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FRANCE

La culture, service minimum pour les candidats à la primaire de la gauche

© Éric Feferberg, Pool, AFP | Manuel Valls, alors Premier ministre, lors de l'inauguration du nouveau musée Rodin, le 9 novembre 2015, à Paris.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 11/01/2017

Les candidats à la primaire de la gauche ont tardé à parler de culture durant la campagne, donnant presque l’impression d’avoir oublié cette thématique pourtant si chère à la gauche, provoquant une profonde lassitude du monde culturel.

"Au prochain débat télévisé, j’ai besoin d’entendre parler de la culture." En une phrase, la metteuse en scène Barbara Bouley a exprimé, lundi 9 janvier, lors d’une discussion sur la politique culturelle organisée en présence d’Arnaud Montebourg à la Maison de la poésie, à Paris, l’exaspération de l’ensemble du monde culturel français face au traitement réservé à la culture dans la campagne de la primaire de la gauche.

Thème particulièrement fédérateur au sein de cette famille politique, la culture a pourtant longtemps été absente des débats des candidats de la gauche. Avant le 10 janvier, le site de campagne de Benoît Hamon n’affichait ainsi que deux propositions dans ce domaine, tandis que ceux de François de Rugy et de Jean-Luc Bennahmias n’offraient que de vagues propositions, et que la politique culturelle était même totalement absente des programmes d’Arnaud Montebourg, de Vincent Peillon et de Sylvia Pinel.

>> À lire : Manuel Valls met le cap à gauche

"C’est plus qu’inquiétant car dans les conditions de vitalité de ce domaine aujourd’hui, alors qu’on est tous à déplorer un monde de barbarie, on n’entend que des slogans. La culture est totalement absente des débats", regrette encore Barbara Bouley, contactée par France 24.

La présentation du programme de Manuel Valls, mardi 3 janvier, a-t-elle changé la donne ? L’ancien Premier ministre a affirmé vouloir faire de la culture un thème majeur, soulignant l’importance de la culture pour rendre "notre nation plus puissante, plus solide, plus solidaire" et pour renforcer "tout ce qui donne le sentiment de participer à une aventure collective". Selon lui, cela doit passer par la défense du patrimoine français et la relance d’une politique de grands travaux culturels, notamment dans les régions.

Augmentation du budget de la culture de 500 millions d’euros par an pour Montebourg

Depuis ces annonces, ses principaux concurrents lui ont emboîté le pas. Il y avait d’ailleurs comme un parfum de surenchère, lundi soir, à la Maison de la poésie. Arnaud Montebourg, qui présentait à cette occasion son "manifeste culturel", a voulu frapper fort. "Il n'existe pas de transformation de la société sans que les artistes s'en mêlent, s'en occupent, et fassent parler cette société", a-t-il déclaré, promettant d’augmenter le budget du ministère de la culture de 500 millions d’euros par an sur l’ensemble du prochain quinquennat. Une hausse considérable pour un budget qui se situe à l’heure actuelle à 3,5 milliards d’euros.

Ces 2,5 milliards d'euros supplémentaires en cinq ans serviront notamment à "lutter contre les déserts culturels", a-t-il expliqué. "Beaucoup de collectivités locales dans la suppression et la crise des dotations budgétaires ont décidé de procéder à des coupures, un certain nombre de festivals ont été mis en difficulté, des lieux (...) ont dû ralentir ou réduire leur action. Je dois dire que lorsque nous imaginons de réinvestir dans la culture, ce serait pour moi un nouvel investissement dans les territoires, pour amener les collectivités locales à reprendre l'investissement culturel", a ajouté Arnaud Montebourg.

Le candidat socialiste entend également créer une "agence nationale de l'éducation artistique et culturelle", sous l'autorité directe des ministères de la Culture et de l'Éducation nationale, qui aurait vocation à développer l'éducation artistique et culturelle à l'école et à ses portes.

>> À lire : "La primaire sera un succès si on mobilise au moins 1,5 million d'électeurs"

Un peu plus tôt dans la journée, c’est Vincent Peillon qui avait eu l’idée de présenter lui aussi ses propositions culturelles. Ce dernier, devenu auteur de polars depuis sa sortie du gouvernement en 2014, s’est rendu lundi après-midi à l’Espace Albatros de Montreuil, qui abritait autrefois les studios de Charles Pathé et qui accueille désormais des plasticiens, des cinéastes, des danseurs, des musiciens, des comédiens et des metteurs en scène.

En terme de propositions, pas d’annonce d’augmentation de budget spectaculaire, mais quelques pistes. L’ancien ministre de l’Éducation nationale veut notamment renforcer l’éducation artistique et culturelle en agissant sur la complémentarité entre temps scolaire et temps périscolaire et en développant les résidences d’artistes dans les établissements scolaires. Il propose aussi de rendre effectif l’égal accès de tous à la culture et d’élargir aux artistes indépendants la politique de soutien à l’emploi culturel.

"Une lassitude générale dans le milieu culturel"

De son côté, Benoît Hamon, qui a détaillé ses propositions mardi après-midi lors d’une conférence de presse, propose de porter le budget culturel à 1 % du PIB. Il veut par ailleurs créer sur tout le territoire des "fabriques de culture" qui seraient des lieux artistiques pluridisciplinaires avec une gestion partagée et participative. "Les Maisons de la Culture de Malraux et les Maisons des Jeunes et de la Culture sont aujourd’hui fortement précarisées. Ce nouveau modèle de lieu culturel portera des projets artistiques en co-construction entre pouvoirs publics, secteur culturel, associations et fondations", explique-t-il.

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À défaut d’avoir fait de la culture un sujet majeur, les candidats de la gauche se sont donc contentés du service minimum en ayant tous, désormais, une rubrique "culture" dans leur programme. Au risque de donner une fois de plus l’impression d’instrumentaliser tout un secteur.

"C’est vrai qu’il y a une lassitude générale dans le milieu culturel, reconnaît Barbara Bouley. On trouve souvent le slogan 'l'art et la culture au cœur d’un projet commun' chez les candidats, mais nous artistes, on n’entend pas ce cœur battre. Ce sont des phrases qu’on reçoit mais qui ne sont pas incarnées. On est très nombreux à être plus que déçus de cet oubli car une fois de plus, il n’y a pas de politique culturelle proposée qui serait réellement innovante."

Première publication : 11/01/2017

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