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FRANCE

France : la ministre Rossignol compare le port du voile aux "nègres" favorables à l'esclavage

© Kenzo Tribouillard, AFP | La ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, lors d'une réunion à Matignon, en février 2016./

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/03/2016

La ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol s'est attirée des critiques après avoir fait un parallèle à la télévision entre les femmes qui choisissent de porter des vêtements islamiques et les "nègres" qui étaient favorables à l'esclavage.

Les propos tenus par la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, lors d’une interview mercredi 30 mars sur RMC et BFMTV, ont suscité une vive polémique.

Interrogée sur le développement par certaines marques et enseignes de distribution de vêtements adaptés aux traditions musulmanes, comme le "burkini" (maillot de bain intégral) ou le hijab (foulard islamique), elle a comparé les femmes choisissant de porter le voile aux "nègres américains" qui étaient favorables à l'esclavage.

"Il y a des femmes qui choisissent, il y avait aussi des nègres afric… des nègres américains qui étaient pour l’esclavage", a-t-elle déclaré.

"Comment peut-on tenir de tels propos ?"

Ces mots ont déclenché de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Une tribune a même été publiée sur le site de Libération pour dénoncer cette déclaration de la ministre. "Non, décidément, le racisme anti-Noir n'est pas l'apanage des opposants au mariage pour tous, lorsqu'ils insultaient Christiane Taubira en la traitant de ‘guenon’ ou de ‘Banania’", ont ainsi réagi dans ce texte Mehdi Thomas Allal, maître de conférences à Sciences Po, et Asif Arif, avocat.

"Comment peut-on exercer des fonctions de représentante de l’État et tenir de tels propos ? Décidément, les socialistes ne sont pas épargnés par la négrophobie et l’islamophobie, en ces temps de 'printemps républicain', lorsque la parole publique se lâche, lorsqu’il est de bon ton d’attaquer les Noirs et les Arabo-musulmans en toute impunité", se sont-ils également offusqués.

Auprès de l’AFP, la ministre a reconnu quelques heures plus tard une "faute de langage" sur l'emploi du mot "nègre", en soulignant qu'elle n'employait jamais ce terme "sauf quand on évoque l'esclavage et les négriers". "J'ai employé le mot ‘nègre’ dans le seul usage qu'on puisse en faire pour parler de l'esclavage en Amérique et des négriers. Mais je n'ai pas mesuré la perception la plus répandue. Et qu'on ne dit pas ‘nègre’ même quand c'est autorisé à propos de l'esclavage. En dehors de cette faute de langage, je ne retire pas un mot de ce que j'ai dit" sur les lignes de vêtements, a-t-elle précisé.

Avec AFP

Première publication : 30/03/2016

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