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Afrique

La Cour constitutionnelle du Gabon valide la réélection du président Ali Bongo

© Samir Tounsi, AFP | Un dispositif policier et militaire très important était déployé dans le centre de la capitale en prévision de l'annonce des résultats.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 24/09/2016

La Cour constitutionnelle du Gabon a validé dans la nuit de vendredi à samedi la réélection du président Ali Bongo Ondimba, rejetant l'essentiel du recours de son rival Jean Ping. La population craint de nouvelles violences.

Fin du suspense au Gabon. Rejetant l'essentiel du recours de Jean Ping, la Cour consitutionnelle gabonaise a validé dans la nuit de vendredi à samedi 24 septembre la réélection du président Ali Bongo Ondimba.

La Cour, tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, a indiqué qu'Ali Bongo gardait une avance sur son rival, qui s'était proclamé élu après l'élection. Lors de l'audience à Libreville, dans une salle quasiment déserte, la Cour a indiqué que M. Bongo avait recueilli 50,66 % des suffrages contre 47,24 % à M. Ping. Sur France 24, samedi 24 septembre 2016, Séraphin Moundounga, ancien ministre de la Justice d'Ali Bongo réfugié en France, a qualifié d'"inique" la décision de la Cour constitutionnelle de valider la réélection d'Ali Bongo. "Le peuple gabonais et la communauté internationale doivent mener un ensemble d’actions pour faire entendre raison à ceux qui veulent prendre en otage la paix et la démocratie", a-t-il ajouté.

Validation de la réélection d’Ali Bongo : "une décision inique" pour Séraphin Moundounga, ex-ministre de la Justice

Dans une allocution télévisée Ali Bongo, 57 ans, élu une première fois en 2009 à la mort de son père, resté au pouvoir 41 ans, a déclaré : "J'appelle tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l'élection du 27 août, à un dialogue politique". Rangée derrière Jean Ping, ex-enfant chéri du régime de feu le président Omar Bongo, une partie des électeurs veut mettre un terme au règne de la même famille au pouvoir depuis 1967.

Jean Ping, ancien cacique du régime passé dans l'opposition, demandait notamment un recomptage des bulletins de vote dans la province du Haut-Ogooué.

Dans ce fief familial de la famille Bongo, le président sortant avait obtenu, selon les résultats de la commission électorale qui ont mis le feu aux poudres le 31 août, 95 % des voix pour 99 % de participation, lui garantissant au plan national une avance de quelque 5 000 voix sur Jean Ping, sur un peu plus de 325 000 électeurs.

Crainte de violences

Un dispositif policier et militaire très important était déployé dans le centre de la capitale, qui semblait calme et où aucun acte de violence n'était signalé samedi matin. Les accès au centre-ville étaient parsemés de barrages de police, de gendarmerie et de l'armée, alors que les accès au palais présidentiel, sur le front de mer étaient bloqués par la Garde républicaine (GR). Les rues de Libreville étaient toutefois quasiment vides selon un journaliste de l'AFP.

Signe de nervosité, des files d'attente s'étaient formées vendredi devant des banques et des guichets automatiques dans la matinée à Libreville.

Le 31 août, la proclamation de la réélection d'Ali Bongo avait provoqué des émeutes meurtrières et des pillages massifs à Libreville et dans plusieurs villes de province, traumatisant un pays plutôt habitué à la paix.

L'exécutif a mis en garde dès mercredi Jean Ping qu'il serait arrêté s'il franchissait "la ligne rouge" dans l'hypothèse où il n'obtiendrait pas gain de cause en justice.

Le Gabon, petit pays de l'Afrique de l'ouest équatoriale (1,8 million d'habitants) regorge de richesses naturelles (pétrole, bois, manganèse, mines...) mais plus d'un tiers de la population est très pauvre.

Avec AFP

Première publication : 24/09/2016

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