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REPORTERS

Un reportage long format tourné par nos reporters ou nos correspondants aux quatre coins du monde. Le samedi à 22h10. Et dès le vendredi, en avant-première sur internet!

Dernière modification : 02/12/2016

Vidéo : en Ouzbékistan, dans les coulisses d'une dictature

© Travaux forcés dans les champs de coton. Les villageois doivent ramasser au moins 70 kg de coton par jour / capture d'écran France 24.

Dimanche 4 décembre, les Ouzbèques sont appelés aux urnes pour la présidentielle. Ce scrutin passe inaperçu à l’étranger, car le successeur du président défunt, Islam Karimov, resté plus d’un quart de siècle au pouvoir, est déjà tout désigné, mais surtout, les autorités refusent d’accorder des visas aux journalistes étrangers. Notre reporter Elena Volochine s’est rendue dans ce pays d’Asie centrale, l’un des plus fermés au monde, et a réussi à y tourner discrètement un reportage édifiant.

Cela fait 25 ans que les Ouzbeks n'ont pas connu une élection présidentielle sans Islam Karimov. Le "père de la nation", qui a régné d’une main de fer sur le pays depuis son indépendance en 1991 de l’Union soviétique, s’est éteint à la fin du mois d'août, à l’âge de 78 ans. Mais son décès n’a été officiellement annoncé que le 2 septembre, quelques jours plus tard... Le temps de préparer sa succession.

Car l'Ouzbékistan, malgré sa croissance économique fulgurante et son fort potentiel touristique, reste l'un des régimes les plus fermés de la planète. Avec la Corée du Nord, cette république d’Asie centrale est aujourd'hui le seul pays au monde à délivrer un visa de sortie à ses citoyens souhaitant se rendre à l'étranger... De même, les journalistes ne sont pas les bienvenus. Les autorités ne délivrent que très rarement des visas presse, même en période électorale. Et s'ils parviennent à obtenir une accréditation, les reporters étrangers font l'objet d'une surveillance systématique...

Pour venir visiter ce pays touristique, les étrangers, en revanche, ne rencontrent aucune difficulté. Chaque année, deux millions de touristes viennent admirer les merveilleuses cités de Tachkent, Boukhara ou encore Samarcande, sur la Route de la soie. Et le gouvernement fait tout pour accroître leur nombre.

De son vivant, Islam Karimov a tout fait pour donner une image attractive de son pays. Gros exportateur d'or, d'uranium ou encore de coton, l’or blanc du pays, l’Ouzbékistan continue de se développer, tout en bénéficiant des fonds de la Banque mondiale, qui vient de tripler ses aides à 3 milliards de dollars pour la période 2016-2020. Mais pour maintenir cette image lisse aux yeux de la communauté internationale, le régime exerce un contrôle quasi absolu sur les médias et sur la société civile.

Dans ce royaume de la censure et du culte de la personnalité, les voix discordantes ne sont pas tolérées. La plupart des opposants politiques et des défenseurs des droits de l'homme sont envoyés en prison ou contraints de s’exiler. La délation est encouragée par la propagande d'État et la peur incite la population à dénoncer ceux qui risquent de tomber en disgrâce auprès des autorités, y compris les journalistes. Les services de sécurité ouzbeks, sur lesquels Islam Karimov s'est appuyé durant ses quatre mandats, ont la réputation de pratiquer largement la torture.

Faute d’accréditation, notre reporter est entrée en Ouzbékistan avec un visa touristique et a tourné son reportage en toute discrétion. Elle nous livre ici un document aussi rare qu’édifiant. Pour des raisons de sécurité, la plupart des visages ont été floutés.

Par Elena VOLOCHINE

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