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SPORT

Annuler l'Euro-2016 offrirait "une victoire" aux terroristes

© Valéry Hache, AFP | L'Allianz-Riviera à Nice, l'un des dix stades qui accueillera l'Euro-2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/03/2016

En dépit des attentats qui ont frappé Paris et Bruxelles ces derniers mois, les autorités politiques et footballistiques refusent d’envisager un report ou une annulation de l’Euro-2016, qui acterait la "victoire" des terroristes.

Après les attaques terroristes qui ont frappé Paris à deux reprises, puis Bruxelles, en à peine plus d’un an, l’organisation de l’Euro-2016 est devenue un vrai casse-tête pour les autorités françaises. La question de la sécurisation de l’événement, qui se tient du 10 juin au 10 juillet dans dix villes de France, suscite de plus en plus d’inquiétudes. Pour les instances politiques et footballistiques, pas question toutefois de remettre en cause sa tenue : l’Euro-2016 est maintenu et il n’y aura aucun match à huis clos, martèle-t-on depuis plusieurs semaines.

Mercredi 23 mars, au lendemain des attentats sanglants en Belgique, le Premier ministre français Manuel Valls et l'UEFA ont de nouveau écarté mercredi tout report ou rencontres sans public pour ne pas offrir "une victoire" aux terroristes. Le 13 novembre dernier, le Stade de France, où se déroulait le match amical France - Allemagne (2-0), était l'une des cibles visées par les attentats qui ont fait 130 morts, dont un à Saint-Denis. Faut-il, après les scènes d'horreur à Bruxelles mardi, annuler le 3e évènement sportif mondial, qui va drainer 2,5 millions de spectateurs dans les stades et sept millions dans les fan zones ?

Unanimité contre une annulation ou des huis clos

"Non, ça serait une défaite, ça serait donner une victoire aux terroristes. Il faut ces manifestations sportives. La condition, c'est qu'elles puissent se tenir dans les meilleures conditions", a insisté Manuel Valls sur l’antenne d'Europe 1. Avec la Cop 21 sur le climat à la fin de l'année dernière, la France a fait la "démonstration" qu'elle pouvait "accueillir de grandes manifestations". "Et nous allons continuer à faire cette démonstration", a poursuivi le chef du gouvernement.

Des propos qui font écho aux décisions prises par les instances sportives. "On ne peut pas imaginer qu'un incident quel qu'il soit puisse éliminer une compétition aussi importante. Toute l'Europe est concernée, personne n'est à l'abri", avait déclaré, dès mardi, le président de la Fédération française de football Noël Le Graët.

Du côté de l’UEFA, même son de cloche. "Nous sommes confiants dans le fait que toutes les mesures de sécurité seront prises pour organiser un Euro sûr et festif et de ce fait il n'est pas prévu de disputer des matches à huis clos", a indiqué à l'AFP Pedro Pinto, le porte-parole de l’instance.

Cette mise au point est intervenue alors que l'un des vice-présidents de l'UEFA, Giancarlo Abete, interrogé mardi sur Radio 24, station italienne, avait utilisé une formule ambigüe, provoquant un début d'emballement sur le sujet. "D'un point de vue technique, le risque de huis clos peut toujours exister parce que nous parlons d'une compétition où les matches doivent avoir lieu. Mais il me semble qu'aujourd'hui les priorités ne sont pas celles-là", avait-il déclaré.

Giancarlo Abete a été plus explicite mercredi dans la Gazzetta dello Sport : "Il n'y a pas de situation structurelle qui fasse que (l'UEFA) pense à disputer l'Euro à huis clos. L'UEFA veut jouer, les matches de foot sans supporters ne sont pas de vrais matches de foot."

Les fan-zones cristallisent l’inquiétude

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve l'a réaffirmé mardi : afin de "résister à la terreur", le dispositif de sécurité autour de l'Euro-2016 sera sans précédent.

Les fan zones, ces vastes espaces ouverts où se regroupent les supporters en dehors des rencontres ou pour visionner les matches, sont sous haute vigilance. Il y aura des palpations systématiques à leur entrée, la détection d'objets métalliques, le recours aux services de déminage et l'installation de la vidéo surveillance dans ces lieux qui pourront accueillir jusqu’à 100 000 personnes pour les plus importantes.

Placée sous la responsabilité des villes hôtes qui auront recours à des sociétés privées, et établie avec le préfet, la sécurisation des fan zones coûtera 17 millions d'euros au total, a affirmé le maire de Bordeaux Alain Juppé. L’ex-Premier ministre, également président du club des villes hôtes et à qui l'UEFA avait promis 3 millions d'euros avant les événements de novembre, a demandé à l'instance européenne une rallonge d'un million. Une requête sera examinée lors du prochain comité de pilotage, fin avril. L'État financera pour sa part 80 % des systèmes de vidéo-surveillance, pour un montant de 2 millions d'euros.

Enfin, l'UEFA, responsable de la sécurité des stades, des camps de base des équipes, des hôtels officiels et du centre des médias, s'apprête à recruter 10 000 agents privés, soit 7 % de plus que le chiffre prévu avant les événements qui ont frappé Paris le 13 novembre 2015.

Avec AFP
 

Première publication : 24/03/2016

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