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EUROPE

Le renforcement de la sécurité en France est-il efficace ?

© Lionel Bonaventure, AFP

Vidéo par Antoine MARIOTTI

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/03/2016

Quelque 1 600 policiers et gendarmes supplémentaires ont été déployés sur le territoire français après les attentats meurtriers de Bruxelles. Certains, dans les forces de l'ordre, estiment que l’on prive d’autres services de leurs effectifs.

La France a renforcé, mardi 22 mars, la sécurité de ses aéroports, gares et transports en commun à la suite des attentats meurtriers qui ont frappé Bruxelles. Au total, 1 600 policiers et gendarmes supplémentaires ont été déployés mardi en renfort sur le territoire français, particulièrement dans les infrastructures de transports, face à un niveau de menace "extrêmement élevé".

En Île-de-France, 400 policiers et gendarmes supplémentaires ont été mobilisés, en particulier sur les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et d'Orly, dans le réseau du métro parisien et les principales gares ferroviaires. Sur le reste du territoire, 600 membres des forces de l'ordre ont été déployés en renfort.

Des effectifs supplémentaires ont également été affectés à la surveillance des frontières et des patrouilles de militaires réorientées vers les sites de transports. Les zones publiques des infrastructures de transport sont désormais réservées aux seules personnes munies de titres de transport et/ou de pièce d'identité.

Au sein des forces de l’ordre, certains redoutent que ce renforcement ne prive d’autres services de leurs effectifs. "Il y a des militaires d’ordinaire affectés à du travail de bureau qui sont redéployés sur le terrain aux quatre coins de la France pour assurer une mission de surveillance, commente Antoine Mariotti, journaliste à France 24, spécialiste des questions de sécurité. Il y a donc un vrai malaise chez les militaires, du moins ceux avec qui j’ai pu parler, mais aussi chez les policiers. Certains me disent que le renforcement allait être forcément problématique, puisque les policiers ne vont pas assurer les missions classiques de secours qui rythment leur quotidien."

"Le premier objectif, c’est aussi de se montrer, de montrer qu’il y a des uniformes partout, et qu’on est capable de réagir rapidement, indique Antoine Mariotti. Mais, concrètement, s’il y a 30 militaires de plus à la gare Montparnasse, cela n’empêchera, malheureusement, pas quelqu’un qui est avec un sac à dos de se faire exploser."

Hollande en appelle à l'Europe

Outre le renforcement des effectifs sur le terrain, les dirigeants français réclament un renforcement de la coopération internationale contre le terrorisme, particulièrement en Europe. "La menace reste particulièrement élevée […]. Nous sommes en guerre, nous subissons depuis plusieurs mois en Europe des actes de guerre, et face à cette guerre, il faut une mobilisation de tous les instants", a insisté le Premier ministre, Manuel Valls, à des journalistes.

Le président François Hollande avait convoqué mardi matin une réunion d'urgence à l'Élysée, en présence du chef du gouvernement, des ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l'Intérieur. "Le terrorisme a frappé la Belgique, mais c'était l'Europe qui était visée : nous devons prendre conscience de l'ampleur et la gravité de la menace terroriste", a déclaré le chef de l’État. "La France et la Belgique sont liées par l'horreur", a-t-il ajouté en rappelant les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, dont un suspect clé, Salah Abdeslam, a été capturé vendredi dernier à Bruxelles.

"Nous sommes devant une menace globale qui exige d'y répondre globalement", a-t-il poursuivi devant le Conseil stratégique de l'attractivité, à l'Élysée, où il recevait plusieurs dirigeants d'entreprise étrangers. "La guerre contre le terrorisme doit être menée dans toute l'Europe, et avec les moyens qui sont nécessaires, et notamment en matière de renseignement. Nous aurons encore à veiller à ce que les décisions soient effectivement mises en œuvre", a-t-il souligné.

Peu auparavant, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait de nouveau appelé à l'adoption sans délai au Parlement européen du "PNR" (Passenger Name Record), un fichier européen des données personnelles des voyageurs aériens dont la mise en œuvre est bloquée depuis des années.

Avec Reuters

© Agence Ide

 

 

Première publication : 22/03/2016

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