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EUROPE

Vingt ans après la brebis Dolly, le clonage animal reste "une mauvaise idée"

© Colin McPherson, AFP (archives) | Dolly, la brebis clonée, en février 1997, à l'Institut d'Edimbourg, en Écosse.

Texte par Julia DUMONT

Dernière modification : 04/07/2016

Le 5 juillet 1996, le premier mammifère cloné, la brebis Dolly, naissait. Depuis, le clonage des animaux se développe aux États-Unis mais l’Europe se montre toujours réticente pour des raisons éthiques et scientifiques.

Du "Meilleur des mondes" d’Aldous Huxley à "Star Wars : L’attaque des drones" de George Lucas, si le clonage a inspiré de nombreux auteurs et réalisateurs, c’est qu’il ne cesse de nous interroger. Est-il moral de dupliquer des humains ? L’animal cloné doit-il être nécessairement utile pour avoir le droit de vivre ? Le progrès scientifique justifie-t-il le clonage ?

Vingt ans après la naissance de la brebis Dolly le 5 juillet 1996, le premier mammifère cloné, l’Europe, contrairement aux États-Unis, rechigne toujours à développer cette technique de reproduction pour des raisons éthiques et sanitaires.

Le Bureau européen des associations de consommateurs (Beuc) et l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) sont vent debout contre le clonage. Le premier dénonce la "possibilité" que des aliments issus d'une progéniture de clones se retrouvent dans l'assiette des consommateurs européens. La seconde pointe "les problèmes de santé animale et de bien-être des animaux" associés au clonage.

"Il n’est pas impossible que de la viande clonée arrive dans nos assiettes"

En septembre, le Parlement européen a d’ailleurs réclamé à une large majorité que non seulement les animaux d'élevage clonés soient interdits dans l'UE mais aussi leurs descendants et les produits en étant issus.

Une mesure qui exclut nécessairement une partie de la viande produite sur le continent américain où le clonage est déjà utilisé en agriculture pour améliorer les cheptels.

Cependant, pour Jean-Louis Peyraud, chargé de mission à la direction scientifique agriculture de l’Inra, contacté par France 24, "compte tenu des échanges commerciaux avec le continent américain, il n’est pas impossible que de la viande d’animaux clonés ou de leurs descendants arrive dans nos assiettes".

Pour le chercheur, cette viande ne représente pas de danger pour la santé. "Mais il est tout aussi vrai que le consommateur européen a le droit de ne pas vouloir manger de viande d’animaux clonés", souligne-t-il.

Une "mauvaise idée"

À l’origine, le clonage avait pour objectif de progresser dans les techniques de reproduction, notamment chez les ruminants, mais "nous nous sommes rendu compte que c’était une mauvaise idée […] La technique de clonage en elle-même est compliquée et les taux de réussite de création d’un embryon étaient très faibles", reconnaît le chercheur.

Le cas de Dolly a révélé les dangers du clonage : la brebis vieillit prématurément. Elle souffre d'arthrite puis développe une maladie des poumons, qui lui vaut d'être euthanasiée en 2003. Selon Jean-Louis Peyraud, des tentatives de clonage ont produit des animaux avec de graves malformations. Des cas de veaux à trois pattes ou d'animaux à deux têtes ont été rapportés.

Aujourd’hui, pour améliorer la capacité de leurs cheptels, les éleveurs européens se tournent donc plutôt vers la sélection génomique : "Une simple prise de sang à la naissance du veau permet de savoir si son potentiel est intéressant."

Le clonage à des fins médicales "n'a pas été à la hauteur des attentes"

Dans le domaine médical, autre secteur qui devait en bénéficier, le clonage "n'a pas été à la hauteur des attentes", selon Rosario Isasi, de l'Institut universitaire de Miami pour la bioéthique et les politiques de santé.

Alors que les chercheurs envisageaient un jour de rendre possible la création d’organes humains en laboratoire, cette hypothèse a été rapidement abandonnée. La peur que le procédé aille trop loin, jusqu'à la réplique d'êtres humains, a freiné la recherche sur l'utilisation du clonage comme outil thérapeutique.

"Le public, et les hommes politiques eux-mêmes, craignent ‘une pente glissante’, qu'une chose en entraîne une autre puis une autre, jusqu'à ce qu'il y ait une catastrophe", souligne Rosario Isasi.

"Aujourd’hui, le clonage est surtout intéressant pour comprendre l’épigénétique (la façon dont les gènes d’un individu et l’environnement dans lequel il vit le font évoluer, NDLR)", avance Jean-Louis Peyraud.

L’Inra possède encore quelques bovins nés d’un clonage. Ils ont une dizaine d’années maintenant et nous servent à étudier le phénomène du vieillissement.

Avec AFP
 

Première publication : 04/07/2016

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