Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

L'invité du jour : Félix Tshisekedi, secrétaire général adjoint de l'UDPS.

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Paris transformé en parc olympique géant

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

geurre en syrie, mossoul, relations russo-américaines Partie 2

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

remaniement ministeriel, brexit, conseil de l'Europe Partie 1

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Pour le président Santos, le désarmement des Farc est un "jour historique"

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Gouvernement Philippe II : les technocrates aux manettes ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Macron, l'Européen

En savoir plus

TECH 24

Passe ton code d'abord !

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Année France-Colombie : le pays andin à l’honneur dans l’Hexagone

En savoir plus

Economie

L’accueil des réfugiés peut rapporter 126 milliards d’euros à l’UE

© Lpuisa Gouliamaki, AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 20/05/2016

Un rapport d’une ONG américaine, rendu public mercredi, conclut qu’au-delà des considérations morales, l'Europe, qui fait face à un afflux de réfugiés sans précédent, peut bénéficier de cette immigration sur le plan économique.

L’accueil des réfugiés n’est pas qu’une question humanitaire. La solidarité est aussi louable… en termes économiques. Un nouveau rapport, publié, mercredi 18 mai, par l’ONG américaine d’aide aux réfugiés Tent et le think tank Open Political Economy Network (OPEN) conclut que “chaque euro dépensé à accueillir des demandeurs d’asile peut en rapporter deux en cinq ans”.

Philippe Legrain, auteur de l’étude et ancien conseiller économique de l’ex-président de la Commission européenne José Barroso, développe cette affirmation tout au long des 77 pages d’un document qui complète des prévisions déjà émises par le Fonds monétaire international (FMI) et le célèbre Brooking Insitute américain. Autant de voix qui prennent le contre-pied des arguments de mouvements hostiles à l’accueil des réfugiés comme Pegida en Allemagne ou le Front national en France.

Entre 8 000 et 12 000 euros par réfugié

Certes, analyse le rapport, assurer des conditions de vie décentes à ces immigrants à un coût. D’après les calculs de l’auteur, les États européens dépensent entre 8 000 euros et 12 000 euros en un an par réfugié. Le FMI estime que le soutien financier aux demandeurs d’asile va alourdir la dette des pays de l’Union européenne (UE) de 68,8 milliards d’euros d’ici à 2020. Mais sur la même période, d’après l’institut international, ils feront grimper le PIB européen de 126,6 milliards d’euros.

Le solde se révèle donc positif. La principale raison en est, d’après le rapport, que les réfugiés donnent un coup de pouce immédiat à l’un des moteurs les plus en panne de l’économie européenne : la consommation. Mais ce n’est pas le seul apport : les nouveaux venus sont aussi souvent bien plus entreprenant que les indigènes. Au Royaume-Uni, une entreprise sur sept à été fondée par un immigrant qui est “deux fois plus susceptible de créer sa propre activité que les résidents nationaux”, souligne une étude de l'institut britannique Centre for Entrepreneurs de 2015.

Les nouveaux arrivants, souvent jeunes, sont aussi une chance démographique pour des pays européens vieillissant. C’est particulièrement flagrant en Allemagne où ces nouveaux actifs peuvent contribuer, grâce aux impôts, à sauver un système de retraite qui n’aurait, sinon, pas tenu le choc du vieillissement de la population.

Des nationaux mieux payés

Ils ne menacent pas non plus le gagne pain des travailleurs locaux, assure l’auteur du rapport. Ces réfugiés se retrouvent dans un premier temps contraints à exercer les métiers socialement les moins gratifiants, ce qui poussent les ressortissants des pays d’accueil à se former à des professions nécessitant davantage de qualification… et mieux payées.

En théorie, l’arrivée massive de réfugiés à laquelle l’Europe assiste depuis plus d’un an est censée améliorer la mobilité professionnelle et le niveau de revenu des travailleurs locaux. En pratique, c’est déjà ce qui s’est passé en Turquie, constate Philippe Legrain. Une étude conjointe menée par la Banque mondiale et le Boston college en 2014 a mis en lumière que les réfugiés syriens en Turquie avaient pris la place de bon nombres de femmes dans l’agriculture, où elles servaient souvent de petite main. Ces dernières ont alors pu chercher des emplois plus qualifiés et le niveau de vie des femmes s'est alors amélioré, conclut cette note publiée par la Banque mondiale.

Mais ce scénario économique idéal ne fonctionne qu’à une condition : “l’Europe doit prendre des mesures pour accélérer l’intégration des demandeurs d’asile et leur permettre d’avoir accès au marché du travail au plus vite”, écrit Philippe Legrain. Une approche qui n’a, actuellement, pas politiquement le vent en poupe sur le Vieux Continent.

Première publication : 18/05/2016

  • CRISE MIGRATOIRE

    L'ONU s'inquiète du projet d'accord UE-Turquie sur les réfugiés

    En savoir plus

  • EUROPE

    Espace Schengen : rétablir des frontières n'est pas gratuit

    En savoir plus

  • SYRIE

    L’aide internationale aux Syriens est "totalement insuffisante", selon Oxfam

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)