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Economie

En exil, en prison, au chômage... que sont devenus les lanceurs d’alerte ?

© archives, AFP | Les lanceurs d'alertes Chelsea Manning (g), Edward Snowden et Antoine Deltour (d).

Vidéo par Marc PAUPE

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 11/05/2016

Edward Snowden, Chelsea Manning, Stéphanie Gibaud… Que sont devenus les lanceurs d’alerte, dont la vie a changé radicalement le jour où ils ont fait leurs révélations ? Tour d’horizon des figures les plus marquantes de ces dernières années.

Ils ont en commun d’en avoir trop dit. Héros des temps modernes pour les uns, traîtres agissant au nom de la tyrannie de la transparence pour les autres, les principaux lanceurs d’alerte sont devenus de vraies célébrités. Quelques semaines après les révélations des "Panama Papers" et à l’heure où s’ouvre le procès d’Antoine Deltour, à l’origine du scandale des "Luxleaks", mardi 26 avril à Luxembourg, voici un petit tour d’horizon des lanceurs d’alerte à travers le monde.

N’est pas lanceur d’alerte qui veut. D’après la définition des sociologues français Francis Chateauraynaud et Didier Torny émise en 1999 dans l’ouvrage "Les Sombres précurseurs", le terme "lanceur d'alerte" désigne une personne qui estime avoir découvert des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, la société, l'économie ou l'environnement et décide, de manière désintéressée, de les porter à la connaissance d'instances officielles, d'associations ou de médias, parfois contre l'avis de sa hiérarchie.

Une définition qui reste tout de même large et prend aussi bien en compte des journalistes, chercheurs ou militants associatifs comme Denis Robert - journaliste à l’origine de l’affaire Clearstream -, Irène Frachon - médecin au CHU de Brest, à l'origine de l'affaire du Mediator - ou Erin Brockovich, qui a dévoilé l'affaire du chrome hexavalent dans l'eau potable de Hinkley, en Californie. En limitant les lanceurs d’alerte aux seules personnes qui se sont mises à dos les administrations ou entreprises dans lesquelles ils travaillaient, restent quelques grands noms à travers le monde.

Daniel Ellsberg, le précurseur

L’ancien analyste employé par l’administration américaine est considéré comme l’un des pionniers du genre. Après avoir alerté des sénateurs, sans succès, ce fonctionnaire fournit en 1971 au New York Times les "Pentagon Papers" : une somme de 7 000 documents top secret appartenant au Pentagone, qui révélent la face sombre de l’intervention américaine pendant la guerre du Viêt Nam. Il est alors poursuivi par l’État pour "vol, divulgation de secret d’État, conspiration et espionnage", mais les charges portées contre lui sont finalement abandonnées. Son intervention contribue au retrait des troupes américaines du Viêt-Nam deux ans plus tard. Daniel Ellsberg a été depuis auréolé de plusieurs prix, dont le prix Nobel alternatif en 2006. Son combat a également été porté à l'écran par Michael Mann sous le titre "The Insider", en 1999.

Daniel Ellsberg est considéré comme l'un des premiers lanceurs d'alerte. Les charges portées contre cet ancien analyste employé par l’administration américaine pendant la guerre du Viêt Nam ont été abandonnées. © Leon Neal, AFP

Chelsea Manning, l'auteur des révélations sur la guerre en Afghanistan, en prison

Chelsea Manning, née Bradley Manning, ancienne analyste militaire de l'armée des États-Unis de nationalité américano-britannique, est accusée en juillet 2010 d'avoir transmis à WikiLeaks des documents militaires classés secret-défense sur la guerre d'Afghanistan. Bradley Manning est condamné le 21 août 2013 à 35 ans de prison. L’ancien miliaire se déclare transgenre au lendemain de sa condamnation et entame des démarches pour changer d'identité et prendre le prénom de Chelsea. La lanceuse d’alerte est toujours en prison, même si son nom a été proposé par son cercle de soutiens au prix Nobel de la paix. Selon eux, Chelsea Manning aurait largement participé au retrait des troupes américaines en Irak.

Chelsea Manning a été condamnée le 21 août 2013 à 35 ans de prison. © Armée américaine, AFP

Edward Snowden, l'ennemi n°1 de la NSA en exil

Ce jeune consultant de la NSA, employé comme administrateur système, apporte de nombreuses révélations sur les programmes de surveillance de masse de l'agence de sécurité américaine en 2013, 2014 et 2015 par l'intermédiaire de journaux comme The Guardian, Washington Post, Der Spiegel ou The New York Times. Edward Snowden a notamment permis de porter à la connaissance du public en juin 2013 le système d'écoutes appelé PRISM, lancé en 2007 par le gouvernement américain pour surveiller les données des internautes sur des sites comme Google, Facebook, YouTube, Microsoft, Yahoo!, Skype, AOL et Apple.

Exilé en juin 2013 à Hong Kong, Edward Snowden a obtenu le 31 juillet 2013 l'asile temporaire en Russie, où il est toujours réfugié. Edward Snowden est toujours recherché par les États-Unis, où il risque trente ans de prison. Ses révélations ont déclenché une prise de conscience mondiale sur les techniques d’espionnage employées par la NSA.

L'ex-consultant de l'Agence de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden, encourt une peine de 30 ans de prison aux États-Unis. Il vit actuellement en exil en Russie. © The Guardian, AFP

Stéphanie Gibaud, le cauchemar d’UBS, au chômage

L’Europe n’est pas en reste question lanceur d’alerte. Stéphanie Gibaud, embauchée en 1999 par UBS France comme directrice de la communication, dénonce dès 2008 auprès de l'Inspection du travail puis auprès du procureur de la République les pratiques d'évasion fiscale et de blanchiment de fraude fiscale en bande organisée d'UBS AG (Suisse), avec la complicité d'UBS France. Licenciée, la lanceuse d’alerte vit alors des minimas sociaux et se consacre aux lanceurs d’alerte. En 2014, elle devient membre fondateur et secrétaire générale de l'association Pila, une plateforme internationale des lanceurs d'alerte. Le 10 septembre 2015, Stéphanie Gibaud est nommée pour le Prix Sakharov 2015, aux côtés d’Edward Snowden et Antoine Deltour.

Stéphanie Gibaud, après avoir dénoncé des pratiques frauduleuses d'UBS, se retrouve aujourd'hui sans emploi. © Philippe Huguen, AFP

Antoine Deltour, le timide déclencheur du LuxLeaks, en procès

Le lanceur d'alerte Antoine Deltour encourt actuellement une peine de dix ans d'emprisonnement et plus d'un million d'euros d'amende pour avoir fourni à la presse des documents révélant des accords entre le fisc luxembourgeois et certaines multinationales. La révélation de l’ex-auditeur de la filiale luxembourgeoise du cabinet comptable PriceWaterhouseCooper, portée au petit écran par l’émission Cash Investigation diffusée sur France 2, déclenche le scandale des "Luxleaks". À la suite de ce scandale, la Commission européenne a lancé en juin 2015 un plan d'action pour tenter d'harmoniser les 28 systèmes européens d'impôt sur les sociétés et pour lutter contre l'évasion fiscale des multinationales. Antoine Deltour comparaît depuis le 26 avril 2016 et jusqu'au 4 mai devant la justice luxembourgeoise.

Antoine Deltour, qui a révélé le scandale "LuxLeaks", est actuellement en procès. Il encourt une peine de dix ans d'emprisonnement au Luxembourg et une lourde amende. © Jean-Christophe Verhaegen, AFP

 

Première publication : 26/04/2016

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