Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Libération de Karim Wade : une décision dénoncée par des militants anti-corruption

En savoir plus

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Condamnation de Moïse Katumbi : l'opposition dénonce un "harcèlement"

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Dans les coulisses des palaces parisiens

En savoir plus

LE DÉBAT

Le Royaume-Uni quitte l'Union Européenne, un pays et une Europe sous le choc

En savoir plus

TECH 24

Fintech : quand les startups font trembler la banque

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Brexit : le saut dans l'inconnu (Partie 2)

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Brexit : le saut dans l'inconnu (Partie 1)

En savoir plus

POLITIQUE

Jean-Vincent Placé : « Refaire passer le chef de l’État par une primaire ne me paraît pas logique »

En savoir plus

POLITIQUE

Jean-Vincent Placé : « Nous sommes arrivés à un moment où il n’y a plus de débat démocratique ni de dialogue social »

En savoir plus

Amériques

Déradicalisation : le combat de Latifa Ibn Ziaten récompensé à Washington

© Yona Helaoua, France 24 | Latifa Ibn Ziaten reçoit son prix des mains du secrétaire d'État américain John Kerry à Washington, le 29 mars 2016.

Vidéo par Gallagher FENWICK , Philip CROWTHER

Texte par Yona HELAOUA , , correspondante à Washington

Dernière modification : 30/03/2016

Latifa Ibn Ziaten, la mère de l’un des militaires français tués par Mohamed Merah, se bat depuis la mort de son fils contre la radicalisation islamiste en France. Aux États-Unis, elle vient d’être récompensée pour son courage par John Kerry.

Son combat a traversé l’Atlantique. Latifa Ibn Ziaten a été honorée pour son courage, mardi 29 mars à Washington. Elle est l’une des 14 lauréates des "Women of Courage Awards" décernés par le chef de la diplomatie américaine John Kerry, qui a salué son travail de résistance contre "la tentation de l’extrémisme".

Depuis la mort de son fils, Imad Ibn Ziaten, militaire français assassiné par Mohamed Merah en 2012, cette mère porte un message de paix à destination des jeunes des banlieues françaises. Objectif : lutter contre la radicalisation. Un combat répété, en français, par le secrétaire d’État américain : "Je voudrais sauver ceux qui sont à l’origine de ma souffrance." La présidente de l’association Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix s’est dite "très honorée" par ce prix qui lui donne de la "force" pour continuer.

La Franco-Marocaine vient aux États-Unis pour la quatrième fois et a déjà noué des liens avec l’administration américaine. "Je suis aidée par l’ambassade américaine à Paris où j’ai déjà été reçue plusieurs fois. Ils connaissent mon travail et je les remercie pour leur soutien", explique-t-elle à France 24.

Latifa Ibn Ziaten au département d'État américain, à Washington, le 29 mars 2016. © Yona Helaoua, France 24

Sur le terrain français, elle estime que son combat commence à porter ses fruits. "J’ai convaincu trois jeunes de ne pas partir en Syrie. J’ai sauvé leur vie et celle des autres", raconte-t-elle. Un travail de longue haleine, pendant six mois : "Une fois par semaine, je sortais avec eux, je dialoguais." Elle note que sur les trois jeunes hommes, c’est le converti à l’islam qui a été le plus difficile à convaincre : "Un jeune maghrébin musulman, c’est plus facile de le remettre dans le droit chemin."

"Soyez présents pour vos enfants"

Latifa Ibn Ziaten a par ailleurs récemment travaillé avec des jeunes filles revenues de Syrie, mais aussi avec des parents qui ont perdu leurs enfants là-bas. "C’est difficile pour eux car on leur dit : 'Vous avez un enfant terroriste !' Ça fait mal en tant que mère", souligne-t-elle.

Les récents attentats à Bruxelles et ailleurs dans le monde l’ont évidemment bouleversée. "Quand il y a un attentat, c’est comme si ça m’arrivait à moi. Ça réveille ma douleur. Vous voyez deux jeunes qui poussent leur caddie pour mourir et tuer les autres…", explique-t-elle, en évoquant les images de vidéo-surveillance des terroristes présumés de l’aéroport de Bruxelles.

Pour elle, les auteurs d’actes terroristes ont souvent un point commun : "Ce sont des enfants manipulés. Ce sont toujours des enfants fragiles, sensibles." D’où son message aux parents : "Essayez d’être attentifs avec vos enfants, aimez-les, cadrez-les, soyez présents."

Mais ce travail au sein de la cellule familiale ne donnera rien si l’État ne fait pas d’effort pour les banlieues, notamment en favorisant la mixité scolaire : "La solution, c’est d’ouvrir ces quartiers, ces ghettos. Donner sa chance à l’enfant."

Ce message répété maintes fois, Latifa va le porter aux États-Unis, notamment à Detroit et Los Angeles où elle doit rencontrer des familles américaines. Et si son combat n’a pas de frontière, il n’a pas de limite non plus : "Mon fils est mort debout. Il a laissé ce message pour moi et pour le monde entier. Alors je n’ai pas le droit de sombrer, il faut que je reste debout."

Première publication : 29/03/2016

  • Entretien

    Latifa Ibn Ziaten : "Il y a des Merah partout"

    En savoir plus

  • PRIX FONDATION CHIRAC

    Prix Fondation Chirac : Latifa Ibn Ziaten appelle à ouvrir les "ghettos fermés" en France

    En savoir plus

  • TERRORISME

    Latifa Ibn Ziaten : "J'avais dit qu'il y avait d'autres Merah"

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)