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EUROPE

Le procès devant une cour criminelle de deux célèbres journalistes en Turquie ajourné

© Osan Kose, AFP | Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara, se sont exprimés devant la presse après leur libération, le 26 février 2016.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/03/2016

Le procès de deux journalistes turcs a été ajourné, vendredi, au 1er avril. Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, et Erdem Gül, journaliste, risquent la prison à vie pour un article accusant Ankara de livraison d'armes en Syrie.

Deux célèbres journalistes turcs sont jugés à huis clos devant une cour criminelle d'Istanbul pour des accusations qui pourraient leur valoir la prison à vie. Ils ont été arrêtés par les autorités turques à la suite d'un article accusant Ankara d'avoir livré des armes aux rebelles islamistes syriens. Leur procès, qui a été interrompu dès le jour de son ouverture, vendredi 25 mars, intervient dans un contexte de pressions exercées sur la presse par le président Recep Tayyip Erdogan, à qui les juges ont accordé vendredi, la qualité de plaignant.

Les débats à peine commencés, vendredi, la cour criminelle d'Istanbul a décidé, sur réquisitions du procureur, de les poursuivre à huis clos pour des raisons de "sécurité nationale". Une décision qui a provoqué la colère du public venu soutenir les deux accusés et contraint de quitter immédiatement le tribunal.

Après la pause-déjeuner, le refus de plusieurs députés d'opposition de quitter la salle d'audience a provoqué un incident de séance et poussé le président à ajourner le procès au 1er avril.

Farouches critiques du gouvernement islamo-conservateur du président turc, Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara, sont accusés d'espionnage, de divulgation de secrets d'État, de tentative de coup d'État et d’assistance à une organisation terroriste. Les deux hommes ont déjà passé plus de quatre-vingt-dix jours en détention provisoire.

L’article incriminé, publié en mai 2015, avait provoqué la fureur de Recep Tayyip Erdogan, qui a toujours nié soutenir les mouvements radicaux hostiles au régime de Damas. Dans ce papier, les deux journalistes faisaient état de livraisons d'armes par des camions des services de renseignement turcs (MIT) à des rebelles islamistes en Syrie en janvier 2014, photos et vidéo à l’appui.

L’État de droit remis en question

"Celui qui a publié cette information va payer le prix fort, je ne vais pas le lâcher comme ça", avait promis Recep Tayyip Erdogan après la publication de l’article. Sur réquisitions du parquet, les deux journalistes ont été placés en détention provisoire en novembre et le procureur a réclamé contre eux la réclusion criminelle à perpétuité.

Mais le 26 février, la Cour constitutionnelle, l'une des dernières institutions du pays qui échappe encore au contrôle du parti du président Erdogan, a ordonné leur remise en liberté, estimant que leurs droits avaient été violés. Recep Tayyip Erdogan a affirmé qu'il ne lui "obéirait pas" et a même clairement menacé de la dissoudre en cas de "récidive".

À 54 ans, Can Dündar avait décidé de faire, à la barre, le procès du gouvernement. "Nous n'allons pas nous défendre, nous allons faire le procès des crimes de l'État", avait-t-il annoncé au début du mois. Mais vendredi, la cour criminelle d'Istanbul devant laquelle s'est ouvert le procès emblématique a donc décidé que les audiences se dérouleraient à huis clos pour raisons de "sécurité nationale".

Néanmoins, Can Dündar publie vendredi un livre, intitulé "Nous avons été arrêtés" ("Tutuklandik" en turc), dans lequel il avait promis de révéler l'origine des informations qui lui ont permis d'accuser le gouvernement d'avoir livré des armes aux islamistes.

Recul de la liberté de la presse

L'incarcération de ces deux journalistes et les accusations lancées contre eux par la justice et le régime turc ont suscité un tollé dans l'opposition. Les ONG de défense des libertés, ainsi que de nombreuses capitales étrangères dénoncent depuis des années la dérive autoritaire de Recep Tayyip Erdogan. "Le procès de Dündar et Gül est un test pour l'État de droit en Turquie", a déclaré jeudi le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, qui doit assister au procès. "Nous appelons le tribunal à abandonner les accusations absurdes portées contre les deux journalistes", a-t-il ajouté.

Classé 149e sur 180 au classement mondial de RSF sur la liberté de la presse, le régime turc a lancé une offensive sans précédent contre les médias, sous couvert de lutte contre la "propagande terroriste". Dernière victime en date, le groupe Zaman, proche de l'ennemi numéro 1 de Recep Tayyip Erdogan, l'imam Fethullah Gülen, a été placé sous tutelle judiciaire au début du mois.

>> À lire sur France 24 : "Un journaliste de Zaman raconte à France 24 la prise de contrôle de la police"

Une centaine d'écrivains célèbres, dont le prix Nobel péruvien, Mario Vargas Llosa, ou le Sud-African J. M. Coetzee, ont écrit au Premier ministre, Ahmet Davutoglu, pour qu'il "change les lois qui restreignent indûment la liberté d'expression". En pleine vague d'attentats, l'appel a peu de chance d'être entendu. Mardi encore, Ahmet Davutoglu a dénoncé "l'alliance du mal" formée par certains médias, universitaires et dirigeants politiques qui "soutiennent les attaques contre la Turquie".

Avec AFP

Première publication : 25/03/2016

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