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Moyen-Orient FRANCE 24

"Tous les deux-trois jours, un détenu mourait" : le témoignage glaçant d’un rescapé des geôles syriennes

© Capture d'écran France 24 | Ex-détenu de la prison syrienne de Saydnaya, Shyar Khalil Khalil a été emprisonné parce qu’il était journaliste.

Vidéo par Georges YAZBECK

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/08/2016

Alors qu’Amnesty International a publié jeudi un rapport dénonçant l’enfer des prisons syriennes, un ancien détenu de la prison de Saydnaya a raconté sur France 24 ce qu’il a vécu.

"Encore aujourd'hui, je me souviens de l'odeur du sang, de la chair. Nous étions nombreux, les uns sur les autres, dans l'humidité, sans jamais voir le soleil. J'ai vu des vers sortir de cadavres. Nous vivions dans une sorte de fosse commune". Shyar Khalil Khalil a passé plus de deux ans dans les geôles en Syrie, dont la prison de Saydnaya , à une trentaine de kilomètres de Damas, décrite jeudi 18 août dans un rapport d’Amnesty International comme "une usine de la mort"...

Shyar Khalil Khalil a été arrêté et emprisonné parce qu’il était journaliste : "Je travaillais pendant la révolution syrienne. Ils m'ont arrêté avec plusieurs autres militants et ils ont commencé à nous torturer pour nous extirper des informations", a-t-il précisé.

>> À lire sur France 24 : "Qu’est devenu le prisonnier Bassel Khartabil, pionnier syrien de l’Internet libre ?"

Dans une cellule souterraine, très petite et surpeuplée, Shyar Khalil Khalil n'avait qu'une cuillère de riz par jour pour se nourrir. Outre la situation sanitaire et la malnutrition, Shyar Khalil Khalil a, lui aussi, été témoin du pire : "J'ai vu beaucoup d'actes de torture et des morts. Tous les deux-trois jours, il y avait une personne qui mourrait dans ma cellule", a-t-il raconté.

Trois cents morts par mois dans les prisons syriennes

Shyar Khalil Khalil a, lui-même, toujours sur les mains les cicatrices des brûlures de cigarettes et des traces des autres actes de violences qu’il a subies. "Un jour, ils m'ont forcé à m'asseoir le dos courbé vers l'avant, dans un petit espace, en me maintenant dans cette position. J'ai vu d'autres détenus qui ont eu la colonne vertébrale cassée comme ça et ils sont morts", a-t-il témoigné.

Les témoignages recueillis par Amnesty évoquent des violences régulières telles que des décharges électriques, des brûlures à l'eau bouillante et des viols.

>> À lire sur France 24 : "Human Rights Watch détient des preuves "accablantes" de crimes contre l’humanité"

Selon le rapport d'Amnesty, plus de 17 000 personnes sont mortes dans les prisons syriennes depuis le début de la crise en mars 2011, soit en moyenne 300 décès par mois.

>> À lire sur France 24 : "Najim Laachraoui, geôlier en Syrie avant d’être kamikaze à Bruxelles"

Première publication : 19/08/2016

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