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EUROPE

Biennale de Venise : les architectes sur le pied de guerre contre les inégalités

© Vincenzo Pinto, AFP | Un projet architectural fait de bambous réalisé par Simon Velez et présenté à la Biennale de Venise, jeudi 26 mai 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/05/2016

Les architectes présents à la Biennale de Venise ont souhaité mettre en avant cette année leur capacité à répondre aux défis de l'inégalité et de la pauvreté dans le monde en présentant des projets ayant pour but "d'améliorer la vie des gens".

Les architectes du monde entier, réunis à la Biennale de Venise qui s'ouvre samedi 28 mai, ont abandonné des projets spectaculaires pour se consacrer à des solutions simples et écologiques contre l'inégalité et la pauvreté qui règnent dans le monde.

Intitulée "En direct du front", cette XVe édition de la Biennale de l'architecture est dirigée par le Chilien Alejandro Aravena, victorieux cette année du prestigieux prix Pritzker, le Nobel des architectes.

Face à la presse, le Chilien a mis en valeur une série d'exemples positifs qui selon lui servent à "gagner la bataille" pour l'amélioration des conditions de vie des personnes, surtout les plus démunies et les exclues.

"On parle d'histoires qui ont eu du succès, qui méritent d'être racontées, pour lesquelles l'architecture a fait, fait ou fera une différence pour remporter ces batailles et élargir les frontières", a-t-il expliqué.

>> À voir sur France 24 : "Que reste-t-il de l'utopie de Brasilia ?"

Pour illustrer ses propos, Alejandro Aravena, 48 ans, vainqueur du Lion d'Argent en 2008 et célèbre pour son engagement social, a invité sur la Lagune 88 architectes venus de 37 pays différents : 50 participent pour la première fois à l'événement et 33 ont moins de 40 ans.

Aucune contrainte d'agenda, d'âge ou de pays n'a guidé ses choix, a confié le Chilien à l'AFP, en précisant que son unique but était "d'améliorer la vie des gens".

Un message politique au monde

Cette année, la Biennale, qui se terminera le 27 novembre, envoie un message politique au monde, en demandant aux architectes de cibler des priorités : les sans-abri, les migrants, les paysans et les exclus.

La plupart des projets présentés sur la Lagune ont été de fait réalisés avec du matériel simple (bois, pierre, ciment), basés sur des dessins et des plans qui illustrent à merveille le travail au quotidien, dans son bureau, de l'architecte, notamment en terme de synthèse.

"Alejandro Aravena nous montre lors de cette Biennale que ces batailles peuvent être remportées", se félicite le président du rendez-vous vénitien, Paolo Baratta.

>> À voir sur France 24 : "Les 22 projets pour 'réinventer Paris'"

Parmi les invités figure le Paraguayen Solano Benitez qui, avec ses créations originales et poétiques, faites de briques en argile et visibles dans les Jardins de la Biennale, a transformé "la pénurie en abondance".

Le Mexicain Juan Casillas a quant à lui bénéficié de l'aide de jeunes pour construire des maisons écologiques, réalisées à partir de matériaux biodégradables, à Ciudad Juarez, l'une des cités les plus violentes au monde.

Une nouvelle architecture qui pense autant le social que l’environnemental

Une autre réalisation, une tour faite de bambous et de plastique biodégradable, destinée à recueillir l'eau de pluie, la rosée et le brouillard, illustre à merveille la nouvelle architecture, celle qui pense autant en matière de social que d'environnemental.

Intitulée "Warka Water", et inspirée d'un arbre que l'on trouve en Éthiopie, elle est l'œuvre de l'Italien Arturo Vittori, du cabinet Architecture and Vision.

Les architectes stars ne manquent pas non plus, et il sera possible d'admirer durant cette édition les projets des Britanniques Norman Forster et Richard Rogers, de la Japonaise Kazuyo Sejima, sans oublier l'Italien Renzo Piano.

Mais la Biennale, ce sont aussi les pavillons nationaux dispersés dans les Jardins, qui rivalisent d'idées dans l'espoir d'obtenir le Lion d'Or.

Parmi eux, celui de l'Espagne, dont les commissaires Iñaqui Carnicero et Carlos Quintans ont choisi de montrer comment une jeune génération d'architectes de la péninsule a réussi à répondre à la crise économique en transformant "l'inachevé", ces bâtiments abandonnés par un secteur du BTP au plus mal.

Quant à l'Italie, elle propose vingt projets "pour le bien commun", tandis que la Russie raconte comment des parcs d'attraction de l'ère soviétique ont été transformés en sites culturels ouverts à tous, et que les États-Unis provoquent la polémique, avec douze projets spéculatifs pour Detroit, cité symbole de l'industrie en crise.

Avec AFP

Première publication : 27/05/2016

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