suggère que les autorités ne s’attendaient pas à faire face à des jihadistes armés. Les empreintes digitales de Salah Abdeslam sont retrouvées dans l’appartement, ainsi que dix chargeurs de kalachnikov et un drapeau de l’EI.

L’erreur de Salah Abdeslam

Ce coup de chance donne un coup d’accélérateur à l’enquête et pousse Salah Abdeslam à commettre l’erreur que les enquêteurs attendent depuis quatre mois : contacter un proche qui ne fait pas partie de son réseau de soutien.

Selon Le Monde et l’Obs, c’est la dénonciation de ce proche de Salah Abdeslam qui a permis aux enquêteurs belges de localiser la nouvelle planque du terroriste. Quelques heures après avoir fui l’appartement qu’il occupait dans la commune de Forest, le fugitif aurait appelé cet ami pour lui demander de l’aider à trouver un logement. Ce témoin a prévenu la police, qui a alors étudié tous les numéros de téléphone joints par la ligne utilisée par Salah Abdeslam. C’est ainsi que les enquêteurs ont localisé le logement rue des Quatre-Vents à Molenbeek où le fugitif a été interpellé.

Le journal belge La Dernière Heure évoque également la possibilité que la police belge ait exploité les funérailles de Brahim Abdeslam, le frère de Salah qui s’était fait exploser au Comptoir Voltaire le 13 novembre dernier, pour remonter la piste du fugitif. Ces funérailles ont eu lieu le 17 mars, la veille de l’arrestation de Salah Abdeslam. L’un des hommes qui avait assisté à l’inhumation, Abid Aberkan, appartient justement à la famille qui a hébergé le fugitif rue des Quatre-Vents. Soupçonné d’être le dernier logeur de "l’ennemi public numéro un", Abid Aberkan a également été interpellé vendredi par les forces d’intervention belges.

"Un jour très noir pour Molenbeek"

La capture de Salah Abdeslam marque une nouvelle étape dans l’enquête sur les attentats de novembre.

Paris espère éclaircir les zones d’ombre qui subsistent concernant le cheminement des commandos terroristes, l’identité des kamikazes du Stade de France, et le rôle exact de Salah Abdeslam lors de cette soirée fatidique. Du côté de Bruxelles, les enquêteurs vont s’efforcer de démanteler le réseau de soutien dont a bénéficié le fugitif pendant ces 126 jours de cavale dans cette banlieue symbole du jihadisme en Europe.

Comme le relève Le Soir, l’arrestation de Salah Abdeslam vient renforcer l’image de plaque tournante islamiste associée à la commune bruxelloise: "Pour Molenbeek, c'est un jour très noir. Pire que les précédents car ce retour au bercail témoigne du fait que Salah Abdeslam, même aux abois, même avec du sang sur les mains, s'y sentait protégé".

 

Première publication : 19/03/2016

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