Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

L'ENTRETIEN

Israël : Tzipi Livni appelle à un gel de la colonisation

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

Rachat de Fox par Disney : la souris croque le renard pour 66 mds de dollars

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Russie : la performance de Vladimir Poutine scrutée dans les médias

En savoir plus

LE DÉBAT

Russie : Vladimir président, Poutine candidat

En savoir plus

POLITIQUE

Les Républicains : Les travaux d’Hercule de Laurent Wauquiez

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Kev Adams, dans la peau d’un snowboarder surdoué

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Essebsi : "Avec Jerusalem, les États-Unis ont réduit les chances d’une solution négociée"

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : la frontière irlandaise, casse-tête du Brexit

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

La réunion de l'OMC accouche de... rien

En savoir plus

Sports

L’organisation des JO : un coût ou un investissement ?

© Valery Hache, AFP | Paris, Los Angeles et Budapest sont les dernières villes en lice pour l'organisation des JO de 2024.

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 23/09/2016

Après Boston et Hambourg, Rome est sur le point de retirer sa candidature pour l’organisation des JO de 2024. Les JO sont-ils devenus une charge trop lourde à porter pour les municipalités ? Le point avec Armand de Rendinger, spécialiste des JO.

La nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi, a déclaré mercredi 21 septembre qu'il serait "irresponsable" de soutenir la candidature de sa ville pour les Jeux olympiques de 2024. "Nous n'hypothèquerons pas l'avenir de cette ville", a martelé l’élue, assurant que les Jeux étaient toujours "une sorte de rêve qui se transforme en cauchemar" pour les habitants. Une défection qui vient après celles de Hambourg et de Boston, qui, comme Rome, ont redouté le coût de l’événement. Seules restent en lice Paris, Los Angeles et Budapest, à charge du Comité international olympique (CIO) de départager ces villes en septembre 2017… si toutefois elles maintiennent leur candidature d'ici là.

À lire sur France 24 : "Paris dévoile son projet pour les JO-2024"

Les JO sont-ils devenus une charge trop lourde à porter pour les municipalités dans un contexte de crise économique ? Armand de Rendinger, consultant international dans le domaine du sport, observateur chevronné du mouvement olympique et auteur de " Jeux perdus : Paris 2012, pari gâché " (Fayard, 2006) et "La tentation olympique française" (France-Empire, 2014) estime que c’est une question d’arbitrage politique.

France 24 : Comment expliquer l’annonce de la maire de Rome ?

Armand de Rendinger : Tout d’abord, l’annonce de Virginia Raggi n’a rien de surprenant. Elle n’avait jamais soutenu la candidature de Rome aux JO et elle ne fait que mettre en œuvre ce qu’elle avait annoncé pendant sa campagne. Virginia Raggi n’a jamais considéré les Jeux Olympiques comme une priorité. Pour elle, l’organisation des jeux est une dépense, non un investissement. C'est-à-dire qu’elle considère que la charge financière des JO pèse trop sur le budget de la ville et détourne les capacités d’investissement de Rome pour d’autres postes qu’elle considère comme plus importants, comme des projets sociaux, culturels, etc…

Entre " coût " et " investissement ", comment se fait l’arbitrage ?

Considérer les JO comme un coût ou comme un investissement est un arbitrage politique. D’ailleurs la première chose qu’a faite Anne Hidalgo [la maire de Paris] en apprenant la décision de son homologue italienne a été d’appeler tous les candidats aux primaires de la présidentielle pour leur demander de ne pas lâcher Paris dans sa candidature pour 2024.

Si on considère l’organisation des JO comme une dépense, c’est fou d’y aller car on n’organise pas des jeux pour moins de 9 à 10 milliards d’euros, quoi qu’en disent les villes candidates qui sous-estiment toujours leur budget. Elles ne comptent par exemple jamais les coûts de la sécurité, pourtant colossaux. Seule Los Angeles a tenu son budget et s’est retrouvée bénéficiaire en 1984. On dit également que Sydney [en 2000] est resté à l’équilibre.

L’autre vision est de considérer l’organisation des jeux comme un investissement qui va améliorer l’image d’un pays, favoriser son attractivité internationale, accélérer des investissements type transports, infrastructures, créer de l’emploi…

Rome, Boston, Hambourg… Quelle est la conséquence de ces défections pour le CIO ?

Il y avait au départ huit villes majeures intéressées par l'organisation des jeux, cinq qui ont déposé leur candidature et elles sont maintenant seulement trois en course : Paris, Los Angeles et Budapest. Rome n’est en effet pas la première à renoncer : Hambourg et Boston ont également retiré leur candidature. Le maire de Boston, Marty Walsh, avait dit refuser de "signer une garantie qui utilise l'argent des contribuables pour payer pour les jeux". Quand à Hambourg, elle a renoncé à la suite d’une consultation populaire.

En 2015, il y avait déjà eu plusieurs défections pour l’organisation des JO d’hiver de 2022. Sur 9 candidatures au départ, seules deux sont restées jusqu’en finale : Almaty [au Kazakhstan] et Pékin qui a remporté les jeux et sera donc la seule ville à avoir organisé des jeux d’été et d’hiver. Les villes s’intéressent à l’olympisme mais y réfléchissent à deux fois avant de présenter leur candidature. Et on ne peut que les comprendre vu les dépenses qui ont été engagées à Sotchi [Jo d’hiver en 2014], et les gouffres financiers qu’ont représenté les JO pour Athènes [2004] et Rio [2016].

Le CIO est désormais dans un paradoxe : d’un côté il est obligé de dire aux villes candidates de réduire la voilure ; mais de l’autre, il ne veut pas organiser des jeux au rabais. D’un côté, il va insister pour réduire les coûts et se montrer rassurant vis-à-vis des villes candidates. Car que ferait-il s’il n’y avait plus de candidats, et on n’est pas à l’abri de cette possibilité. Mais de l’autre, il cherchera toujours à magnifier l’image de l’olympisme. Sa tâche consiste donc à savoir quelle ville aura les moyens d’investir mais surtout laquelle saura tenir son budget.

Paris a-t-elle justement les moyens de sa candidature aux JO de 2024 ?

La question qui se pose pour le CIO est de savoir si Paris est un atout majeur pour lui. Autrement dit : est-ce que le mouvement olympique sortira grandi et amélioré en lui attribuant les jeux alors que sa candidature a déjà été rejetée cinq fois.

>> À lire sur France 24 : "Candidature de Paris aux JO : gabegie financière ou poule aux œufs d’or ?"

Ceci dit, Paris a des qualités intrinsèques indéniables : elle sait organiser un événement et sait attribuer des budgets avec intelligence. Mais son problème est justement de ne pas faire l’arbitrage entre " coût " et " investissement ". Si la maire n’explique pas clairement à ses citoyens pourquoi on investit 6 à 10 milliards d’euros dans l’olympisme plutôt que dans la santé, l’Education, le développement des banlieues ou autre, elle n’aura ni le soutien populaire ni le soutien politique nécessaires. Et pour que le message passe, il faudrait qu’une nouvelle politique d’éducation sportive, allant du jardin d’enfants à la maison de retraite, soit mise en place. Il faudrait transformer notre pays de sportifs en une nation sportive.

 

 

Première publication : 22/09/2016

  • JEUX OLYMPIQUES 2024

    Candidature de Paris aux JO : gabegie financière ou poule aux œufs d’or ?

    En savoir plus

  • ITALIE

    JO-2024 : la maire de Rome refuse de soutenir la candidature de sa ville

    En savoir plus

  • JEUX OLYMPIQUES

    Hambourg se retire de la course à l'organisation des JO-2024

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)