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Economie

Ceta : le Belge Paul Magnette, nouveau patron du “non” à l’accord de libre-échange avec le Canada

© Laurie Dieffembacq, AFP | Paul Magnette, le ministre président de Wallonie, est sous l'intense lumière médiatique ces derniers jours

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 26/10/2016

Le Belge Paul Magnette, ministre-président de Wallonie, est devenu la star du combat contre le Ceta, le traité économique entre l’Union européenne et le Canada. Itinéraire d’un europhile qui ne s'était pas destiné à la politique.

Paul Magnette superstar. Le nom du ministre-président de la région belge de Wallonie est sur toutes les lèvres. En quelques jours, il est devenu la nouvelle idole des foules d’internautes anonymes opposés au Ceta (Comprehensive Economic and Trade Agreement), le traité controversé de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada.

L’intellectuelle canadienne Naomi Klein l’a félicité sur Twitter d’avoir soutenu le refus du Parlement wallon de ratifier l’accord Ceta lundi 24 octobre, bloquant de facto sa signature. La journaliste chroniqueuse du Figaro Natacha Polony, elle, voit encore plus grand pour le social-démocrate, titrant sa chronique : "Paul Magnette président !". De quoi ? Du monde peut-être.

Cet homme de 45 ans est ainsi passé d’un relatif anonymat à une renommée médiatique mondiale en un temps record. La vidéo de son discours où il défend devant le Parlement wallon le 16 octobre la démocratie à la Wallonne et son refus de ratifier l’accord Ceta fait le tour du Web, et sa viralité n’a rien à envier à la première vidéo de “lolcat” venue.

Solide réputation académique

Pour autant, tout le monde ne met pas Paul Magnette sur un piédestal. Il est aussi vu comme le fossoyeur d’un accord économique qui, malgré les controverses, conserve des partisans, et comme l’un des principaux responsables d’une perte d’influence de l’Europe. Après le Brexit, l’épisode Wallon donne l’impression d’une Europe politiquement plus éclatée et instable que jamais.

Un dommage collatéral qui ne doit pas être du goût de Paul Magnette, europhile convaincu et grand spécialiste de la construction européenne. Avant d’embrasser une carrière politique, ce père de quatre enfants s’est fait une solide réputation académique en tant que spécialiste des questions de politique européenne.

Il y a consacré sa thèse, puis s’est tourné vers la recherche et l’enseignement. Il a exercé comme professeur de sciences politiques à Sciences Po Paris et Cambridge (Royaume-Uni) notamment, et sa large bibliographie couvre tous les aspects ou presque de l’Europe, d’une analyse des différents traités à une réflexion sur la citoyenneté européenne ou encore les élites.

Charleroi, mon amour

Rien ne prédisposait cette sommité universitaire à une carrière politique, si ce n’est son attachement pour sa ville natale, Charleroi. En 2007, le patron du Parti socialiste belge d’alors, Elio Di Rupo, joue cette carte pour convaincre Paul Magnette de nettoyer les "écuries" de Charleroi, ville entachée d’une réputation de corruption. L’ancien professeur mène sa mission à bien en obtenant plusieurs démissions et connaît alors une ascension politique rapide.

Il est directement nommé ministre wallon de la Santé puis, toujours en 2007, il intègre même le gouvernement fédéral en tant que ministre de l’Environnement. Il retourne ensuite sur ses terres pour devenir maire de Charleroi en 2012, et prend la présidence du PS belge un an plus tard. Enfin, il accède, le 22 juillet 2014, au poste de ministre-président de la Wallonie.

Une carrière fulgurante qu’il met, dès 2015, au service de la lutte contre l’accord Ceta. Il affirme n’avoir reçu que “1 600 pages de texte” du traité cette même année (alors que les négociations entre l'UE et le Canada ont commencé en 2009) et avoir tiré la sonnette d’alarme dès qu’il les a lues. Il soutient qu’il manquait des documents, qu’il n’aurait reçu qu’en octobre 2016 avec l’obligation de donner son accord dans la foulée. Une méthode qui lui semble peu démocratique et explique en grande partie son refus de ratifier le texte.

D’autres soulignent que le “non” de Paul Magnette n’est pas exempt d’arrière-pensées politiciennes, expliquent Les Échos. Le parti socialiste belge voit avec inquiétude la progression du parti belge des travailleurs et compte bien gagner des points sur la gauche de la gauche en se présentant comme le héraut de la lutte contre le traité de libre-échange avec le Canada.

Première publication : 25/10/2016

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