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Afrique

Centrafrique : le président Touadéra prend les rênes d’un pays en ruines

© Sia Kambou, AFP | Élu le 14 février, le nouveau président de la Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, est investi mercredi 30 mars.

Vidéo par Anthony FOUCHARD

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 31/03/2016

Le nouveau président de la Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, est investi ce mercredi à Bangui. Ce professeur de mathématiques, ex-membre du gouvernement Bozizé, sera immédiatement confronté à l'urgence de redresser un pays en ruines.

D'un naturel effacé et modeste, le président nouvellement élu en Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, va désormais devoir faire preuve d’une grande force de caractère. Mercredi 30 mars, celui qui a été confortablement élu le 14 février dernier prendra officiellement ses fonctions lors de son investiture à Bangui et, par la même occasion, les rênes d’un pays en ruines.

Plusieurs chefs d'État, ou leurs représentants, de la région et des délégations des principaux partenaires de Bangui (ONU, France,...) sont attendus lors de cette cérémonie d'investiture qui va marquer la fin d’une houleuse période transition. Cette période avait débuté en 2013 avec le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion majoritairement musulmane de la Séléka de Michel Djotodia. Au total, 150 dignitaires seront présents mercredi, dont les ministres français Jean-Yves Le Drian (Défense) et Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères).

>> À voir sur France 24 : Centrafrique, la renaissance d'un pays en crise ?

"Cette cérémonie d’investiture est un tournant pour le pays", commente le correspondant de France 24 à Bangui, Anthony Fouchard. "Mais tous les Centrafricains rencontrés s’accordent à le dire : ce n’est pas la fin de la crise, au contraire. De gros chantiers attendent le président nouvellement élu." Dès l'annonce de son élection, Faustin-Archange Touadéra avait d’ailleurs assuré "mesurer le poids de la charge" qui l'attend.

Le "candidat du peuple"

Le nouveau président va devoir redresser dans l’urgence un pays profondément divisé par trois années de violences intercommunautaires. Dans cette lourde tâche, Faustin-Archange Touadéra devrait pouvoir compter sur l’appui des Centrafricains.

Largement élu au second tour avec 62,71 % des suffrages, alors qu'il ne faisait pas partie des favoris au début de la campagne, le président a enregistré de très bonnes performances dans les fiefs bozizistes de l'Ouest. Des résultats dans les urnes qui lui ont valu le surnom de "candidat du peuple".

D'où lui vient cette popularité ? Les fonctionnaires lui doivent d'abord la bancarisation de leurs salaires après plusieurs décennies d'atermoiements les conduisant à s'endetter lourdement à cause de retards répétés dans les versements et des primes impayées. "Il restera comme celui qui a payé les fonctionnaires, et il est très apprécié pour cela", souligne une source diplomatique à Bangui.

Sur le plan politique, Faustin-Archange Touadéra, qui a la réputation d'être un "bosseur", a conduit le dialogue réunissant à Bangui fin 2008 le pouvoir, l'opposition, la société civile et les mouvements rebelles, à l'issue duquel ont été signés plusieurs accords de paix avec les rébellions. Ces accords n'auront cependant pas évité à la Centrafrique de sombrer en 2013.

"Comptable de la gestion du régime Bozizé"

Malgré sa popularité, certains s'interrogent toutefois sur ses capacités pour tenir tête à des militaires, miliciens et autres combattants aussi indisciplinés que prompts à s'en prendre à la population. "Il est comptable de la gestion du régime Bozizé qui a foutu le pays dans ce chaos par sa passivité, pointe Euloge Ngaté Linzonzo, étudiant. Rien ne nous permet aujourd'hui de dire qu'il a de la poigne pour faire face à ces militaires qui avaient semé la terreur, la haine sous Bozizé au point de plonger le pays dans la crise. Les mêmes sont en train de l'entourer et de s'imposer dans sa garde rapprochée".

>> À voir sur France 24 : En Centrafrique, des ONG distribuent des radios aux villages isolés pour se protéger de la LRA

Faustin-Archange Touadéra, professeur de mathématiques pures âgé de 58 ans, fut en effet le dernier chef du gouvernement de François Bozizé, dont le renversement en 2013 avait précipité la Centrafrique dans une crise sans précédent.

"Il est dans une position d'équilibriste au plan sécuritaire et il doit se livrer à un travail titanesque pour une relance économique", commente l'économiste centrafricain Achille Nzotènè, rappelant la liste des dossiers brûlants qui attendent Faustin-Archange Touadéra : rétablissement de la sécurité, désarmement des combattants des diverses rébellions, refondation de l'armée, redressement de l'administration. Une chose est sûre, en cas d'échec de la politique de Touadéra, "le retour à la case départ sera fatal", prévient Achille Nzoténé.

En outre, comme ses prédécesseurs, le nouveau président sera largement dépendant de la communauté internationale pour assurer les fins de mois de l'État et sa sécurité. Alors que dix mille Casques bleus et près de 900 soldats français sont toujours déployés en Centrafrique, la France a annoncé mercredi son intention de mettre fin à son opération militaire Sangaris en 2016. De quoi inquiéter le gouvernement. "Même si la situation humanitaire s’est considérablement améliorée ces derniers mois, les forces des Nations unies sont encore difficilement capables d’assurer stabilité sur l'ensemble territoire", précise le journaliste Anthony Fouchard.

Avec AFP

Première publication : 30/03/2016

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