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Afrique

Niger : second tour de la présidentielle en l’absence du candidat de l’opposition

© Issouf Sanogo, AFP | Affiche électorale du président sortant Mahamadou Issoufou à Niamey, le 20 mars 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 21/03/2016

Les Nigériens se sont rendus aux urnes, dimanche, pour le second tour d’une élection présidentielle boycottée par l’opposition, dont le candidat est hospitalisé en France après quatre mois d’incarcération au Niger.

Les Nigériens étaient appelés aux urnes, dimanche 20 mars, pour le second tour d’une élection présidentielle dont la seule inconnue sera le taux de participation. Le président sortant Mahamadou Issoufou est donné largement favori après le retrait de l’opposition, qui a appelé à boycotter le scrutin pour protester contre la fraude électorale et les mauvais traitements infligés à son candidat.

Hama Amadou, surnommé "le Phénix", est actuellement hospitalisé en France après avoir été incarcéré pendant quatre mois au Niger. Âgé de 66 ans, il a été évacué mercredi vers Paris depuis sa prison de Filingué (180 km au nord de Niamey), où il était détenu depuis novembre dans le cadre d'un trafic d'enfants présumé. Un dossier jugé "politique" par l'opposition, mais de "droit commun" selon le pouvoir, qui souligne "l'indépendance de la justice".

Les bureaux de vote ont fermé à 19 h et le dépouillement a débuté. La commission électorale, qui dispose de cinq jours maximum pour proclamer les résultats dans ce pays de 18 millions d'habitants, très enclavé, devrait le faire dès lundi ou mardi.

À Niamey, la plupart des bureaux ont ouvert sans problème, parfois avec un peu de retard, a constaté l'AFP. La fréquentation dimanche dans la capitale, fief de l'opposition, semblait moins importante qu'au premier tour où des files d'attente s'étaient formées devant les bureaux.

L'envoyée spéciale de France 24, Anna Sylvestre-Treiner, a également constaté que la journée s'est passée dans une ambiance beaucoup plus apaisée que lors du premier tour. "De nombreux hommes étaient déployés partout sur le territoire, 6 000 rien qu'à Niamey, pour faire face à d'éventuels troubles politique ou terroristes", a précisé la journaliste.

L'issue de l'élection ne fait guère de doute : le chef de l'État sortant, 64 ans, qui brigue un deuxième quinquennat à la tête de ce pays ouest-africain parmi les plus pauvres du monde, devrait être réélu. Surnommé "le Lion", Mahamadou Issoufou a obtenu 48,43 % au premier tour et négocié le ralliement de candidats devant lui permettre de franchir la barre des 50 % sans problème.

"Assurer la sécurité"

Les crises politiques ont souvent débouché par le passé au Niger sur des coups d'État ou des tentatives de coup d'État.

Mais jeudi, le pays a dû faire face à un autre danger, avec deux attaques. L'une, dans l'Ouest, attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), près des frontières burkinabo-maliennes, a coûté la vie à trois gendarmes. L'autre, dans l'Est, attribuée aux islamistes nigérians de Boko Haram, qui ont fait allégeance à l'organisation État islamique (EI), a vu cinq kamikazes tuer un officier supérieur de l'armée.

"Aqmi a voulu donner un signe avant les élections", a déclaré le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou, qui assure que "comme au premier tour, toutes les dispositions sont prises pour assurer la sécurité".

Aucune attaque n'avait eu lieu lors du premier tour, qui s'était tout de même déroulé de manière chaotique dans de nombreuses localités en raison de problèmes logistiques. Des bureaux n'avaient procédé au vote que le lundi et la proclamation des résultats avait mis plusieurs jours, l'opposition dénonçant des "fraudes".

Pendant la campagne, Mahamadou Issoufou, ancien opposant historique du charismatique Mamadou Tandja, président de 1999 à 2010, a mis en avant son bilan, assurant avoir doté le pays d'infrastructures, lutté efficacement contre la pauvreté et rétabli la sécurité face à la menace islamiste.

"Score stalinien"

Ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, Hama Amadou, qui avait soutenu l'actuel président au deuxième tour en 2011, a rejoint l'opposition en 2013.

Emprisonné, il n'a pas pu battre campagne. Ses partisans critiquent la mauvaise gouvernance du régime et son incapacité à enrayer la pauvreté, dans un pays où 76 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

L'opposition a demandé une "transition politique". "Nous appelons à un boycott actif sans violence. Nous demandons aux gens de rester chez eux. Issoufou pourra proclamer les résultats qu'il veut, cela ne nous concerne pas", a déclaré le porte-parole de la Coalition de l'opposition pour l'alternance (Copa 2016), Ousseïni Salatou.

Avec ce boycott, le président Issoufou devrait obtenir "un score stalinien" à l'image du régime, selon l'opposition.

Le ministre de l'Intérieur assure lui que l'opposition a "compris qu'elle allait perdre". "Ce sont des gens issus du parti unique, ce ne sont pas des démocrates. Nous, en 2004 (élection de Tandja face à Issoufou), nous savions que nous allions perdre mais nous y sommes allés en démocrates convaincus. La vraie lecture, c'est que l'opposition, qui pensait représenter 75 % de l'électorat, est tombée de haut en n'obtenant que 36 % au premier tour", a-t-il estimé.

Dans ce climat tendu, organisations religieuses, chefs traditionnels et syndicats ont appelé "au dialogue" et à "l'apaisement".

Avec AFP

Première publication : 20/03/2016

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