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EUROPE

Une chanson satirique sur Erdogan sème la discorde entre Berlin et Ankara

© Kayhan Ozer, présidence turque, AFP | Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse, le 23 mars à Ankara.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/03/2016

L'ambassadeur d'Allemagne à Ankara a été convoqué au ministère turc des Affaires étrangères au sujet d'une chanson satirique diffusée sur une chaîne allemande, jugée offensante contre le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La brouille diplomatique entre Berlin et Ankara est partie d’une chanson satirique sur Erdogan diffusée à la télévision allemande le 17 mars dernier. La chanson au titre moqueur "Erdowie, Erdowo, Erdogan" n’a pas fait rire le chef de l'État turc : ce dernier a fait convoquer l'ambassadeur d'Allemagne en Turquie, Martin Erdmann, a-t-on appris mardi 29 mars de source diplomatique turque.

Vidéo de la chanson raillant le président turc Erdogan diffusée le 17 mars sur la chaîne publique ARD.

La chanson sarcastique s'attaque notamment aux atteintes à la liberté de la presse commises par le président islamo-conservateur. Elle critique aussi les dépenses pharaoniques engagées pour la construction de son luxueux palais près de la capitale turque, Ankara. "Il mène un grand train de vie, ce vantard du Bosphore, un journaliste qui écrit ce qui ne plaît pas à Erdogan se retrouve le lendemain derrière les barreaux", ironise la chanson incriminée.

Selon le ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Erdmann a "clairement fait savoir", mardi 29 mars et "il y a quelques jours", "que l'État de droit, l'indépendance de la justice et la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté de la presse et d'opinion", devaient être "protégées de concert" par les deux pays.

"Ces dernières semaines, déjà, l'ambassadeur Erdmann avait souligné auprès du ministère turc des Affaires étrangères que la satire politique relève en Allemagne de la liberté de presse et d'opinion", et ne peut à ce titre faire l'objet d'une "action du gouvernement", poursuit-on au ministère.

Liberté de la presse et d'opinion

La chaîne NDR a de son côté protesté mardi contre la décision turque. "Que manifestement le gouvernement turc s'active diplomatiquement en raison de l'émission 'Extra 3' n'est pas compatible avec notre conception de la liberté de la presse et d'opinion", s'est insurgé le rédacteur en chef de NDR, Andreas Cichowicz, cité par l'agence allemande DPA.

Erdogan au pouvoir depuis 2002, d'abord comme Premier ministre puis président depuis 2014, est accusé de dérive autoritaire par ses détracteurs. Il a, par ailleurs, vivement critiqué, ces derniers jours, la présence vendredi de diplomates occidentaux, notamment allemands et français, à l'ouverture du procès de deux journalistes d'opposition à Istanbul.

Les deux journalistes, accusés d'espionnage, risquent la prison à vie pour un article mettant en cause le régime turc dans des livraisons d'armes à des rebelles islamistes en Syrie, en janvier 2014.

Avec AFP

Première publication : 30/03/2016

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