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Vingt ans après la guerre de Bosnie, Karadzic attend le verdict des juges du TPIY

© Michael Kooren, POOL, AFP | L'ancien chef politique serbe Radovan Karadzic devant le TPIY en 2013.

Vidéo par Sophie GUIGNON

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/03/2016

Après 6 ans de procès, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie rend jeudi son verdict contre Radovan Karadzic, ancien président des séparatistes serbes de Bosnie jugé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

C’est un verdict attendu depuis longtemps. Plus de 20 ans après le massacre de Srebrenica et le sanglant siège de Sarajevo, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de La Haye rend le 24 mars son verdict contre l'ancien dirigeant politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour son implication dans la guerre qui a mis la Bosnie à feu et à sang de 1992 à 1995.

L’ancien psychiatre est considéré comme le cerveau du "nettoyage ethnique" contre les non-Serbes pendant la guerre qui a fait 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés. Il voulait, selon l'accusation, diviser la Bosnie et "chasser à jamais les musulmans et Croates des territoires revendiqués par les Serbes de Bosnie". Il est notamment tenu pour responsable du siège de 44 mois de Sarajevo, la capitale bosniaque, au cours duquel plus de 10 000 personnes - dont 1 500 enfants - ont été tuées sous les bombes ou les tirs de snipers.

Il est aussi accusé d’avoir commandité le massacre de Srebrenica, "zone de sécurité" sous protection théorique de l’Onu où 8 000 musulmans de Bosnie, hommes et adolescents, ont été tués par les séparatistes bosno-serbes en juillet 1995, quelques mois avant la fin de la guerre. Un massacre qualifié de "génocide" par la Cour internationale de justice, en 2007. Il est par ailleurs accusé de génocide dans plusieurs autres municipalités de Bosnie mais doit aussi répondre de persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés.

"Jamais trop tard"

Ce verdict sonne la fin d’un marathon judiciaire débuté en 2008. Après plus de onze ans de cavale et près de treize à échapper aux inculpations de crimes de guerre et de génocide, Radovan Karadzic était alors arrêté dans un autobus à Belgrade par les services secrets serbes. Sur une photo présentée à la presse, l'ancien président serbe apparaissait cheveux longs, barbe blanche et portant des lunettes pour dissimuler son visage. Méconnaissable. L'homme le plus recherché de Serbie vivait depuis des années en se faisant passer pour un docteur spécialisé en médecine douce. Présenté aussitôt après son arrestation devant un juge d'instruction, Karadzic aurait qualifié la procédure de "farce". 

La "farce" aura duré six ans : le procès contre Radovan Karadzic, inculpé de onze chefs d’accusation, a débuté en octobre 2009 et les plaidoiries finales ont été prononcées en octobre 2014. Et il aura fallu pas moins d’un an de délibération, 497 jours d’audience, les dépositions de 586 témoins et un dossier d’accusation de trois millions de pages pour aboutir au verdict.

"Il y a une expression qui dit que " une justice en retard est une justice refusée" mais je pense que dans ce cas-ci, il n'est jamais trop tard", a assuré le procureur de l’affaire depuis 2008, le Belge Serge Brammertz. "Il y a eu des procès très importants dans ce tribunal, des jugements très importants aussi mais celui contre Karadzic sera certainement l'un des plus important de l'histoire du TPIY", juge Serge Brammertz qui estime que le massacre de Srebrenica est "le crime le plus important commis sur le sol européen depuis la Seconde guerre mondiale".

Un acquittement serait une surprise

Radovan Karadzic ne l’entend pas ainsi. Aujourd’hui âgé de 70 ans, celui qui a assuré seul sa défense assure avoir œuvré pour la paix. Lors de sa plaidoirie finale, il avait affirmé être "un homme de paix" : "j'ai fait tout ce qui était humainement possible pour éviter la guerre et réduire la souffrance humaine". Pour son conseiller juridique, cet amateur de littérature ne "savait pas ce qu'il se passait à Srebrenica". "Il veut donc être acquitté et rentrer chez lui", a assuré Peter Robinson.

"Cela serait une énorme surprise pour tout le monde", a-t-il néanmoins confié à l'AFP, soulignant que Radovan Karadzic ferait appel de toute autre décision. Les procureurs ont requis la réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de celui qui reste pour beaucoup de Serbes un "héros" de la guerre en Bosnie. Dimanche dernier, des représentants du gouvernement de l'entité serbe de Bosnie ont inauguré un dortoir universitaire baptisé au nom de Radovan Karadzic.

Les victimes de Bosnie attendent en revanche beaucoup de ce procès. Une centaine d’associations vont faire le voyage pour assister à la lecture du verdict, dont des anciens détenus des camps et des mères de Srebrenica. Pour eux, le principal enjeu de ce jugement est que l’accusation de génocide soit reconnu dans les municipalités autres que Srebrenica. Et que Karadzic soit enfin reconnu coupable. Si tel était le cas, il serait le plus haut responsable politique à être condamné en Europe par un tribunal international depuis les procès de Nuremberg contre les dignitaires nazis.

En marge du verdict, l’ancienne porte-parole du TPIY, Florence Hartmann, a été arrêtée, jeudi 24 mars, par des gardes du tribunal à l’extérieur du bâtiment, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L’ex-journaliste au "Monde" avait été condamnée pour outrage à la Cour après avoir publié dans un livre deux décisions confidentielles. La France avait refusé son extradition, estimant que "les textes qui organisent la coopération entre le TPIY et la France ne s'appliquent qu'aux crimes graves que ce tribunal a pour mission de juger. L'outrage à la Cour pour lequel Hartmann a été condamnée ne faisant pas partie de ces crimes, la France ne dispose d'aucun fondement juridique pour asseoir une éventuelle coopération".

Avec AFP et Reuters

Première publication : 23/03/2016

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