Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

kenya : Kenyatta et Odinga appellent au calme a 6 jours du scrutin

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

"Où est Santiago Maldonado ?"

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Chine : Xi Jinping, nouveau Mao ?

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Harcèlement sexuel, la parole se libère sur la toile.

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Bafel Talabani : le référendum au Kurdistan était une "erreur colossale"

En savoir plus

TECH 24

Holo-Math : ils vont vous faire aimer les mathématiques

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

"Flat tax" : révolution fiscale ou cadeau au riches ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Macronisme : la théorie des "premiers de cordée"

En savoir plus

FOCUS

Au Japon, l'impact social mitigé des "Abenomics"

En savoir plus

FRANCE 24 Culture

Israël : le déplacement du théâtre national en Cisjordanie provoque l'ire des intellectuels

© Leon Neal, AFP (Archives) | La compagnie Habima lors d'une représentation du "Marchand de Venise" de Shakespeare, le 28 mai 2012, au Globe Theater de Londres.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/11/2016

Encouragée par le gouvernement israélien, la compagnie de théâtre national se produira fin novembre dans une colonie réputée extrémiste de la Cisjordanie occupée. Une décision qui a provoqué l'ire de nombreux intellectuels.

C’est une première culturelle, qui est loin de faire l’unanimité. Fin novembre, la compagnie Habima, équivalent israélien de la Comédie française, doit se produire à Kiryat Arba, une colonie de Cisjordanie occupée. Si cette décision a été bien accueillie par le gouvernement, une grande partie du monde de la culture ne décolère pas de voir qu'un théâtre national puisse se rendre dans un territoire que la communauté internationale ne reconnaît pas comme étant israélien.

Basée à Tel Aviv, Habima s'est certes déjà produite dans des colonies mais Kyriat Arba, qui jouxte la ville d’Hébron, a une réputation particulière. C'est notamment là que vivait l’extrémiste juif Baruch Goldstein, qui a massacré 29 fidèles musulmans en 1994. "Quand Habima […] choisit de se présenter dans une ville qui symbolise plus que toute autre la violence et le racisme de l’entreprise coloniale, elle franchit un cap d’une importance majeure", s’est ainsi insurgé sur Facebook, Haim Weiss, professeur de littérature à l’université Ben-Gourion.

Ironie du sort, la pièce que la compagnie nationale doit jouer à Kyriat Arba s'appelle "Une histoire toute simple", œuvre du prix Nobel de littérature Samuel Joseph Agnon.

"Nous allons partout où l’on nous réclame"

La ministre de la Culture, Miri Regev, ancienne militaire et membre du parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahou, s’est quant à elle réjouie de voir une scène nationale se produire dans les colonies. "Voilà comment un théâtre national doit se comporter", a-t-elle écrit sur Twitter la semaine dernière. Et d’ajouter plus tard, comme le rapporte le journal britannique The Guardian : "La décision de jouer pour la première fois à Hébron illustre la position centrale du théâtre national en tant que pionnier dans le traitement égalitaire de tous les citoyens dans leur droit à la culture. J’encourage Habima dans sa ferme position face à la vague de critiques venues de la gauche et je suis désolée de voir certains sur notre terre agir comme les plus vils des intimidateurs BDS [campagne internationale de boycott à l’encontre d’Israël]".

"Nous allons partout où l’on nous réclame", a affirmé sur la radio publique israélienne la directrice générale d’Habima, Odelia Friedman, pour qui les colons ont le même droit à la culture subventionnée que n’importe quel autre citoyen israélien.

"Nous renforçons la souffrance d'autres personnes"

Des propos jugés fallacieux par l'acteur et réalisateur Oded Kotler. "Lorsque nous disons ‘la nation, Israël ou national’, cela n'inclut pas les Territoires occupés, a-t-il rappelé à la radio publique. En menant une activité prétendument  purement culturelle dans ces lieux, nous renforçons la souffrance d'autres personnes, qui se poursuit depuis des années et des années et nous empêche en fait de faire la paix."

Depuis sa prise de fonctions en 2015, la ministre de la Culture a engagé un véritable bras de fer avec le monde culturel israélien. D'un côté, elle encourage les artistes israéliens à se déplacer dans les colonies mais s'attaque régulièrement aux œuvres critiquant l'État hébreu et ses politiques. Il y a un an, Miri Regev avait ainsi menacé de couper les subventions d'un théâtre de Jaffa, dont le directeur refusait de produire l’un de ses spectacles dans une colonie israélienne de Cisjordanie.

Plus de 400 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, ce que la communauté internationale considère comme l'un des principaux obstacles à la paix.

Avec AFP

 

Première publication : 01/11/2016

  • PATRIMOINE DE L'HUMANITÉ

    Résolution sur Jérusalem : l'Unesco persiste et signe, Israël rappelle son ambassadeur

    En savoir plus

  • PATRIMOINE

    L'Unesco adopte formellement une résolution controversée sur la vieille ville de Jérusalem

    En savoir plus

  • PATRIMOINE

    Israël rompt ses liens avec l’Unesco après un vote sur les lieux saints de Jérusalem

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)