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EUROPE

La Russie se réserve "le droit de riposter" aux sanctions américaines, selon Poutine

© Brendan Smialowski, AFP | Barack Obama face à Vladimir Poutine, le 20 novembre 2016 à Lima.

Vidéo par Florence GAILLARD

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/12/2016

Le Kremlin veut répliquer par des mesures de rétorsion "adéquates" aux sanctions annoncées par Barack Obama, après des accusations d'ingérence dans l'élection américaine. Vladimir Poutine n’envisage toutefois pas d’expulser des diplomates américains.

Au lendemain de l’annonce par le président Barack Obama de l’expulsion de 35 agents russes, après les accusations d’ingérences de la Russie dans la présidentielle américaine, les spéculations vont bon train pour savoir de quelle manière le Kremlin va répliquer à ces mesures.

Vendredi matin, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d'une intervention télévisée, a annoncé dans un premier temps qu’il envisageait aussi de faire expulser des diplomates américains. "Le ministère des Affaires étrangères (...) a proposé au président russe de déclarer persona non grata 31 diplomates de l'ambassade des États-Unis à Moscou et quatre diplomates du Consulat général américain à Saint-Pétersbourg", a-t-il indiqué.

La déclaration de Sergueï Lavrov

Mais le président Vladimir Poutine a finalement répondu que la Russie n’allait "expulser personne" en réponse aux sanctions américaines. Elena Volochine, correspondante de France 24 à Moscou, avance que Vladimir Poutine a sans doute à coeur de "ménager ses relations futures et très proches avec Donald Trump", le président élu des États-Unis qui entrera en fonction le 20 janvier.

"Vladimir Poutine veut très certainement ménager ses relations futures et très proches avec Donald Trump"

La Russie se réserve toutefois "le droit de prendre des mesures de rétorsion", et "restaurera les relations russo-américaines au vu de ce que sera la politique du président américain élu Donald Trump", a précisé Vladimir Poutine.

"Principe de réciprocité"

Quelques heures plus tôt, le Kremlin avait déjà promis des mesures de rétorsion par la voix de son porte-parole, Dmitri Peskov. "Nous ne sommes pas d'accord catégoriquement avec des affirmations et des accusations infondées à l'égard de la partie russe", a-t-il ainsi assuré, cité par l'agence de presse publique Ria-Novosti.

Selon lui, cette décision de Washington "poursuit deux objectifs : détruire définitivement les relations russo-américaines qui ont déjà atteint le fond (...) et porter un coup dur aux projets dans le domaine de la politique étrangère de l'administration du président élu" Donald Trump.

"Nous regrettons que cette décision ait été prise par l'administration américaine et le président Obama en personne", a encore déclaré Dmitri Peskov, en dénonçant une politique extérieure "imprévisible et même agressive" de Washington. Il a ajouté que la Russie réagirait "sans doute de manière adéquate se basant sur les principes de réciprocité".

L'ambassade russe aux Etats-Unis annonce sur Twitter que Moscou va répliquer.

>> À lire sur France 24 : Piratage russe de la présidentielle américaine : "Obama a en réalité peu d’options"

"Des mesures avant tout symboliques"

Quelle sortes de sanctions pourraient finalement être annoncées ? Selon Elena Volochine, la correspondante de France 24, "la Russie devrait adopter des mesures avant tout symboliques, sans effet durable". Pour la journaliste, il faut surtout "tenir compte du fait que la Russie dit espérer une normalisation des relations avec les États-Unis après la passation de pouvoir à Donald Trump".

Des responsables américains ont affirmé avoir eu connaissance d’informations selon lesquelles les autorités russes auraient également ordonné la fermeture de l’école anglo-américaine de Moscou, mais sans que cela soit confirmé pour l’instant. "Ce ne serait pas une première puisqu’à cause du conflit russo-américain, le domaine éducatif a déjà été ciblé avec la fin de programme d’échanges scolaires entre la Russie et les États-Unis", précise Elena Volochine.

Les explications de notre correspondante

Première publication : 30/12/2016

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