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FRANCE

En s'emparant du symbole de Jeanne d'Arc, Macron "casse encore les codes"

© Guillaume Souvant, AFP | Le ministre Emmanuel Macron à Orléans, lors des 587es fêtes johanniques, dimanche 8 mai.

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 08/05/2016

Au grand dam d'une partie de la gauche, le ministre de l'Économie a rendu un hommage à Jeanne d'Arc, dimanche à Orléans. Emmanuel Macron entend rattacher la sainte catholique, souvent récupérée par l'extrême droite, à l'idéal républicain.

"Comme une flèche [...] sa trajectoire est nette, Jeanne fend le système, elle brusque l'injustice qui devait l'enfermer." À Orléans, le très médiatique ministre français de l'Économie, Emmanuel Macron, a rendu, dimanche 8 mai, un hommage appuyé à Jeanne d'Arc, héroïne de la guerre de Cent ans brûlée vive à Rouen en 1431, à l'âge de 19 ans.

"Elle a su rassembler la France pour la défendre, dans un mouvement que rien n'imposait", a-t-il déclaré devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, lors d'un discours parsemé d'allusions à sa propre trajectoire politique.

Le but de cette intervention, selon l'entourage du ministre, était "de renouer avec le discours républicain, face à l'extrême droite qui s'est appropriée l'image de Jeanne d'Arc".

>> À lire sur France 24 : Emmanuel Macron, le "Brutus" du gouvernement

L'initiative de l'homme fort de Bercy a été saluée par la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal. "Jeanne d'Arc, c'est le patrimoine national", a-t-elle rappelé dimanche sur France 2. "C'est une figure éminente de l'histoire de France qui appartient à tous les Français, qui a longtemps été raptée par le Front national."

"Macron veut montrer qu'il ne rentre pas dans le rang"

Un "rapt" auquel Emmanuel Macron veut mettre un terme, si l'on en croit Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, joint par France 24. "Dans la vie politique française, tout le monde sait que le symbole de Jeanne d'Arc est associé aux cérémonies du 1er-Mai du Front national. Mais Emmanuel Macron, lui, casse les codes", explique cet observateur de la vie politique française. "Il n'a pas peur de s'en affranchir. Il veut montrer qu'il ne rentre pas dans le rang en affirmant son autonomie. Il est dans une démarche très dynamique."

Emmanuel Macron, lors des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, dimanche 8 mai à Paris. © Philippe Wojazer, AFP

Toutefois, pour beaucoup, l'homme dont la cote de popularité ne cesse de grimper – 43 % d'opinions positives selon le baromètre Elabe publié le 5 mai – ne serait pas à sa place en défenseur de l'idéal républicain. "On attend du ministre de l'Économie qu'il s'occupe de l'économie, et pas qu'il fasse un plan de communication avec divers épisodes", a fustigé Benjamin Lucas, le président du Mouvement des jeunes socialistes. "Aujourd'hui c'est Jeanne d'Arc, il y a quelques jours, c'était un lancement de mouvement à Amiens en expliquant que la gauche et la droite peuvent gouverner ensemble […] [Il] ferait mieux de ne pas jouer une communication personnelle pour des ambitions qui lui sont propres."

"Agenda politique parallèle"

L'électron libre Macron n'entend, selon toute vraisemblance, pas se tenir là où on lui dit de rester. En attestent la création de son mouvement politique "En Marche !" le 6 avril dernier, ou encore ses déclarations polémiques – sur les 35 heures ou le statut des fonctionnaires, notamment – à contre-courant des positions du Parti socialiste. En janvier, il prononçait la phrase polémique : "La vie d'un entrepreneur est plus dure que celle d'un salarié".

"Il adopte une stratégie d'avancée progressive. Il est réellement en marche et il passe à la vitesse supérieure", commente Bruno Cautrès, pour qui le ministre de 38 ans est en train de jeter les bases d'un futur parti social-démocrate. Le spécialiste le compare à Michel Rocard, Manuels Valls, Laurent Fabius, en raison de son ouverture politique au-delà des clivages gauche-droite. Outre-Manche, la BBC en a fait un nouveau Tony Blair…

>> À lire sur France 24 : Emmanuel Macron prend de nouveau ses distances avec la "gauche"

En effet, si cet ancien banquier d'affaires diplômé en philosophie se définit comme un partisan d'une "gauche moderne", il ne cache pas son ambition d'aller chercher les bonnes idées à gauche comme à droite, rappelle Bruno Cautrès. Pour cette cérémonie à Orléans, il a d’ailleurs été invité par un opposant de sa famille politique, le député-maire Les Républicains (LR) de la ville Olivier Carré. En réaction, plusieurs parlementaires LR ont annulé leur participation à l'hommage rendu à la pucelle d'Orléans, en signe de protestation contre le gouvernement.

Mais Emmanuel Macron flirte avec la ligne jaune sans jamais la franchir. Quelques heures avant sa prise de parole attendue à Orléans, l'ambitieux ministre de l'Économie était, dimanche matin, présent à l'appel aux côtés de François Hollande pour assister à la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 à Paris.

"Emmanuel Macron a clairement un agenda politique parallèle : il veut peser dans la campagne électorale de 2017 et dans la période postélectorale. Mais je ne pense pas qu'il défiera François Hollande en se présentant", prédit Bruno Cautrès.

De son côté, le ministre de l'Économie, qui se décrit comme "bienveillant", affiche une relation sereine avec le chef de l'État. Dimanche sur France 2, il a assuré qu'"il n'y a(vait) jamais eu" de malaise avec François Hollande en dépit des ambitions personnelles qui lui sont prêtées. "Il n'y en a jamais eu, je vous rassure, il ne faut pas croire tout ce que vous pouvez lire."

Première publication : 08/05/2016

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