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EUROPE

Un attentat dans une boîte de nuit d'Istanbul fait des dizaines de morts

© AFP | L'attaque n'a pas été revendiquée pour le moment et son auteur n'a toujours pas été retrouvé, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Suleyman Soylu.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/01/2017

L'attaque menée dans une boîte de nuit d'Istanbul pendant la célébration du Nouvel An a fait 39 morts, dont au moins 16 étrangers. "Une chasse à l'homme est en cours pour retrouver le terroriste", a indiqué le ministre de l'Intérieur turc.

Un individu au moins a ouvert le feu dans un night-club d'Istanbul, faisant au moins 39 morts et près de 70 blessés, dans la nuit de samedi à dimanche, parmi la foule qui était venue fêter le passage à 2017.

Une ressortissante française, au moins, a été tuée dans l'attaque, et quatre autres ont été blessés, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. "C'est avec une immense tristesse que je confirme le décès d'une ressortissante française, (possédant) également (la) nationalité tunisienne", a-t-il précisé. Le parquet de Paris a indiqué ouvrir une enquête pour assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, qu'il a confiée à la Sdat (Sous-direction antiterroriste) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les explications du politologue Ali Kazangizil

L'enquête suit également son cours en Turquie. "Une chasse à l'homme est en cours pour retrouver le terroriste", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Suleyman Soylu. L'attaque n'a pas été revendiquée et il est encore trop tôt pour établir des responsabilités, a indiqué le Premier ministre, Binali Yildirim. "Certains détails ont commencé à apparaître mais les autorités s'efforcent d'obtenir des résultats concrets. (…) La police et les services de sécurité communiqueront des informations lorsque cela deviendra possible au cours de l'enquête", a-t-il ajouté.

Une quinzaine d'étrangers sont au nombre des victimes, a précisé le ministre de l’Intérieur en indiquant qu'à ce stade, seuls 21 corps avaient été identifiés, parmi lesquels ceux de ressortissants d'Arabie saoudite, du Maroc, de Jordanie, du Liban et de la Libye, selon la ministre turque de la Famille, Fatma Betül Sayan Kaya, citée par l'agence Anadolu. Le ministère israélien des Affaires étrangères a parallèlement indiqué qu'une jeune Israélienne de 19 ans était tombée sous les balles. La Belgique a également fait savoir qu'un ressortissant belge avait péri dans l'attaque.

Hollande : "La France poursuivra la lutte" contre le terrorisme

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dans un communiqué publié dimanche que l'attentat visait à "semer le chaos dans le pays". "Ils œuvrent pour détruire le moral du pays et semer le chaos en ciblant des civils avec de telles attaques haineuses", a déclaré le chef de l'État.

Le président de la République française François Hollande a condamné "avec force et indignation" l'attentat, indique l'Élysée dans un communiqué. "La France exprime sa solidarité avec la Turquie dans cette épreuve et poursuivra impitoyablement la lutte contre ce fléau avec ses alliés", poursuit ce communiqué. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, s'est exprimé sur son compte twitter, assurant être "de tout coeur avec la Turquie terriblement frappée en cette nuit symbolique".

La Maison Blanche a pour son part condamné une "horrible" attaque.  "Il est difficile d'imaginer crime plus cynique que de tuer des civils pendant la célébration du Nouvel An. Nous avons tous le devoir de combattre avec détermination les agressions terroristes", a de son côté affirmé le président russe Vladimir Poutine dans un message de condoléances adressé au président turc.

Au matin, le pape François a lui aussi condamné l'attentat à l'occasion de son allocution lors de la traditionnelle prière de l'angélus. Devant environ 50 000 personnes réunies sur la place Saint-Pierre, il s’est dit solidaire du peuple turc et a évoqué une "tache de sang qui recouvre le monde". "Je demande au Seigneur de soutenir tous les hommes de bonne volonté qui se remontent courageusement les manches pour affronter la plaie du terrorisme, qui recouvre le monde d'une ombre de peur et d'un sentiment de perte", a-t-il déclaré.

500 à 600 personnes dans la boîte de nuit

Cinq à six cents personnes se trouvraient à l'intérieur de la boîte de nuit "Reina" quand l'assaillant, tuant un policier et un civil à l'entrée, est entré à l'intérieur aux alentours de 1h15 locales. La boîte de nuit se trouve près des rives du Bosphore, dans le quartier d'Ortaköy, dans la partie européenne de la ville. Certaines personnes se sont échappées des lieux en plongeant dans le fleuve.

Plusieurs dizaines d'ambulances et de véhicules de police ont été dépêchés vers la boîte de nuit d'Ortaköy, quartier niché sous l'un des trois ponts qui franchissent le Bosphore, et où se trouvent des restaurants, des boîtes de nuit et des galeries d'art ou musées.

Reina est l'un des night-clubs les plus connus d'Istanbul, fréquenté aussi bien par des Stambouliotes que par des touristes.

Nouvelle épreuve pour la Turquie

Selon le gouverneur d'Istanbul, il n'y a eu qu'un seul assaillant. Des témoins, cités par le journal Hürriyet, ont parlé de plusieurs tireurs, qui ont crié en arabe.

"Nous étions en train de nous amuser. Tout à coup, des gens se sont mis à courir.(...) Mon mari a été touché à trois endroits", a déclaré une femme au journal.

Le propriétaire du Reina, Mehmet Kocarslan, cité par Hürriyet, a indiqué que des mesures de sécurité avaient été prises récemment, les services de renseignement américains ayant laissé entendre qu'il pourrait y avoir un attentat.

Cette attaque constitue une nouvelle épreuve pour la Turquie, qui cherche à se remettre après la tentative de putsch du 15 juillet et une série d'attentats meurtriers à Istanbul, Ankara et dans d'autres villes, imputés pour certains au groupe djihadiste État islamique (EI) et revendiqués pour d'autres par des organisations séparatistes kurdes.

À Istanbul, le dernier attentat remontait au 10 décembre, quand deux bombes avaient explosé aux abords d'un stade de football, faisant 44 morts et plus de 150 blessés. Un groupe kurde avait revendiqué l'acte.

Le 28 juin dernier, un triple attentat suicide a été commis à l'aéroport international Atatürk d'Istanbul, faisant 45 morts et près de 240 blessés. Le 12 janvier 2016, une explosion avait fait une dizaine de morts, dont huit Allemands, dans le centre touristique d'Istanbul, près de la Mosquée bleue.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 01/01/2017

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