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Moyen-Orient

L'interview accordée par l'écrivain Amin Maalouf à une chaîne israélienne fait polémique

© François Guillot, AFP | Amin Maalouf a donné une interview à la chaîne israélienne i24 le 2 juin 2016, s'attirant de nombreuses critiques au Liban.

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 10/06/2016

L'écrivain franco-libanais Amin Maalouf est au cœur d'une vive polémique au Liban à la suite d'une interview accordée à une chaîne israélienne. Certains y voient une trahison, d'autres prennent la défense de l'académicien.

Un intellectuel libanais peut-il accorder une interview à un média israélien ? C’est la question qui agite le Liban depuis une dizaine de jours, où la polémique n’en finit plus d’enfler depuis le 2 juin : ce jour-là, l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf était l’invité d’une émission culture sur la chaîne israélienne francophone i24.

Prix Goncourt en 1993 pour "Le Rocher de Tanios", Amin Maalouf est également l'auteur de romans célèbres comme "Samarcande", "Le jardin de lumière" ou "Le Périple de Baldassare", ainsi que l'auteur d'essais et de récits comme "Les croisades vues par les Arabes", "Léon l'Africain", "Les Identités meurtrières" ou encore "Un fauteuil sur la Seine". En 2011, il a été élu à l'Académie française, au fauteuil de Claude Lévi-Strauss.

Son intervention, qui portait sur l’histoire de l’Académie française et sur son dernier roman, n’a pas été du goût de tout le monde au Liban où elle a très vite suscité incompréhension et colère. Certains y ont vu une trahison, poussant d’autres à prendre sa défense. Sur les réseaux sociaux, on a vu apparaître un hashtag en arabe au nom de l'écrivain.

Léon l’Israélien

C’est le quotidien libanais Al-Akhbar qui a lancé la controverse avec un éditorial qu’il n’a pas hésité à titrer "Léon l’Israélien", parodiant le titre du roman de Maalouf, "Léon l’Africain". "N’a-t-il pas été gêné par cette reconnaissance symbolique d’Israël ?", interroge l’éditorial virulent. L’auteur, "né au Liban, qui a grandi en Égypte et qui a été formé en France, est-il désormais si éloigné de son pays, de son peuple et de ses ancêtres, qu’il ne partage pas leurs sentiments et ni la même idée de ce qui est bon pour leur pays ?", questionne encore l’article qui a mis le feu aux poudres.

Le quotidien As-Safir, dont la ligne éditoriale se démarque, comme celle d’Al-Akhbar, par son opposition à Israël, s’en est également pris à l’auteur. Il titre ainsi son éditorial "La trahison d'un intellectuel". L’article cite à plusieurs reprises des extraits de l’œuvre prolifique de Maalouf pour les mettre en contradiction avec le fait de participer à une émission israélienne.

Dans un article intitulé le "Français orientaliste", le quotidien en ligne Al-Modon adopte un point de vue plus nuancé, arguant qu’Amin Maalouf se situe au-delà de l’identité libanaise.

"Ce que l’on dit est plus important que le lieu où on le dit"

Face à cette campagne de dénigrement, certains ont pris la défense de l’académicien. "Amin Maalouf a promu la culture, la justice et la paix sur i24. La campagne contre lui est d'une bêtise sans nom", a ainsi posté sur Facebook Ziyad Makhoul, un des rédacteurs en chef du quotidien francophone L'Orient-Le Jour.

"Ce que l’on dit est plus important que le lieu où on le dit ", affirme pour sa part Diana Moukalled, une célèbre journaliste libanaise dans un post sur Facebook et Twitter où elle prend la défense de l’écrivain qui, pour sa part, ne s’est pas exprimé depuis le début de la controverse.

L’affaire a pris une telle ampleur que le quotidien Al-Akhbar relaie vendredi 10 juin un appel à se rassembler sur une place de Beyrouth pour "juger Amin Maalouf". Al-Manar, la chaîne du Hezbollah, parle même de "protester contre l’insolence" de l’écrivain. En dix jours, l’incident a dépassé les frontières du Liban. Le BDS, campagne de boycottage des partisans d’Israël, a ainsi appelé "l’éminent écrivain libanais Amin Maalouf à s’excuser pour cette interview".

Pour tous ses détracteurs, l'écrivain "a utilisé sa célébrité, son excellence créative et son appartenance à l'Académie française pour (...) donner une 'légitimité' immorale aux médias israéliens, instruments importants de l'occupation et de la colonisation" des Territoires palestiniens, affirme BDS.

Le Liban et Israël sont encore officiellement en guerre. Au terme d'une occupation de 22 ans du Sud du pays, l'armée israélienne s'est retirée en 2000 de ce territoire. Mais à l'été 2006, l'État hébreu et le Hezbollah se sont livrés une guerre meurtrière.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle polémique agite le pays du cèdre. En 2012, le groupe de rock libanais Mashrou’ Leila avait annulé un concert initialement programmé en première partie de celui des Red Hot Chili Peppers à Beyrouth. Or ces derniers devaient ensuite se rendre à Tel Aviv. Face aux accusations de soutien indirect à Israël, les membres de Mashrou’Leila avait cédé et annulé leur représentation.
 

Première publication : 10/06/2016

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