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Afrique

Fin de l’opération Sangaris en Centrafrique : mission accomplie ?

© Issouf Sanogo, AFP | Les forces militaires françaises Sangaris postées à Bangui, le 14 février 2016.

Vidéo par Gauthier RYBINSKI

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 31/03/2016

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé la fin de l’opération Sangaris en Centrafrique dans le courant de l'année 2016. Un désengagement qui ne signifie pas que le pays sera définitivement à l’abri du chaos.

C’est avec le sentiment du devoir accompli que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a confirmé depuis Bangui, mercredi 30 mars, la fin de l’opération militaire Sangaris en Centrafrique. Lancée il y a deux ans et demi afin de stabiliser un pays en proie aux affrontements intercommunautaires, la mission française a "réussi à ramener le calme et à empêcher l'inacceptable" et pourra donc s’achever "dans le courant de l'année 2016".

Déjà annoncé en janvier, ce retrait a été officialisé par Jean-Yves Le Drian, alors qu’il assistait à la passation de pouvoir entre le gouvernement centrafricain de transition et le nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, élu le 14 février. Une manière pour Paris de revêtir une charge symbolique à son désengagement. "Ce jour signe la fin d’un processus commencé en décembre 2013 avec le lancement de l’opération Sangaris, explique le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire des Nations unies. En Centrafrique, les forces de maintien de la paix de l’ONU sont déployées aujourd’hui, et un gouvernement légitime va s’installer, on peut donc parler d’une mission réussie."

>> À voir dans le Débat de France 24 : "Centrafrique, la renaissance d'un pays en crise ?"

Bien qu’il n’ait donné aucun calendrier précis du retrait, Jean-Yves Le Drian en a esquissé les contours. Aujourd’hui fort de 900 hommes - après en avoir compté 2 500 soldats au plus fort des tensions -, le contingent français sera progressivement réduit à environ 300 soldats au cours de l'année. Ces derniers éléments français rejoindront les quelque 12 000 hommes de l’opération onusienne de maintien de la paix (Minusca) et prendront également part à la mission européenne de formation de l'armée centrafricaine (EUTM RCA). Afin de parer à d’éventuels accès de violences, quelques soldats français continueront ainsi à assurer la sécurité de l'aéroport de Bangui. Tandis que les hommes stationnés en Côte d'Ivoire et au Sahel se tiendront "prêts à intervenir rapidement".

Les explications de notre correspondant

Pouvoir de nuisance

En clair, "l’accompagnement va se poursuivre jusqu’à ce que l’ONU soit capable de prendre complètement en charge sa mission et que les forces centrafricaines soient reconstruites de façon à ce que le gouvernement de Bangui puisse retrouver tous les attributs de souveraineté d’un État", affirme Dominique Trinquand. Même avec un chef de l’État démocratiquement élu à sa tête, la Centrafrique n’a donc pas totalement soldé les trois dernières années de chaos qu’elle a traversées. Administration, écoles, système de santé et armée sont à reconstruire. Quant aux anciens belligérants, toujours armés, ils conservent un pouvoir de nuisance.

Dans un communiqué publié le 29 mars, l’organisation Human Rights Watch indique ainsi que "les violences sectaires meurtrières se poursuivent dans la capitale, Bangui, et dans plusieurs zones du centre du pays. Ces derniers mois, les combattants de la Séléka [à majorité musulmane] et des combattants anti-balaka [à majorité chrétienne] se sont livrés à des attaques en guise de représailles."

"À certains endroits du pays, il est possible que des gens qui vivent dans la guerre depuis trois ans aient un peu de mal à revenir dans la paix, mais le risque d’embrasement reste limité. La façon dont les élections se sont déroulées est toutefois assez encourageante", estime pour sa part Dominique Trinquand.

>> À lire sur France 24 : "Le président Touadéra prend les rênes d’un pays en ruines"

Lors de son discours d'investiture mercredi, le président Touadéra s'est engagé "à appliquer très rapidement le programme DDR", sigle derrière lequel se cache un processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration des milices. "Je procèderai à la refondation de notre armée, apolitique et non confessionnelle", a-t-il également promis avant de lancer un "appel solennel à la réconciliation nationale".

L'analyse de notre chroniqueur international

La France, éternel gendarme de l'Afrique ?

Le bon déroulement du processus électoral arrive en tous cas au moins mauvais moment pour Paris. Initialement prévu pour une courte période, l’opération Sangaris commençait à s’installer dans la durée, alors que l’armée française est confrontée à un besoin croissant de ses effectifs. "Six mois n’auraient pas suffi pour stabiliser le pays, mais après deux ans et demi, il est évident que ce type d’opérations finit pas peser sur les capacités françaises, indique le général Trinquand. Il était nécessaire que les Français se désengagent pour laisser place à des forces internationales."

Depuis les attentats qui ont frappé Paris en 2015, la défense du territoire français (opération "Sentinelle") et la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel (opération "Barkhane"), sont devenues prioritaires. Dans ce contexte, Paris a-t-il encore vocation à jouer les gendarmes de l’Afrique ? "Plus maintenant, répond Dominique Trinquand, mais il faut rappeler que Sangaris s’est mis en place en 48 heures. Les forces internationales comme l’Union africaine n’a pas cette capacité d’intervention rapide. Quant à l’ONU, il lui faut entre six mois et un an pour ce genre d’opération. La France a un processus politique qui fait que le président, en tant que chef des armées, peut prendre très rapidement des décisions avant d’en rendre compte au Parlement. C’est l’un des seuls pays à pouvoir le faire."

Première publication : 30/03/2016

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