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FRANCE

Accusé d'agressions et de harcèlement sexuels, Denis Baupin démissionne de la vice-présidence de l'Assemblée

© Martin Bureau, AFP | Le vice-président de l'Assemblée nationale, Denis Baupin, durant une session de questions au gouvernement, le 2 décembre 2015 à Paris.

Vidéo par FRANCE 3

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/05/2016

Huit femmes, dont les témoignages ont été recueillis par France Inter et Mediapart, accusent le député Denis Baupin de harcèlement et d'agressions sexuelles. Ce dernier, qui nie les faits, a démissionné de la vice-présidence de l'Assemblée.

Plusieurs responsables et élues d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) ont accusé le député Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale, de gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou des agressions sexuels. Recueillis par France Inter et Mediapart, et rendus publics lundi 9 mai, les témoignages des huit victimes présumées remontent parfois jusqu’à la fin des années 1990. En réaction à ces accusations, Denis Baupin a présenté sa démission du poste de vice-président de l'Assemblée nationale.

Le député de Paris a cependant justifié sa décision en affirmant qu’il allait "pouvoir assurer sa défense", a indiqué son avocat dans un communiqué. "À la suite de sa mise en cause dans la presse, Monsieur Denis Baupin entend souligner que les allégations délictueuses, présentées comme prescrites, sont mensongères, diffamatoires et qu'elles ne reposent sur aucun fondement", peut-on lire dans ce texte. "Monsieur Denis Baupin conteste fondamentalement l'idée de harcèlement sexuel et plus encore d'agression sexuelle, lesquels lui sont totalement étrangers."

Son avocat précise en outre que le député "envisage" de porter plainte pour diffamation.

Auparavant, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait demandé dans la matinée à Denis Baupin de démissionner.

"Il m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine"

Le témoignage de Sandrine Rousseau, porte-parole d'EELV, porte sur des faits présumés qui remontent à octobre 2011, lors d'une réunion du parti à Montreuil. "À un moment donné, j'ai voulu faire une pause", a-t-elle raconté. "Dans le couloir qui longe la salle, Denis Baupin est venu. Il m'a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m'embrasser. Je l'ai repoussé violemment". Sandrine Rousseau dit avoir ressenti "un très grand malaise". "J'ai immédiatement pensé que c'était absolument anormal que je subisse ça. Mais le mot agression sexuelle, je l'ai mis très longtemps après".

Témoignage de Sandrine Rousseau, porte-parole d’EELV, sur France Inter

Isabelle Attard, députée du Calvados, qui a quitté EELV en décembre 2013, évoque elle "du harcèlement quasi quotidien de SMS provocateurs, salaces".
Deux autres élues, Elen Debost, adjointe au maire du Mans, et Annie Lahmer, conseillère régionale d'Ile-de-France, disent également avoir été victimes de comportements déplacés de la part du député, des faits qui pour Annie Lahmer remontent a plus de 15 ans.
La prescription est de trois ans pour les délits, dont les agressions sexuelles et le harcèlement sexuel. Les délais sont rallongés seulement si la victime est mineure au moment des faits.

Témoignage d'Elen Debost, adjointe à la mairie du Mans depuis 2014, sur France Inter


"Des accusations extrêmement graves"

Peu après midi lundi, par communiqué, le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a demandé à Denis Baupin de démissionner de la vice-présidence de l'Assemblée.

Le député François de Rugy (ex-EELV) s'est dit sur France Inter "abasourdi parce que ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées". "Si ces faits sont avérés, ils doivent bien sûr être condamnés et c'est à la justice d'établir la vérité des faits".

Il apparaît en outre, selon certains témoignages, que son comportement était connu à l'intérieur d'un parti réputé pour sa défense des droits des femmes. Interrogé sur la connaissance qu'il aurait pu avoir de certains messages déplacés, François De Rugy s’est défendu d’avoir voulu étouffer l’affaire. "En l'occurrence, ça démontrait là qu'il n'y avait pas eu du tout de faits qui relèvent du harcèlement et encore moins de l'agression et simplement des propos un peu équivoques et qui ont immédiatement cessé quand nous l'avons dit à Denis Baupin".

Le chef de file des députés socialistes, Bruno le Roux, a estimé qu'il devait s'expliquer sur ces faits "très graves". "Je remarque qu'il n'a pas souhaité répondre pour l'instant. Il doit s'exprimer et donner sa vision des faits, se défendre. Je souhaite qu'il dise sa vérité sur cette affaire", a-t-il dit.

Marié à la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, ex-secrétaire nationale d'EELV, Denis Baupin avait annoncé le 18 avril son départ du parti en raison de "désaccords stratégiques", comme l'avaient fait dans les mois précédents François de Rugy, Vincent Placé et Barbara Pompili.

Avec AFP et Reuters
 

Première publication : 09/05/2016

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