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Mutinerie en Côte d’Ivoire : "Les soldats ont le sentiment d’être abandonnés"

© Sia Katibou, AFP | Des soldats mutins, vendredi 6 janvier 2016, à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 10/01/2017

Comment expliquer le malaise dans les rangs de l'armée ivoirienne qui a conduit à une mutinerie vendredi 6 janvier ? Réponses avec Fahiraman Rodrigue Koné, sociologue et universitaire ivoirien.

Vendredi 6 janvier, des soldats qui réclamaient une amélioration de leurs conditions de vie ont bloqué Bouaké, la deuxième ville de Côte d'Ivoire. Très vite, le mouvement s'est étendu à d'autres villes dont la capitale économique Abidjan. Une mutinerie surprise qui a immédiatement distillé la crainte d'une nouvelle crise dans le pays.

Mais dès dimanche, dans une brève allocution télévisée, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé avoir trouvé un "accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l'amélioration des conditions de vie des soldats".

"Ayant marqué mon accord, je demande à tous les soldats de regagner leur caserne pour permettre l'exécution de ces décisions dans le calme", a indiqué le chef de l'État.

Le président a ensuite limogé le chef d'état-major général des forces armées de Côte d'Ivoire, le général Soumaila Bakayoko, le commandant supérieur de la gendarmerie, Gervais Kouakou Kouassi, et le directeur général de la police, Brindou M'Bia.

Comment expliquer ce malaise dans les rangs de l'armée ? Le sociologue et universitaire ivorien Fahiraman Rodrigue Koné répond à France 24.

Comment expliquez-vous cette mutinerie ?

Il faut bien comprendre que les soldats engagés dans cette mutinerie sont en majorité issus de l'ex-rebellion. Leurs revendications portent sur leurs conditions de vie. Ils considèrent être victimes d'un problème de management. Ils ne se sentent pas assez considérés et pensent ne pas avoir été assez récompensés pour leur engagement aux côtés du pouvoir actuel. Leur avancement n'est pas clairement défini. C'est une frustration très importante pour eux. Enfin, il faut bien bien se rendre compte du contexte politique dans lequel cette mutinerie s'est déroulée. La Côte d'Ivoire est dans une période de transition. Le pouvoir veut démanteler le système de l'ex-rébeillon qui fonctionnait encore.

Pensez-vous que la réponse du président Alassane Ouattara, qui promet de satisfaire les revendications, surtout d’ordre matériel, soit suffisante pour apaiser durablement les tensions ?

C'est une erreur de penser que cela pourrait être le cas. Encore une fois, ces soldats ont le sentiment d'être abandonnés et ne pas être pris en compte. C'est un malaise très profond qui pourrait être amené à se manifester à nouveau. Par ailleurs, ces soldats font partie d'un groupe facilement manipulable.

Pensez-vous qu’il s’agisse d’un mouvement spontané ou peut-il avoir été téléguidé ?

Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'un mouvement bien coordonné. On note que ces soldats ne s'en sont pas pris à des biens publics ou à des civils. Nous sommes à la veille de la nouvelle Constitution, ce type de mouvement ne se fait pas au hasard. Mais y a-t-il eu manipulation politique ? Difficile de l’affirmer avec certitude.

Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a annoncé lundi 9 janvier sa démission et celle de son gouvernement dans la lignée de l'adoption d'une nouvelle Constitution en octobre. Cette démission n’a-t-elle pas été précipitée par la mutinerie ?

Les choses ont été précipitées, c'est certain. Car au-delà des soldats, les fonctionnaires aussi sont en colère et ont appelé à la grève. L'opinion est très défavorable au gouvernement depuis longtemps. Il y a une grogne contre l’équipe en place. Cette démission est un signal pour dire : "On vous a compris."

 

 

Première publication : 09/01/2017

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