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Sports

Jeux olympiques : pourquoi l’absence de Moscou pourrait avoir des conséquences plus que sportives

© Fabrice Coffrini, AFP | Thomas Bach, président du CIO, durant un sommet olympique à Lausanne, le 21 juin 2016

Vidéo par Cécile ADOBATI

Texte par Louise NORDSTROM

Dernière modification : 20/07/2016

À deux semaines des JO de Rio, la Russie, accusée de dopage d'État, n'est toujours pas sûre de pouvoir y participer. Pour certains, une suspension serait préjudiciable à la fierté nationale et aurait un impact diplomatique.

Le Comité international olympique (CIO) a déclaré, mardi 19 juillet, qu’il cherchait des conseils juridiques pour suspendre la participation de la Russie aux Jeux olympiques de Rio, prévus du 5 au 21 août. Une annonce qui intervient alors qu'un nouveau rapport accuse la superpuissance d’avoir systématisé un "dopage d’État".

Si le président Vladimir Poutine a d’ores et déjà suspendu les officiels nommés dans l’enquête, il a également mis en garde contre "un retour dangereux de l'ingérence de la politique dans le sport".

>> À voir sur France 24 : À l'approche des JO de Rio, les athlètes russes en pleine tourmente

"Oui, les formats de ces interférences ont changé, mais l’essence est la même - pour faire du sport un instrument de pression géopolitique et construire une mauvaise image des pays et des nations", a déclaré Vladimir Poutine. Une allusion aux Jeux olympiques d'été de 1980, organisés à Moscou durant la Guerre froide, que les États-Unis avaient boycottés pour protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'ex-Union soviétique. En réponse, cette dernière avait boycotté les Jeux d'été de 1984, organisés à Los Angeles.

Vladimir Poutine a cependant ajouté que si le dopage n'avait pas de place dans le sport, "le mouvement olympique, qui joue un rôle fédérateur colossal pour l'humanité, encour[ait] le risque de nouvelles divisions".

"Le sport est un soft power pour la Russie"

Pour de nombreux experts, la réaction de Moscou n'est pas une surprise. La participation à des manifestations sportives internationales est, et a presque toujours été, plus qu’une simple accumulation de médailles. Surtout pour une nation forte d’autant d’athlètes de haut niveau, comme la Russie.

"Il existe plusieurs piliers de la fierté nationale russe. La première, c’est l'armée. Les Russes ont un énorme respect pour elle. Aussi, très important : les stars nationales du sport. Le sport est un soft power pour la Russie", analyse pour France 24 Martin Kragh, responsable du programme Russie et Eurasie à l'Institut suédois des affaires internationales.

>> À lire sur France 24 : "Dopage d’État" : le CIO crée une commission pour trancher le sort de la Russie

Le fait que le monde assiste autant par télévisions interposées aux rencontres entre États-Unis et Russie, malgré les impasses diplomatiques entre les deux pays, montre l’importance et l’imbrication du sport dans le politique.

"C’est de la diplomatie sportive, ajoute Martin Kragh. Durant la Guerre froide, par exemple, des événements sportifs ont été parmi les premiers à réchauffer des relations pourtant congelés. À partir du sport ou de tournois d'échecs, le dialogue politique a pu suivre parfois. Les événements sportifs sont très importants d'un point de vue diplomatique."

Et, précise-t-il, si la Russie, dont les équipes d’athlétisme et d’haltérophilie ont déjà été exclues des prochains JO – pour dopage et corruption –, est entièrement suspendue, cela aurait des conséquences considérables, tant au niveau national qu’international.

"Un coup terrible pour le pays"

"Une suspension serait un coup terrible pour le pays. Je ne pense pas que cela conduirait à des troubles ou à quoi que ce soit. En revanche, cela conduirait certainement à un grand mécontentement au sein du peuple russe. Les autorités ont déjà commencé à présenter les choses comme si les États-Unis et d'autres puissances occidentales étaient contre la Russie, et qu'ils voulaient l’empêcher de réussir", poursuit Martin Kragh.

Dans une interview au New York Times, le docteur Rodchenkov a déclaré que des dizaines d'athlètes russes avaient été dopés pendant les Jeux olympiques d'hiver à Sotchi et ce, avec l'aide et la surveillance du ministère des Sports russe, ainsi que le service de renseignement, le FSB.

Lundi, Vladimir Poutine prenait acte et avec sérieux les accusations du rapport, tout en déclarant qu’elles étaient fondées "sur la base du témoignage d'un homme à la réputation sulfureuse".

"Gel" des grandes manifestations sportives internationales en Russie

Après la réunion de mardi, le CIO a indiqué qu'il allait mettre en place une commission disciplinaire d’enquête sur la participation de la Russie et a demandé de tester à nouveau tous les athlètes russes ayant participé aux Jeux d'hiver à Sotchi. Et d'appeler à un "gel" des grandes manifestations sportives internationales, qui doivent avoir lieu en Russie. 

Sur le plan géopolitique, pour Martin Kragh, ce scandale de dopage d’État russe survient à un moment où les relations entre la Russie et l'Occident sont déjà envenimées. La menace d'une interdiction pourrait encore alimenter le point de vue de la Russie selon lequel le but de l’Occident est de marginaliser et de nuire au pays.

"Dans la situation actuelle , cela va renforcer des relations diplomatiques faibles et la polarisation existante, pense Martin Kragh. Voilà pourquoi il sera très important pour les organisations sportives internationales de montrer et d’expliquer pourquoi certaines décisions ont été prises et ce, preuves à l’appui."

>> À lire sur France 24 : "La Fédération internationale d’athlétisme maintient la suspension des athlètes russes"

Première publication : 20/07/2016

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