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FRANCE 24 EUROPE

L'UE renforce sa politique migratoire avec un nouveau corps de gardes-frontières

© Aris Messinis, AFP

Vidéo par FRANCE 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 06/10/2016

L'UE se dote d'un nouveau corps européen de gardes-frontières et gardes-côtes, qui remodèle l'agence Frontex. Ce dispositif est inauguré jeudi à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, important point d'entrée des migrants.

Mieux protéger les frontières de l'UE et muscler sa politique migratoire. Tel sont les buts que veut atteindre l'Union européenne, qui se dote jeudi 6 octobre d'un nouveau corps européen de gardes-frontières et gardes-côtes, un an après un afflux inédit de demandeurs d'asile à ses portes.

Les dirigeants européens ont symboliquement choisi d'inaugurer cette nouvelle force, qui remodèle l'agence Frontex, à la frontière entre Bulgarie et Turquie, principal point d'entrée terrestre des migrants lorsqu'ils contournent la périlleuse voie maritime via la Méditerranée.

Des effectifs etoffés

Ses effectifs permanents atteindront un millier de personnes, plus du double de ceux de Frontex, au terme d'une montée en puissance progressive. Il pourra faire appel rapidement à une réserve de 1 500 gardes-frontières ou gardes-côtes nationaux, ainsi qu'à des équipements techniques, que les États membres auront l'obligation de mettre à sa disposition à partir de décembre 2016.

La nouvelle agence pourra également acquérir son propre matériel, alors que Frontex devait systématiquement adresser des demandes de contributions aux États membres, souvent peu pressés d'y répondre.

"La nouvelle agence disposera de nouvelles missions."

Le droit d'intervenir en cas de crise

L'un des points les plus marquants du projet initial de la Commission européenne, en décembre 2015, était de pouvoir imposer une intervention de la nouvelle agence européenne dans un pays débordé, même si ce dernier se refusait à solliciter son aide.

Cette disposition a inquiété plusieurs pays, inquiet de voir leur souveraineté remise en cause. Dans le texte finalement adopté, ce n'est plus la Commission, mais le Conseil de l'UE (donc les États membres) qui prendrait, à la majorité qualifiée, la décision d'une intervention dans un pays ne demandant pas d'assistance.

Si le pays visé refuse, il n'est pas question d'y envoyer des gardes-frontières contre son gré, mais les autres pays, notamment ses voisins, pourraient être autorisés à réintroduire des contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen.

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"Un nouveau chapitre commence", tweete l'agence Frontex en référence au lancement du corps européen de gardes-frontières.

Un message d'unité

Avec plus de 850 000 arrivées par la mer en 2015, la Grèce avait connu des mois de détresse sur ses îles à quelques encablures de la Turquie, où des milliers de personnes fuyant les conflits et la misère au Moyen-Orient et en Asie débarquaient chaque jour.

Les pays de l'UE avaient alors semblé incapables d'apporter une réponse rapide et coordonnée à cette crise inédite.

Le nouveau corps "sera capable d'identifier les points faibles, de les corriger à l'avance et pas lorsqu'il est trop tard", a promis en juin le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Les Vingt-Huit y voient aussi l'occasion d'un message d'unité sur la politique migratoire qui a creusé les divisions entre États membres, dressant notamment plusieurs pays d'Europe orientale et d'Europe centrale contre l'Allemagne, taxée de politique de la "porte ouverte".

Avec AFP

 

Première publication : 06/10/2016

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