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EUROPE

Turquie : les partisans d'Erdogan fêtent leur victoire, 6000 putschistes présumés arrêtés

© Adem Altan, AFP | Des partisans du président turc Recep Tayyip Erdogan paradent dans les rue d'Ankara, le 16 juillet 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/07/2016

Plusieurs milliers de Turcs ont répondu samedi à l'appel du président Recep Tayyip Erdogan et sont descendus dans la rue pour afficher leur soutien au pouvoir, moins de 24 heures après l'échec de la tentative de putsch.

Plusieurs milliers de Turcs ont investi les rues, samedi 16 juillet, pour afficher leur soutien au président Recep Tayyip Erdogan, moins de 24 heures après l'échec de la tentative de coup d'État militaire qui a fait au moins 265 morts, et eu pour conséquence l'interpellation de près de 6000 personnes.

À Istanbul, le chef de l'État s'est adressé en début de soirée à ses partisans, qu’il avait appelés sur Twitter à "continuer d'être maîtres des rues".

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui veut consolider son pouvoir ébranlé après l'échec du putsch militaire, a pris à témoin cette foule pour réclamer à Washington l'extradition du prédicateur en exil Fethullah Gülen, son mentor devenu son ennemi juré, qu'il accuse d'avoir fomenté le coup de force.

En exil aux États-Unis depuis 1999, il est accusé par le président islamo-conservateur d'être le cerveau de la tentative de coup d'État.

Cité par le New York Times, Fethullah Gülen a nié toute implication dans les événements de vendredi soir tout en condamnant "dans les termes les plus forts" la tentative de putsch. Lorsque des journalistes du quotidien américain lui ont demandé samedi si certains de ses sympathisants avaient participé à la tentative de putsch, il a répondu "(ignorer) qui sont (ses) partisans" et ne pas pouvoir s'"exprimer sur leur quelconque implication", expliquant vivre "loin de la Turquie depuis 30 ans".

Il a même jugé "possible" que le coup d'État ait été orchestré par le président Erdogan lui-même, se refusant toutefois à "accuser sans preuves". "Certains dirigeants organisent de faux attentats-suicides pour renforcer leur pouvoir, et ces gens ont ce genre de scénarios en tête", a-t-il déclaré.

Les partisans d'Erdogan réclament la peine de mort pour les putschistes 

Toujours est-il que le président turc semble avoir décidé de purger le pays des personnes qu’il soupçonne avoir participé à la tentative de putsch. Samedi soir, répondant à ceux qui, dans la foule, scandaient "peine de mort !", il a dit que cette question pourrait faire l'objet d'un débat au Parlement, alors que ce châtiment est aboli en Turquie.

Selon le gouvernement, environ 6 000 personnes ont été placées en garde à vue dont près de 3 000 militaires. Du simple soldat à l'officier, notamment ceux qui formaient la "colonne vertébrale" du coup d'État. Parmi les officiers supérieurs arrêtés figurent le commandant en chef de la deuxième armée turque, Adem Huduti, l'un des plus hauts gradés du pays, mais aussi le commandant du troisième corps d'armée (basé à Istanbul), le général Erdal Öztürk, qui sera jugé pour "trahison". "Le grand ménage continue en ce moment. Il y a environ 6 000 personnes en garde à vue. (Ce nombre) va dépasser 6 000", a déclaré le ministre de la Justice Bekir Bozdag.

La justice n'a pas été épargnée puisque le pouvoir a ordonné l'arrestation de 2 745 juges et procureurs pour leur rôle présumé dans la tentative de putsch, selon la chaîne turque NTV. La police a appréhendé en outre l'un des membres de la Cour constitutionnelle, Alparslan Altan.

Pour parer à tout "châtiment collectif", le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a appelé son homologue turc, Mevlut Cavusoglu, à régler "l'après-coup d'État" selon les "principes fondamentaux de la démocratie". Car après l'échec du putsch, des partisans du régime ont lynché des soldats rebelles sur un pont d'Istanbul, selon un photographe de l'AFP présent sur place. L'un des militaires est mort lynché sous ses yeux, il ignore le sort d'un autre, également tabassé.

Le président américain, Barack Obama, a, lui aussi, exhorté toutes les parties en Turquie à "agir dans le respect de l'État de droit", selon un communiqué de la Maison Blanche publié samedi.

Enfin, signe que la situation est loin d'être revenue à la normale, le département d'État a déconseillé aux Américains de se rendre en Turquie, tandis que l'aviation civile américaine a interdit à toutes les compagnies aériennes d'effectuer des liaisons entre la Turquie et les États-Unis.

Sur le plan militaire, les accès à la base d'Incirlik (sud) ont été fermés, a annoncé Washington, qui a en conséquence suspendu ses opérations aériennes contre les groupes jihadistes en Syrie.

Pour voir le diaporama sur vos mobiles et tablettes, cliquez ici.

Avec AFP
 

Première publication : 17/07/2016

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