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EUROPE

Ex-porte parole du TPIY, la Française Florence Hartmann toujours détenue à La Haye

© Robin van Lonkhuijsen, AFP | Florence Hartmann lors de son arrestation à La Haye, jeudi 24 mars.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 27/03/2016

Condamnée en 2009 pour outrage à la Cour, la Française Florence Hartmann, ex-porte-parole du TPIY, a été arrêtée jeudi à La Haye et placée en détention à l'isolement, dans des conditions injustifiées, selon son avocat.

L'ancienne porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Florence Hartmann, a été arrêtée, jeudi 24 mars à La Haye aux Pays-Bas, par les gardes du TPIY aidés de la police néerlandaise, alors qu'elle était venue assister au jugement prononcé contre l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic.

La Française, porte-parole du procureur général du TPIY Carla Del Ponte de 2000 à 2006, avait été condamnée pour outrage à la cour en 2009. Son tort : avoir publié en 2007, dans son livre "Paix et Châtiment", deux décisions confidentielles rendues par la cour d'appel du TPIY dans le cadre du procès de l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic. Ces décisions auraient permis, selon Florence Hartmann, de prouver l'implication de l'État serbe dans le génocide de Srebrenica, qui a coûté la vie à près de 8 000 Bosniaques en 1995.

La condamnation prononcée en 2009 par le TPIY avait été confirmée en appel en 2011 mais Florence Hartmann, ancienne correspondante du journal Le Monde dans les Balkans, avait refusé de payer une amende de 7 000 euros. Les juges avaient alors décidé d'une condamnation à sept jours de prison et demandé aux autorités françaises d'arrêter et de transférer l'ancienne journaliste à La Haye, ce que Paris avait refusé.

"Sa cellule est éclairée 24 heures sur 24"

Selon son avocat, Me Guénaël Mettraux, la Française est actuellement à l’isolement au centre de détention du tribunal sous "des conditions de surveillance pour risque de suicide, ce qui signifie que sa cellule est éclairée 24 heures sur 24 et qu'elle est contrôlée toutes les 15 minutes par des gardes".

"Elle est isolée des autres détenus et a reçu uniquement la visite du consul de France", a-t-il déclaré à l'AFP, précisant avoir demandé sa libération et, dans l'intervalle, un allégement de ses conditions de détention jugées "totalement inutiles, injustifiées et disproportionnées".

Du côté de la défense, il s’agit de démontrer l’absurdité de cette incarcération. Selon des propos rapportés par le journal britannique The Guardian, Florence Hartmann a indiqué, lors d’une conversation téléphonique privée, pouvoir apercevoir le général Ratko Mladić [ancien chef militaire des Serbes de Bosnie accusé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre] se promener dans la cour alors qu’elle même est "enfermée dans une cage".

"Cette contrainte par corps est une institution totalement archaïque, elle n'avait pas sa place dans une juridiction supposée respecter les meilleurs standards internationaux", a pour sa part protesté son autre avocat, Me William Bourdon.

"Sa mise à exécution, en forme de règlement de compte, est d'autant plus paradoxale qu'elle jette une tache inutile sur l'image du TPIY au moment où il rend une décision historique", a-t-il ajouté.

Radovan Karadzic a été condamné jeudi par un tribunal international à 40 ans de détention pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie, un verdict historique rendu plus de 20 ans après les faits.

Avec AFP

Première publication : 27/03/2016

  • JUSTICE INTERNATIONALE

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