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Solar Impulse boucle avec succès son tour du monde historique

© Jean Revillard / Rezo / Solar Impulse 2 / AFP | Retour à Abou Dhabi pour Solar Impulse 2

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/07/2016

Solar Impulse 2 vient d'achever son tour du monde, 483 jours après son départ d'Abou Dhabi. "Le défi est autant humain que technique", a déclaré l'un des deux pilotes.

C’est un tour du monde sans précédent que vient de boucler Solar Impulse 2 (SI2) mardi. L’avion capable de voler jour et nuit grâce à l'énergie solaire comme unique carburant, vient d’accomplir un défi technologique autant qu'humain.

L'avion, qui était parti d’Abou Dhabi le 9 mars 2015 pour un périple de 23 jours de vol effectifs et de 43 041 km à travers quatre continents, sans une goutte de carburant, s'est posé sans encombre à 4 h 05 à l'aéroport Al-Batten, près de la capitale des Émirats arabes unis.

Destiné à promouvoir les énergies renouvelables, l'appareil, piloté par le Suisse Bertrand Piccard, parti dimanche du Caire, a parcouru, pour cette 17e et dernière étape de son périple, 2 763 km en plus de 48 heures.

"L'avenir est propre", a lancé Bertrand Piccard, applaudi et accueilli sur le tarmac sous les bravos. Il a aussitôt été rejoint par son compatriote André Borschberg, avec qui il s'est relayé aux commandes du monoplace tout au long de l'aventure. "C'est tellement passionnant" de voler à bord d'un avion qui ne fait "pas de bruit" et "ne pollue pas", a déclaré Bertrand Piccard.  "On croit que c'est de la science-fiction, mais c'est en fait la réalité d'aujourd'hui", a ajouté le pilote, qui ne semblait pas fatigué.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exprimé sa "profonde admiration" pour cette expérience, en s'adressant lundi soir au pilote au moment où il survolait les eaux du Golfe.

Pesant une tonne et demie mais aussi large qu'un Boeing 747, le SI2 a volé à une vitesse moyenne d'environ 80 km/h grâce à des batteries qui emmagasinent l'énergie solaire captée par quelque 17 000 cellules photovoltaïques sur ses ailes.

Technologies propres

"J'ai lancé le projet Solar Impulse en 2003 pour transmettre le message que les technologies propres peuvent réaliser l'impossible", a rappelé Bertrand Piccard dans un tweet. "Tout est possible. Pourquoi ne pas rêver, ne pas essayer encore", a-t-il ajouté, proposant la création d'un comité international des technologies propres pour "conseiller les gouvernements" et "lutter contre le changement climatique".

Lors d'une conférence de presse à Abou Dhabi à laquelle assistaient des responsables émiratis et suisses, le prince Albert de Monaco a salué un "jour historique". "Ce n'est pas la fin d'un périple mais juste le début" d'une nouvelle ère, a-t-il déclaré.

Bertrand Piccard a réalisé son rêve, mais il a mis du temps : la circonvolution, à plus de 8 500 mètres d'altitude au maximum, aura duré plus d'un an et quatre mois. Elle était prévue au départ pour durer cinq mois, dont 25 jours de vol effectifs.

Parti d'Abou Dhabi, l'avion s'est posé successivement à Mascate (Oman), Ahmedabad et Varanasi (Inde), Mandalay (Birmanie), Chongqing et Nanjing (Chine), puis Nagoya (Japon) et Hawaï (États-Unis), où il avait fait une escale technique imprévue de plusieurs mois, avant d'atteindre et de traverser l'Amérique du Nord, s'arrêtant à San Francisco, Phoenix, Tulsa, Dayton, Lehigh Valley et New York.

Puis il a traversé l'Atlantique sans escale pour se poser le 23 juin à Séville, dans le sud de l'Espagne, d'où il a rallié Le Caire le 13 juillet.

Bertrand Piccard a effectué la première traversée de l'Atlantique (soit 6 765 kilomètres). André Borschberg est entré dans la légende en pilotant l'appareil pour son étape au-dessus du Pacifique, soit 8 924 kilomètres en un peu moins de 5 jours et 5 nuits (du 28 juin 2015 au 3 juillet 2015), le plus long vol en solitaire jamais réalisé.

En plus d'une performance technologique, le tour du monde de Solar Impulse 2 est un exploit humain. Les deux Suisses ont piloté à tour de rôle dans un cockpit de 3,8 m² sans air conditionné ni chauffage, mais équipé de bouteilles d'oxygène pour permettre aux pilotes de respirer et d'un coin toilettes. La cabine est recouverte d'une mousse isolante pour atténuer les températures extrêmes en vol, entre +40 et -40 degrés.

Une situation qui a fait dire à André Borschberg que ce fut "un défi plus humain que technique". "On fait des petites siestes de 20 minutes. Des exercices dans le cockpit, une demi-heure, le matin et l'après-midi, sinon au bout de plusieurs jours on ne peut plus bouger les bras et les jambes", a expliqué Bertrand Piccard.

"Très bientôt, il y aura des passagers sur des avions électriques qui seront rechargés sur le sol", a-t-il pronostiqué, estimant toutefois qu'il faudra attendre avant d'en voir sur des avions solaires.

Avec AFP

Première publication : 26/07/2016

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