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Derrière la chute de la présidente sud-coréenne, sa vieille amie Choi Soon-sil

© Jung Yeon-je, AFP | Les manifestants sud-coréens dépeignent la présidente comme la marionette de son amie Choi Soon-sil.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 09/12/2016

La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, a été destituée suite à un gigantesque scandale de corruption. Au cœur de l'affaire : l'ingérence d'une amie dans les affaires de l'État.

Finalement, Park Geun-hye a été destituée. Elle a été emportée par un vaste scandale de corruption. Une affaire qui ébranle le pays et qui remonte à une quarantaine d’années, lorsque Park Geun-hye a croisé pour la première fois le chemin de Choi Soon-sil, celle qui deviendra sa meilleure amie, sa confidente, sa conseillère et l’instrument de sa chute.

“Maître arnaqueuse”

L’amie de quarante ans de l’actuelle présidente a été placée en détention fin octobre. Elle est accusée d’avoir extorqué environ 60 millions de dollars à des conglomérats sud-coréens pour alimenter des comptes off-shore en faisant jouer sa proximité avec la dirigeante du pays.

L’arrestation de Choi Soon-sil n’a pourtant pas calmée l'ire de la population. Comme l’explique le magazine sud-coréen Korea Exposé, les Sud-Coréens sont habitués aux soupçons de corruption qui pèsent sur l’élite politico-économique. Mais l’influence que la confidente semble avoir eu sur son “amie” et, par conséquent, les affaires de l’État a davantage choqué.

Choi Soon-sil a multiplié les casquettes en se présentant comme l’héritière d’une tradition chamanique en Corée du Sud qui a accompagné le réveil spirituel de Park Geun-hye, comme une confidente toujours présente en cas de coup dur ou encore comme une simple amie de la famille qui connaissait la présidente comme personne. Mais le flot quasi ininterrompu de révélations sur cette femme de 60 ans dresse surtout le portrait d’une “maître arnaqueuse” qui a accompagné l’ascension politique de sa “victime”, attendant patiemment de pouvoir récolter les fruits de cette relation, assure un éditorial du Korean Times.

Une image a particulièrement frappé les Sud-Coréens : celle de la chaussure que Choi Soon-sil avait perdue en se précipitant à l’intérieur du bureau du procureur, fin octobre, pour échapper à la foule. Le soulier n’était pas de vair, mais de la marque Prada. Le cliché est devenu le symbole d’une femme qui, de la tête au pied, profitait de sa proximité avec la présidente.

Tel père, telle fille ?

La goutte qui a fait déborder le vase provient d’une tablette lui appartenant, trouvée par la chaîne sud-coréenne JTBC. Elle contenait des dizaines de discours que Park Geun-hye avait fait parvenir pour relecture à son “amie” avant de les prononcer. Ces documents étaient accompagnés de corrections et remarques en rouge, suggérant que Choi Soon-sil se mêlait aussi des affaires de l’État. De profiteuse, la prétendue chamane s’est muée en marionnettiste de l’ombre. “L’enfer s’est alors déchaînée dans le pays”, note le site Korea Exposé.

Les langues ont commencé à se délier dans l’entourage du pouvoir. Les uns assurant que Choi Soon-sil avait le dernier mot pour la nomination de secrétaires d’État, d’autres que “l’équipe de conseillers” de la sexagénaire pouvaient interrompre n’importe quelle réunion politique pour donner, et souvent imposer, son avis.

Les Sud-Coréens ont alors eu l’impression de revivre la très controversée relation entre le père de Park Geun-hye, le dictateur Park Chung-hee (au pouvoir de 1961 à 1979) et celui de Choi Soon-sil, Choi Tae-min. Ce dernier, un ancien policier, avait réussi à s’immiscer dans l’entourage de l’ancien dictateur en se présentant comme le fondateur d’une secte religieuse, l’Église de la vie éternelle. Il était rapidement devenu l’un des plus influents conseillers du dirigeant et avait gagné le sobriquet de “Raspoutine coréen”.

Peu après avoir assassiné Park Chung-hee, le chef des services secrets avait notamment justifié son acte par l’incapacité du dictateur à se défaire de l’influence de Choi Tae-min. Mais ce dernier n’était pas seulement le conseiller de l’ombre du dictateur, il a aussi pris en charge l’éducation spirituelle de la jeune Park Geun-hye. En 2007, un câble diplomatique de l’ambassadeur américain à Séoul, publié par WikiLeaks, indiquait que “selon la rumeur, le défunt pasteur a eu un contrôle complet du corps et de l’âme de Mme Park”. Choi Soon-sil a donc parfaitement marché dans les traces de son père.

Première publication : 29/11/2016

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