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Afrique

Le Nigeria face à la plus grave crise humanitaire du continent africain

© Stefan Heunis / AFP | Le 15 septembre, des réfugiés d'un camp de Maiduguri attendent leur tour pour être pris en charge dans une tente de l'Unicef.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 02/11/2016

La situation humanitaire au Nigeria est la plus grave du continent africain. Dans le nord-est du pays, dévasté par Boko Haram, trois millions de personnes sont menacées par la famine, 50 000 enfants sont en train de mourir de faim.

Coupé du monde et ravagé par les actions terroristes de Boko Haram, le nord-est du Nigéria est englué dans l'une des pires crises humanitaires au monde, "la plus grave en Afrique" selon l’ONU. La situation est telle que certains la compare déjà à la famine qui avait sévi pendant la guerre du Biafra (1967-1970), région du sud du Nigéria, lors de laquelle plus d’un million de personnes étaient mortes de faim. "La dernière fois où nous avons été confrontés à des cas aussi graves, c'était pendant la guerre civile", assure ainsi le docteur Bamidele Omotola, nutritionniste à l'Unicef, qui met en avant des chiffres "très, très, très au-dessus des seuils d'urgence". C’est dans l’État du Borno, berceau du groupe islamiste armé, que la situation est la plus critique : quelque trois millions de personnes souffrent de la faim, dont 250 000 enfants. Selon l'Unicef, 50 000 d’entre eux mourront s’ils ne sont pas pris en charge rapidement.

"L'urgence absolue : la nourriture"

"L’urgence absolue, c’est la nourriture. L’aide apportée jusqu’ici est totalement insuffisante et elle n’a pas été coordonnée", constate la coordinatrice d'urgence de Médecins sans frontières (MSF), Natalie Roberts, qui rentre d'une longue mission dans cet État où les rares routes ouvertes par l'armée nigériane ne sont praticables que sous escorte militaire. "Ce qui nous inquiète aussi beaucoup, c’est que le gouvernement encourage les réfugiés  à rentrer chez eux [ils sont 1,5 million dans la seule ville de Maiduguri, capitale du Borno, NDLR]. Mais c’est beaucoup trop dangereux, la situation n’est pas du tout stabilisée. Nous aurons encore plus de difficultés à leur venir en aide", explique l'humanitaire. Avec son équipe, elle est parvenue à se rendre dans quelques villages très difficilement accessibles où la situation est catastrophique. "Dans les camps improvisés où nous nous sommes rendus, nous avons vu très peu d'enfants de moins de cinq ans. Ces enfants sont les plus vulnérables et ce sont eux qui sont les premières victimes. Leur taux de mortalité est extrêmement fort".

Dans la ville de Ngala où 80 000 personnes déplacées vivent dans un camp coupé du monde extérieur, le manque de nourriture et de soins médicaux est total. Un dépistage rapide de la malnutrition chez 2 000 enfants âgés de moins de cinq ans a montré qu’un enfant sur dix souffrait de malnutrition aigüe sévère, une maladie mortelle. Les déplacés expliquent vivre avec moins d’un demi-litre d’eau par personne et par jour. Les humanitaires ne peuvent que constater les besoins grandissants de la population et leur incapacité à y  subvenir tant les difficultés d'approvisionnement sont grandes. "Les besoins sont actuellement plus élevés que la capacité de la réponse et nous devons nous assurer que nous avons à la fois l'accès et les ressources pour intensifier notre soutien humanitaire dans les mois à venir", résume le coordonnateur humanitaire par intérim des Nations unies au Nigéria, Peter Lundberg.

 

Pillages et contamination de l'eau

Boko Haram, qui a prêté allégeance au groupe État islamique, est tenu responsable de la mort de plus de 20 000 personnes au Nigéria. Les villageois subissent chaque jour ses assauts et n'arrivent plus à faire face aux pillages incessants de leurs récoltes. Les terres ont été détruites ou parsemées de mines anti-personnel, les points d'eau contaminée et les pénuries ont fait augmenter les prix sur les étals des marchés. En 2014, le groupe islamiste armé a proclamé le nord du Nigéria "califat" et enlevé 200 adolescentes. Vingt-et-une d'entre elles ont été libérées mi-octobre.
 

Avec AFP

Première publication : 02/11/2016

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