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Economie

Facebook, Twitter et Instagram ont permis à la police américaine d’espionner des activistes

© Brendan Smialowski, AFP | La police de Baltimore après l'acquittement de l'officier qui a tué Freddie Grey, entraînant une dizaine de jours de violence dans la ville en 2015.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 13/10/2016

Une société, disposant d’un accès privilégiés aux données de Facebook, Twitter et Instagram, les a mises à disposition de la police aux États-Unis pour surveiller des manifestants et des militants, essentiellement issus de minorités ethniques.

Twitter, Instagram et Facebook, telles ont été les armes 2.0 de la police américaine pour espionner et traquer virtuellement les manifestants et activistes des manifestations contre les violences policières de Ferguson en 2014 jusqu’à celles de Baltimore en 2015.

"Il y a un décalage entre les déclarations en faveur de la protection de la vie privée des responsables de ces réseaux sociaux et les données auxquelles ils donnent accès”, a déclaré la puissante association américaine de défense des libertés individuelles American Civil Liberties Union (ACLU) qui a découvert le pot aux roses et publié un rapport, mardi 11 octobre, sur ces liaisons sulfureuses.

À la décharge de Twitter, Instagram et Facebook : ils n’ont pas directement remis les informations entre les mains des policiers. Les forces de l’ordre américaines ont acheté un service de surveillance à Geofeedia, une entreprise qui dispose d’un accès privilégié aux données de ces réseaux sociaux.

Le cas Baltimore

Environ 500 unités de police aux États-Unis ont ainsi pu déterminer les allées et venues en temps réel des éventuels fauteurs de troubles, des simples manifestants ou des militants de la cause afro-américaine, grâce aux informations de géolocalisation des photos postés sur Instagram, des posts sur Facebook ou des messages sur Twitter.

Geofeedia se vantait auprès de ses clients d’avoir des accords commerciaux avec ces géants du Web pour collecter les données des photos publiées sur Instagram, des flux publics sur Facebook et Twitter. Il était ensuite possible de surveiller le flot des discussions en fonction de hashtags ou de la localité, et les utilisateurs pouvaient recevoir des alertes par SMS ou email concernant l’activité et les mouvements d’internautes mis ainsi sous surveillance électronique. Une véritable mine d’informations pour les services de police en temps de tension sociale.

La société a même décrit, dans une "étude de cas" obtenu par l’ACLU, sur la manière dont elle a aidé la police de Baltimore à garder un œil électronique constant sur les manifestants qui se sont opposés aux autorités suite à la mort de Freddie Gray, tué par un policier en avril 2015. "Lorsque les émeutiers ont commencé à s’en prendre aux voitures de police, nous avons pu alerter les autorités précisément sur les lieux les plus tendus grâce aux photos postées sur Instagram, ce qui a permis aux forces de l’ordre de se déplacer en plus grand nombre pour protéger leurs collègues", affirme les responsables de Geofeedia.

Responsables mais pas coupables ?

L’ACLU a pu constater, en étudiant les échanges entre Geofeedia et 63 services de police, que cet immense outil de surveillance a été utilisé non seulement à Baltimore ou Ferguson, mais aussi à Denver, Oakland, Seattle. La plupart du temps, la police semble s’intéresser en priorité aux militants du mouvement "Black lives matter" et surveille essentiellement les zones où résident les minorités.

Si Twitter, Facebook (qui détient aussi Instagram) ne sont pas coupables, l’ACLU estime néanmoins qu’ils sont responsables. L’association déplore qu’avant de donner ainsi accès à leurs données, ces multinationales ne se soient pas beaucoup renseignées sur Geofeedia qui n’a pourtant jamais caché sa collaboration avec les services de police.

Après ces révélations, les trois réseaux sociaux ont coupé l’accès aux données accordées à Geofeedia. “C’est une bonne résolution, mais ces groupes doivent renforcer leur contrôle à l’avenir”, a assuré l’ACLU. Geofeedia n’est, en effet, pas le seul acteur sur ce secteur de la surveillance par réseau social interposé.

Première publication : 12/10/2016

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