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Moyen-Orient

Paris et Londres réclament la fin du siège d’Alep, Moscou annonce des corridors humanitaires

© Karam Al-Masri, AFP | Les habitants d'un quartier d'Alep tenu par les rebelles doivent faire des queues interminables pour acheter du pain, comme ici le 12 juillet 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/07/2016

Jean-Marc Ayrault et Boris Johnson ont appelé jeudi à mettre fin au siège d'Alep. La Russie a annoncé la création de plusieurs corridors humanitaires devant permettre l'évacuation des civils et rebelles qui accepteraient de déposer les armes.

Paris et Londres ont appelé jeudi 28 juillet le régime syrien et ses alliés à lever le siège des quartiers est d'Alep, tenus par les rebelles, où "près de 300 000 habitants sont pris au piège". Ce même jour, la Russie, alliée de Damas, a annoncé la création de trois corridors humanitaires destinés aux civils.

Un quatrième couloir devrait être créé dans le nord de la ville, sur la route du Castello, afin de permettre "le passage en sécurité des combattants armés" qui souhaiteraient déposer les armes, a détaillé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

Selon Jean-Didier Revoin, correspondant de France 24 en Russie, cette initiative a pour but de séparer les groupes rebelles des groupes terroristes. "Moscou estime que Washington n’en fait pas assez pour signifier aux rebelles modérés qu’ils doivent couper tout lien avec les terroristes d’Al-Nosra et Daech", explique-t-il.

Syrie : "Moscou estime que Washington n'en fait pas assez pour signifier aux rebelles qu'ils doivent couper tout lien avec les terroristes d'Al-Nosra et Daech"

Les quartiers rebelles d'Alep, situés dans l'est de la ville, sont totalement assiégés depuis le 17 juillet par les forces gouvernementales. Aucune aide internationale n'a pu entrer dans ces secteurs de la ville divisée depuis le 7 juillet, quand les loyalistes ont réussi à couper la route du Castello, son dernier axe de ravitaillement.

Amnistie pour les rebelles

L’initiative de Moscou pourrait conduire à la reprise totale par le régime de Bachar al-Assad de la deuxième ville et ancienne capitale économique de Syrie et porter un coup fatal à la rébellion.

À coups de barils d'explosifs destructeurs, le régime cherchait depuis des mois à reprendre le secteur rebelle de la ville. Le 17 juillet, ses troupes l’ont complètement assiégé et jeudi, elles ont chassé les rebelles du quartier de Bani Zeid, principal secteur d'où les insurgés tiraient des roquettes sur les quartiers ouest de la ville contrôlés par le régime.

Le président Assad a décrété jeudi une amnistie pour tous les rebelles qui rendraient les armes, a rapporté l'agence officielle Sana. "Toute personne portant les armes [...] et étant recherchée par la justice [...] est exemptée de la totalité de la peine si elle se rend et dépose les armes dans les trois mois suivant la date de publication de ce décret", indique le texte de la présidence.

Ces initiatives ne sont pas sans rappeler celles mises en place en 2014 pour mettre un terme au siège de Homs. Après deux ans de siège et des mois de négociations entre l’ONU, le régime syrien et les rebelles, une aide humanitaire avait pu arriver à Homs en février 2014. Trois mois plus tard, en mai, les rebelles et le régime syrien avaient conclu un accord permettant un retrait des rebelles et des civils.

Damas et Moscou accusés d’utiliser des bombes à sous-munitions

Parallèlement à ces annonces, Moscou et Damas ont été accusés jeudi par Human Rights Watch d'utiliser massivement des armes à sous-munitions, interdites par la Convention de Dublin signée en 2008, au terme du processus d'Oslo.

"Bien que la Russie et la Syrie ne soient pas signataires de la Convention sur les armes à sous-munitions, elles restent liées au droit humanitaire international, au droit de la guerre qui interdit les attaques aveugles", a déclaré HRW.

Les bombes à sous-munitions sont larguées par voie aérienne ou tirées par voie terrestre. Le conteneur s'ouvre dans les airs et éjecte les sous-munitions, de la taille d'une balle de tennis, qui se dispersent sur de larges zones. Près de 30 % des sous-munitions n'explosent pas au contact du sol et peuvent rester actives pendant des années, risquant de tuer ou blesser des civils.

L'ONG new-yorkaise affirme avoir recensé 47 utilisations d'armes à sous-munitions depuis le 27 mai, des bombes aveugles qui ont tué et blessé des dizaines de civils dans les zones rebelles de trois provinces.

Avec AFP
 

Première publication : 28/07/2016

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