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Economie

Pourquoi la Chine investit-elle autant en Europe ?

© STR/AFP | Zhang Jindong, PDG du groupe chinois Suning Holdings Group, annonce le rachat de l'Inter Milan.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 06/06/2016

La Chine a investi en six mois deux fois plus dans des groupes européens qu’en 2015. Cet appétit pour le “made in Europe” s’exprime aussi bien pour le club de foot italien de l’Inter Milan que pour le géant suisse des l’agrochimie Syngenta.

Rachat de l’Inter Milan officialisé lundi 6 juin, montée au capital du groupe hôtelier français AccorHotels, prise de contrôle du géant suisse d'agrochimie Syngenta pour 43 milliards de dollars (finalisée mi-juillet)... Actuellement, les groupes chinois font leur shopping en Europe.

Et ces trois opérations ne sont pas isolées. Pour Pékin, 2016 semble être l’année européenne : les entreprises chinoises ont dépensé en six mois 62,4 milliards de dollars en acquisitions sur le Vieux continent contre 27,7 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2015, a comptabilisé Thomson Reuters [qui chapote l’agence de presse Reuters] relayée par Les Échos, lundi 6 juin. L’Europe concentre 60 % des investissements chinois hors de leurs frontières, contre 25 % aux États-Unis et 15 % pour l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud.

Propice aux bonnes affaires

“Le changement de contexte économique dans leur pays en 2016 rend cette course aux investissements plus pressante pour les groupes chinoises”, assure Jean-François Dufour, responsable du China Control Panel du cabinet de conseil Montsalvy consulting, contacté par France 24. Comprendre : le ralentissement de la croissance en Chine oblige les entreprises à chercher des relais de croissance ailleurs dans le monde.

Tout concourt à ce que l’appétit chinois se concentre sur les plats européens. “Les sociétés européennes en mal de financement peinent à trouver des fonds ailleurs qu’auprès d’investisseurs chinois”, assure Jean-François Dufour. Le contexte économique européens morose est, en outre, propice aux bonnes affaires. “Les patrons chinois imaginent que les actifs européens ont été laminés [par la crise] et qu’il y a des bons coups à jouer”, assure aux Échos Jingzhou Tao, associé gérant du bureau du cabinet d'avocats Dechert en Chine.

L’Europe est, ensuite, bien plus ouverte aux capitaux chinois que les États-Unis. L’Oncle Sam fait preuve de davantage de protectionnisme, notamment, “pour des raisons géopolitiques liées entre autres aux tensions en mer de Chine méridionale [où Pékin tente d’étendre son influence stratégique, notamment sur les Philippines, NDLR]”, souligne Jean-François Dufour. Par ailleurs, les Chinois jouent sur une concurrence entre pays européens qui n’existe pas outre-Atlantique : “Aux États-Unis, il n’y a qu’un seul interlocuteur, le gouvernement fédéral. Alors qu’en Europe, les responsables d’un pays savent que s’ils refusent une proposition chinoise, l’argent ira chez le voisin”, rappelle l’expert français.

Opportunisme et innovations

Les derniers investissements chinois - un club de foot italien, un groupe hôtelier et un géant de l’agrochimie - semblent manquer d’un fil directeur. Il n’en est rien, d’après l’analyste. Il y a deux mouvements qui s’opèrent en parallèle : d’un côté des entreprises privées poussées par l’opportunisme qui cherchent des bonnes occasions et des acquisitions prestigieuses (AccorHotel ou l’Inter Milan), et, de l’autre côté, des grands groupes soutenus par Pékin qui poursuivent une stratégie définie au sommet de l’État. “Ils misent sur l’innovation et les technologies afin de créer des entités capables de peser au niveau global dans les secteurs qui vont compter à l’avenir”, résume Jean-François Dufour.

Le cas Syngenta est, à cet égard, symptomatique. Si le groupe chinois ChemChina réussit à boucler le rachat du géant suisse de l’agrochimie, il deviendra la seule alternative de poids au mastodonte Bayer-Monsanto dans un secteur qui regorge de recherches et développement et d’innovation.

Pour Jean-François Dufour, l’Europe a encore beaucoup à offrir, ou plutôt à vendre à la Chine, dans des secteurs de pointe comme l’aérospatiale, la robotique ou l’informatique. Les investisseurs chinois ne sont donc pas prêts à se détourner du Vieux continent. À condition que l’Europe continue à jouer le jeu.

Certains pays commencent ainsi à mettre le pied sur la pédale de frein. C’est le cas de la France, qui chercherait à éviter qu’AccorHotel, première chaîne d’hotellerie européenne, passe sous pavillon chinois, assure Le Figaro. Mais c’est aussi vrai pour l’Allemagne, qui ne veut pas que le fabricant chinois d’électroménager Midea prenne le contrôle du champion national des robots industriels Kuka. Pour Jean-François Dufour, ces réticences montrent “une volonté de s’opposer à une prédominance chinoise dans des secteurs dans lesquels l’Europe a encore une avance”.

Première publication : 06/06/2016

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