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FRANCE

Abdeslam a accusé Abaaoud d’être "responsable" des attentats de Paris

© Matthieu Alexandre, AFP | Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats du 13 novembre à Paris, est interrogé par la police belge.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/03/2016

Lors de son audition par des enquêteurs en Belgique le 19 mars, Salah Abdeslam a minimisé son rôle dans les attentats du 13 novembre, déclarant qu'Abdelhamid Abaaoud, considéré comme l'instigateur des attaques, en était le "responsable".

Interrogé par les enquêteurs belges, le suspect-clé des attentats de Paris, Salah Abdeslam, a désigné Abdelhamid Abaaoud, l'instigateur présumé des attaques du 13 novembre, comme étant le "responsable" des commandos. Les détails de son audition ont été révélés, vendredi 25 mars, par la chaîne BFM TV et le journal Le Monde, qui en ont obtenu des extraits.

"C'est Abaaoud. Je le sais via mon frère, Brahim. C'est lui qui m'a expliqué qu'Abaaoud était le responsable", a affirmé Salah Abdeslam devant la police fédérale belge le 19 mars, au lendemain de son arrestation, précisant que "neuf personnes plus lui" ont directement participé aux attentats à Paris et Saint Denis.

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Lors de son audition, le détenu a assuré n'avoir rencontré Abdelhamid Abaaoud qu'une fois, dans la nuit du 11 au 12 novembre, alors même que, selon la presse belge, les deux hommes ont été condamnés pour des vols commis ensemble en 2011. Abdelhamid Abaaoud est mort le 18 novembre dans un assaut donné par les forces de sécurité contre un appartement de Saint-Denis.

"J'ai roulé au hasard, j'ai stationné la voiture j'ignore où"

Salah Abdeslam a en revanche reconnu avoir "loué des voitures et des hôtels à la demande" de son frère, qui s'est fait exploser le soir du 13 novembre devant le café Le Comptoir Voltaire. "Chaque fois que j'ai dû payer des choses pour préparer ces attentats, l'argent venait de Brahim [Abdeslam]", a-t-il encore dit.

Il a également affirmé qu’il devait se rendre au Stade de France "pour [s]e faire exploser" aux côtés des trois autres kamikazes ce soir-là, mais qu’il a renoncé à actionner sa ceinture d'explosif. "J'ai renoncé lorsque j'ai stationné le véhicule. J'ai déposé mes trois passagers, puis j'ai redémarré. J'ai roulé au hasard, j'ai stationné la voiture j'ignore où", a-t-il confié. Il aurait ensuite caché cette ceinture dans un "endroit discret".

Selon les informations du Monde, Abid Aberkan, le cousin chez qui Abdeslam s’est réfugié à Molenbeek, rue des Quatre-Vents, et qui a été interpellé le 18 mars, a de son côté déclaré lors de son audition que Salah lui avait dit que sa ceinture "manquait de liquide [explosif]".

Les Bakraoui ? "Connais pas"

Salah Abdeslam a par ailleurs été interrogé sur les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, deux des kamikazes du double attentat du 22 mars à Bruxelles. "Je ne [les] connais pas", a-t-il assuré sans hésiter. Khalid El Bakraoui est pourtant la personne qui a loué le dernier appartement où ont logé les terroristes des attentats de Paris. Il a également loué, sous un faux nom, l’endroit où était caché Abdeslam dans la commune de Forest, à Bruxelles, lors de la perquisition menée le 15 mars.

L’article du Monde se montre d'ailleurs critique envers les enquêteurs belges. Ces derniers n’auraient en effet pas mené un entretien "très poussé" du jeune Français, Salah Abdeslam ayant été interrogé durant deux heures au total sur des éléments concernant davantage les attentats du 13 novembre que les cellules terroristes actives en Belgique. "Cette audition, assez sommaire, truffée d’incohérences, montre que les enquêteurs ont peut-être raté une occasion d’obtenir des renseignements qui auraient pu permettre de déjouer les attentats du 22 mars à Bruxelles", écrit la journaliste.

Avec Reuters

Première publication : 25/03/2016

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