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Economie

Twitter ne veut plus du “plus grand super-vilain d’Internet” Milo Yiannopoulos

© Drew Angerer, AFP | Le chroniqueur tech du site conservateur Breitbart et icône d'une certaine droite sur Internet, Milo Yiannopoulos.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 21/07/2016

Twitter a suspendu définitivement le compte du journaliste ultraconservateur Milo Yiannopoulos après une provocation de trop. Ce jeune britannique est devenu en quelques années l’icône d’une certaine frange misogyne et raciste d’Internet.

Il s’était autoproclamé “plus grand super-vilain d’Internet”. Milo Yiannopoulos, journaliste britannique du site ultraconservateur américain Breitbart, a été réduit au silence, mardi 19 juillet, sur Twitter. Le réseau social était devenu son terrain de jeu favori pour les provocations et autres messages incendiaires.

Sa faute : s’en prendre à Leslie Jones, actrice afro-américaine à l'affiche du nouveau film "Ghostbuster". Il n’était pas le seul à avoir inondé la jeune femme de messages misogynes et souvent racistes ces derniers jours. Mais sa réputation en a fait l’un des meneurs de cette cyber-vendetta nauséabonde et lui a valu d’être banni à vie de Twitter. Milo Yiannopoulos est ainsi devenu le premier journaliste établi à subir une telle sanction. Son compte avait déjà été provisoirement suspendu à deux reprises auparavant.

#FreeMilo et #jesuismilo

Cette décision définitive n’est pas anodine pour le réseau social. Le jeune homme de 32 ans est, en effet, vénéré par une communauté de plus de 330 000 internautes abonnés à son fil Twitter. Son bannissement a été suivi par un déluge de messages de soutien sous la bannière des hashtags #Freemilo ou encore… #jesuismilo. Le principal intéressé, lui, a dénoncé, avec son sens habituel de la mesure, une “suspension qui confirme que Twitter est un endroit sûr pour les terroristes musulmans et les extrémistes du mouvement ‘Black Live Matter’ [groupe américain qui dénonce notamment les violences policières contre les Noirs] mais pas pour les conservateurs”.

Son éviction du réseau social ne l’a donc pas poussé à mettre de l’eau dans son vin. Depuis ses débuts en 2011 comme co-fondateur du blog tech britannique The Kernel, Milo Yiannopoulos a construit sa popularité sur son sens de la provoc’, de l’outrance et de la détestation affichée de tout ce qui représente à ses yeux l’esprit “liberal-progressiste”.

Il a, tour à tour, accusé un ancien conseiller en nouvelles technologies de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair de vouloir promouvoir la pédophilie, s’en est pris à Pete Cashmore, le fondateur du site Mashable, qui aurait “ruiné à tout jamais le journalisme tech” et a qualifié Mark Zuckerberg de “grand méchant de l’Internet”. Dans un portrait publié en 2012 par le quotidien The Guardian, il est comparé au résultat du croisement entre un “pit-bull et Oscar Wilde”.

“Daddy Trump”

C’est en arrivant en 2014 aux États-Unis, pays d’une liberté d’expression qu’il compte user jusqu’à la moelle, que Milo Yiannopoulos donne toute sa dimension. Cet homosexuel déclaré affirme que les droits accordés aux gays américains les ont rendus “plus stupides”. Il affirme que le seul blanc avec lequel il accepterait de coucher est Donald Trump, qu’il appelle, par ailleurs, “daddy Trump” (“papa Trump”). Pour soutenir la candidature de son père spirituel en politique, il a fondé le groupe des “homos pour Trump”.

Comme son idole républicaine, le jeune journaliste deverse sa bile avant tout contre les “féministes”. Milo Yiannopoulos critique à longueur d’articles sur le site Breitbart, dont il est le journaliste tech, “les femmes qui ne se battent pas pour améliorer leur condition mais détestent simplement les hommes”. Il s’est même rendu à une manifestation à Los Angeles contre les violences sexuelles l’an dernier avec un panneau sur lequel était inscrit que “la culture du viol et Harry Potter sont tous les deux des fictions”.

Icone des “types bizarres”

Mais son statut d’idole pour une certaine frange de l’Internet vient surtout de ses prises de position dans la polémique du gamergate. Il s’agit de la révolte débutée en 2014 d’une partie des joueurs de jeux vidéo contre l’évolution de leur passe-temps favori qu’ils estiment de plus en plus influencé... par les femmes. Plusieurs personnalités féminines du jeu vidéo ont depuis reçu des menaces de mort, de viols et subi des campagnes de harcèlement systématique. L’une d’entre elles, Brianna Wu, a dû déménager pour échapper à des menaces se faisant de plus en plus précises et a embauché une personne à temps plein pour archiver et cataloguer toutes les insultes et mises en garde reçues.

Milo Yiannopoulos est l’un des seuls à avoir défendu ces “révoltés” du gamepad. Il a notamment écrit qu’il comprenait “ces types bizarres qui n’ont pas d’argent, vivent dans le Wisconsin, détestent leur femme, jouent à des jeux vidéo pour échapper à leur vie misérable et à qui ont dit soudain qu’ils sont des sales misogynes uniquement parce qu’ils aiment jouer à 'Gran Theft Auto'”. Une prise de position qui a valu au journaliste une reconnaissance éternelle de la part des “types bizarres” en question.

Ce sont eux qui formaient le gros de la légion des adorateurs de Milo Yiannopoulos sur son défunt compte Twitter. Le jeune homme est d’ailleurs conscient de son statut d’icône et se targue d’avoir, “contrairement à la plupart des plumes conservatrices, un public de jeunes entre 18 et 34 ans”. Le journaliste essaie même d’integrer les troupes du gamergate dans une nouvelle droite baptisé l’”alt-right” (la droite alternative) et qui serait, d’après Milo Yiannopoulos, animée du “dynamisme et de la fureur de la jeunesse”.

Plusieurs publications majeures, comme The Daily Beast ou le New York Times, ont commencé à prendre l’”alt-right” au sérieux. Il s’agirait, pour ces influents commentateurs, d’une alternative de plus en plus sérieuse aux conservateurs traditionnels, formée essentiellement de jeunes, technologiquement à la pointe et ouvertement racistes.

Première publication : 21/07/2016

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