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EUROPE

Ukraine : retour sur un conflit qui n’en finit plus de s’enliser

© Sergei Supinsky, AFP | Activiste pro-occidental qui manifeste sur la place Maidan, à Kiev, le 24 janvier 2014.

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 20/10/2016

Les dirigeants russe, allemand, français et ukrainien se sont retrouvés à Berlin, le 19 octobre, pour le premier sommet depuis un an sur l’Ukraine, toujours en crise malgré les accords de paix de Minsk. Retour sur un conflit qui s’enlise.

Le premier sommet avec Vladimir Poutine depuis un an sur l'Ukraine a eu lieu, mercredi 19 octobre, à Berlin. Ces difficiles pourparlers entre le président russe, son homologue ukrainien Petro Porochenko, sous les auspices de l'Allemagne et de la France, visaient à relancer les derniers accords de paix signés à Minsk, en février 2015, dans l'impasse depuis des mois.

Mais Poutine et Porochenko s'y sont rendus sans grandes convictions, s'accusant mutuellement  de faire capoter les accords existants. Cela ne présageait rien de bon pour le sommet qui, après cinq heures de pourparlers, n’a abouti à aucune avancée concrète. Selon le chef de l'État ukrainien, une nouvelle feuille de route doit être rédigée "d'ici fin novembre" et a pour ambition "la mise en œuvre de tous les accords de Minsk". Des accords de cessez-le-feu restés à ce jour lettre morte. Retour sur un conflit qui dure depuis déjà trois ans.

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>> Novembre 2013
: Le 21, le président Viktor Ianoukovitch, proche de Vladimir Poutine, abandonne l’accord d’association avec l’Union européenne et cherche une coopération plus étroite avec la Russie. Cette décision, insupportable pour ceux qui, en Ukraine, sont tournés vers l’ouest, déclenche des manifestations à Kiev.

>> Décembre 2013 : Les protestations gonflent sur la place Maïdan, à Kiev, et 800 000 personnes se rassemblent dans la capitale ukrainienne. Juste avant Noël, Vladimir Poutine lance une bouée de sauvetage économique à l’Ukraine. La Russie rachète pour 11 milliards d’euros la dette souveraine ukrainienne et réduit d’un tiers le prix du gaz qu’elle lui vend.

>> Février 2014 : Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre deviennent meurtriers et l’Ukraine connaît son mois de violences le plus sanglant : près de 90 personnes sont tuées à Kiev, selon les autorités.

Face à l’embrasement du pays, plusieurs partenaires occidentaux se rendent sur place et négocient une élection présidentielle anticipée. Mais le 22 février, Viktor Ianoukovitch est destitué par le Parlement et quitte Kiev. Un gouvernement intérimaire se met en place. Vladimir Poutine dénonce un coup d’État et déclare : "La Russie se réserve le droit de recourir à toutes les options disponibles, y compris la force en dernier ressort".


>> Mars 2014 :
Des heurts surviennent entre militants pro et anti-russes à Simferopol, capitale de la Crimée. Avec sa base navale à Sébastopol et ses deux aéroports militaires à Kacha et Simferopol, la péninsule qui avance sur la mer Noire est un territoire stratégique pour la Russie, qui y déploie ses troupes.

Majoritairement russophone, la Crimée n’est ukrainienne que depuis 60 ans. Le 16 mars, elle vote massivement en faveur de son rattachement à la Russie lors d’un référendum qualifié d’“illégal” par les États-Unis et l’Union européenne. Deux jours après, Vladimir Poutine signe le projet de loi rattachant la Crimée à la Russie et Moscou reprend le contrôle des bases militaires ukrainiennes. En réponse, le Canada, les États-Unis et l’Union européenne durcissent le ton et interdisent leurs territoires à des responsables politiques russes et à leurs homologues de Crimée.

>> Mai 2014 : En Ukraine, en revanche, le sort de la Crimée fait des émules chez les séparatistes et l'insurrection pro-russe se propage dans les régions de l'est de l'Ukraine. Le 11 mai, les séparatistes autoproclament l’indépendance des régions de Louhansk et de Donetsk à la suite d'un référendum jugé, là encore, illégal par Kiev.


>> Mai 2014 :
Le 25 mai, l’Ukraine élit son nouveau président, le pro-occidental Petro Porochenko, qui doit enfiler le costume de chef de guerre rapidement afin d’éviter que l’est du pays ne connaisse le même sort que la Crimée. Tandis que des batailles meurtrières ont lieu à Sloviansk et Donetsk, l’armée russe se déploie aux frontières de l’Ukraine : en Transnistrie, au Bélarus, à la frontière russe et en Crimée. L’armée ukrainienne, elle, se redéploie à l’intérieur du pays, vers l’Est et la Crimée.

>> Juillet 2014 :
Le 17, un avion de ligne de la Malaysia Airlines (MH17), assurant la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur, est abattu par un missile, alors qu’il survole l’est de l’Ukraine : 298 personnes périssent dans le crash. L’Occident accuse les rebelles pro-russes, qui nient toute implication. Une nouvelle série de sanctions est mise en place contre la Russie par les Occidentaux qui, en parallèle, redoublent d’effort pour favoriser le dialogue entre Porochenko et Poutine.

>> Septembre 2014 : L’Ukraine et les rebelles pro-russes signent une trêve à Minsk, au Bélarus, le 5 septembre. Mais le cessez-le-feu n’est pas respecté et les affrontements se poursuivent sur le terrain.

>> Février 2015 : Les pourparlers de paix reprennent. Un plan “de la dernière chance”, défendu par François Hollande et Angela Merkel, est présenté et les différentes parties acceptent une feuille de route pour régler le conflit : "l'Accord de Minsk 2". Mais cette fois encore, le cessez-le-feu ne tient pas ses promesses. Le conflit est certes de basse intensité mais reste meurtrier.

>> Octobre 2016 : le 19, Vladimir Poutine, Angela Merkel, François Hollande et Petro Porochenko se retrouvent, mais à Berlin cette fois, pour un nouveau sommet. Mais les pourparlers n’aboutissent, une fois de plus, à aucune avancée concrète.

Depuis le début du conflit, les civils sont en première ligne et les villes de l’est de l’Ukraine se sont vidées de leurs habitants. Selon l’ONU, la guerre avait fait, en mars 2016, au moins 9 160 morts et 21 000 blessés (ces chiffres incluent les civils, les forces armées ukrainiennes et les membres des groupes armés).

En 2015, selon le dernier bilan du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), au moins 1,6 million d’Ukrainiens avaient dû quitter leur foyer. Parmi eux, 980 000 sont restés en Ukraine tandis que 600 000 autres ont demandé l’asile dans les pays voisins. Principales destinations : Russie, Bélarus, Moldavie, Pologne, Hongrie et Roumanie.

Première publication : 20/10/2016

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