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Economie

Pokemon Go fait les affaires de Nintendo, pas toujours celles des joueurs

© Capture d'écran Youtube | Le jeu Pokemon Go pour smartphone a été lancé le 6 juillet aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 11/07/2016

C’est le phénomène mobile et boursier du moment : le jeu Pokemon Go est en train d’envahir le quotidien de millions d’Américains. Nintendo se frotte les mains… même si la traque aux créatures virtuelles peut réserver des surprises dans le monde réel.

Plus de sept milliards de dollars, telle est l’ampleur du bond boursier réalisé par Nintendo depuis le lancement, le 6 juillet, du jeu Pokemon Go sur smartphone. L’action du constructeur japonais a enregistré lundi 11 juillet, sa plus forte hausse depuis des mois, progressant de plus de 20 % à l’indice de Tokyo. Ce phénomène vidéoludique a permis au groupe d'atteindre une capitalisation boursière de 22,9 milliards de dollars.

Pokemon Go est devenue l'application la plus téléchargée sur iPhone aux États-Unis. Elle permet de projeter des images de Pokemon dans l’environnement réel en utilisant le système GPS et l’appareil photo du téléphone. L'utilisateur se transforme ainsi, au gré de ses balades, en chasseur de petites créatures virtuelles.

Pour visionner la vidéo sur vos mobiles et tablettes, cliquez sur ce lien.

Soulagement des investisseurs

Le jeu, gratuit à l’installation mais qui nécessite de payer pour obtenir certains bonus, génère actuellement davantage de recettes pour la “Pokemon company” (une succursale de Nintendo) et Niantic (le co-développeur du jeu) que des mastodontes du jeu sur mobile comme Clash of Clan ou Game of War, d’après le cabinet d’études américain Sensor Tower. Un engouement d’autant plus remarquable que le jeu n’est, pour l’instant, disponible qu’aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. L'application, dont la date de lancement en France n'est pas encore fixée, peut cependant être téléchargé dans l'Hexagone en suivant une petite astuce décrite par Mashable.

Le succès de Pokemon Go, deuxième adaptation sur moible d’une franchise de Nintendo après le jeu et réseau social Miitomo, n’explique qu’en partie la bonne performance boursière du groupe japonais. Celle-ci est aussi le reflet du soulagement des investisseurs qui se demandaient si Nintendo allait réussir à faire son trou dans le monde du jeu sur mobile. Le constructeur n’avait pas droit à l’erreur : sa console Wii U est, en effet, à la traîne face à ses concurrents directs, la Playstation 4 de Sony et la Xbox One de Microsoft.

Les chasseurs de Pokemon sont partout

Les boursicoteurs sont aussi sensibles à la folie qui semble s’être emparée des États-Unis. Les chasseurs de nouvelles espèces de Pokemon sont partout… et le font savoir sur les réseaux sociaux. Les images d’Américains, les yeux rivés sur leur smartphone leur montrant une version modifiée de leur environnement où un nouveau Pokemon peut apparaître à tout instant, ont fait le tour de la Toile et les affaires du département de communication de Nintendo. Il y a plus de 3 % des utilisateurs américains de téléphones Android (le système d’exploitation mobile de Google) qui jouent à Pokemon Go tous les jours, soit presque autant que de gens qui tweetent quotidiennement (3,5%) aux États-Unis, a constaté le spécialiste américain de l’utilisation des applications SimilarWeb.

Ces nouveaux accros traquent leur prochain Pokemon de compagnie dans les parcs publics, aux abords des autoroutes ou même à l’intérieur d’une chambre d’hôpital. “C’est un phénomène culturel d’une ampleur que je n’avais encore jamais vue aux États-Unis”, s’étonne sur Twitter David Ruddock, un journaliste américain spécialiste des jeux sur mobile.

Une mode qui a déjà commencé à avoir des répercussions bien réelles sur la vie quotidienne de l’autre côté de l’Atlantique. Au royaume du capitalisme triomphant, certaines enseignes ayant remarqué que le jeu cachait des PokéBalls (des billes virtuelles permettant de capturer les Pokemon) dans leurs magasins, ont commencé à en faire la promotion sur leur devanture pour tenter d’attirer le consommateur.

Guet-apens et corps dans une rivière

La chasse aux Pokemon peut aussi entraîner des mauvaises surprises. La police du Missouri a ainsi interpellé, le 10 juillet, un gang de quatre jeunes, suspectés d’avoir utilisé le jeu pour localiser des victimes à braquer dans des endroits isolés. L’application Pokemon Go permet, en effet, de savoir si d’autres utilisateurs sont à proximité. Il est même possible d’ajouter des marqueurs pour alerter les joueurs de l’emplacement d’un Pokemon. Une fonctionnalité qui, entre de mauvaises mains, peut servir à attirer des utilisateurs dans un guet-apens.

Un panneau publicitaire dans l'esprit Pokemon Go devant un magasin de vêtement aux États-Unis. © Image Imgur

Un informaticien du Massachusetts, qui a élu domicile dans une vielle église abandonnée, a, pour sa part, appris à ses dépens que le jeu n'avait pas identifié que la bâtisse était habitée. L’application a transformé le lieu en “Pokemon Gym”, un endroit où il est possible d’entraîner virtuellement ses créatures afin de les rendre plus fortes. Il raconte, sur Twitter, le défilé de visiteurs les yeux rivés sur leur téléphone qui décrochent à peine le regard pour le saluer.

Ces joueurs ne semblent pas prendre bien au sérieux les avertissements des concepteurs leur demandant de rester conscient de leur environnement réel durant leur partie de traque au Pikachu. Peut-être prêteront-ils une oreille plus attentive aux déclarations de la police américaine qui a mis en garde les utilisateurs contre la tentation de partager, en temps réel, leur localisation avec le reste de cette nouvelle espèce de chasseur de créatures imaginaires ?

Nul ne sait encore si ces dérives vont avoir un effet sur la popularité du jeu sur le long terme. Les investisseurs sont, quant à eux, confiants : même si ce succès fait, finalement, long feu… il existe toute une ribambelle d’autres personnages Nintendo qui attendent leur tour pour faire tourner la tête des utilisateurs de smartphones. Han Joon Kim, analyste à la Deutsche Bank, a assuré à Reuters qu’il attend avec impatience les déclinaisons mobiles d’Animal Crossing ou Zelda “qui devraient continuer à tirer l’action de Nintendo vers le haut”.

Première publication : 11/07/2016

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