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Moyen-Orient

Avec Hashemi Rafsandjani, l’Iran dit adieu à l’incarnation de la modération

© Atta Kenare, AFP | Plusieurs millions d'Iraniens ont assisté aux funérailles de Akbar Hashemi Rafsandjani à Téhéran, le 10 janvier 2017.

Texte par Mariam PIRZADEH , , correspondante à Téhéran

Dernière modification : 11/01/2017

Avec la disparition d’Hashemi Rafsandjani, l’un des architectes de la République islamique, la jeunesse et les "modérés" ont perdu leur plus grand allié et avocat. Un rôle qu’aucune figure de la révolution ne semble en mesure de reprendre.

Selon la télévision d’État, trois millions d’Iraniens s’étaient rassemblés devant l’Université de Téhéran, mardi 10 janvier, pour suivre les obsèques de celui qu’ils appelaient simplement "Hashemi". Hashemi Rafsandjani, décédé deux jours plus tôt à l'âge de 82 ans, avait présidé la République islamique d'Iran de 1989 à 1997.

Dans cette foule immense, énormément de jeunes qui n’ont connu que la République islamique. Aref et sa femme Elena, la trentaine, sont arrivés très tôt pour tenter de pénétrer à l’intérieur de l’Université. Sans succès. Ils ont dû suivre la prière depuis le boulevard, arborant la photo de l’ancien président de la République. "C’était une personne calme qui nous emmenait vers le bon et, honnêtement, des personnes comme lui, il n’en existe plus. Je ne vois pas qui pourrait le remplacer", explique la jeune femme. "Lui nous entendait, maintenant on espère qu’il n’y aura pas de conséquences", ajoute son mari. Une inquiétude que partage une partie de leurs concitoyens, notamment ceux de leur génération.

Durant la cérémonie, on pouvait entendre quelques participants scander "Mir Hossein, Ya Hossein". Des slogans, qu’il a fallu parfois masquer en augmentant le volume des enceintes. Mir Hossein Moussavi fut l’un des candidats de l’élection présidentielle de 2009 et reste assigné à résidence depuis 2011. Sa défaite dans un scrutin contesté avait déclenché les manifestations du Mouvement vert. Son nom ne doit pas être prononcé. Tout comme celui de Mohammad Khatami, ancien président de la république réformateur, qui a été sommé de ne pas se rendre aux obsèques.

"On se devait d’être là pour le remercier"

"La moitié des gens que vous voyez là étaient dans la rue en 2009, j’y étais. Alors comme l’Ayatollah Rafsandjani nous a soutenus, on se devait d’être là pour lui, pour le remercier", raconte Nazanin, 36 ans. Un soutien que Rafsandjani avait payé par l’emprisonnement de deux de ses enfants et moins de visibilité politique. Mais il restait l’un des plus proches conseillers du fondateur de la République islamique, l’Imam Khomeini, lequel avait d’ailleurs prononcé cette phrase devenue célèbre : "Tant qu’Hashemi sera en vie, la révolution vivra".

L’un des plus proches conseillers de l’imam Khomeini

Cette proximité avec l’imam Khomeini conférait à Rafsandjani une certaine liberté et une légitimité pour faire entendre sa voix. Il fut, notamment, l’un des principaux défenseurs de l’accord avec les grandes puissances sur le nucléaire, en juillet 2015. Ali Akbar Rafsandjani était devenu en quelques années la figure des réformateurs. Son successeur à la présidence de 1997 à 2005, Mohammad Khatami, n’ayant plus voix au chapitre, seul l’actuel président de la République, Hassan Rohani, considéré comme un conservateur modéré, peut prétendre représenter ce camp. Mais il est sous le feu des critiques des conservateurs pour le manque de retombées économiques de l’accord nucléaire, l’une de ses promesses de campagne en 2013.

En février 2016, la liste qu’il avait menée avec Hashemi Rafsandjani aux éléctions législatives était arrivée en tête à Téhéran. Depuis, Hashemi Rafsandjani occupait un siège à la très importante Assemblée des experts, chargée notamment de nommer le Guide suprême, la plus haute autorité du pays.

"Il était un lien entre le système dirigeant et la population"

"Hashemi Shahroudi [NDLR : ancien chef de l’Autorité judiciaire du pays, connu pour avoir retiré la lapidation comme peine de mort] est souvent cité officiellement comme potentiel remplaçant, mais personne ne peut jouer son rôle, personne ne peut faire ce qu’il faisait, c’est-à-dire être ce lien entre le système dirigeant et la population", explique Saeed Leylaz, professeur d’université et ancien conseiller de Mohammad Khatami.

"Il entretenait une proximité aussi avec le Guide suprême et, à eux deux, ils représentent la République islamique, a fortiori, la révolution islamique. Personne désormais ne peut revendiquer ce compagnonnage avec l’ayatollah Khamenei. Il y a une inquiétude sur la suite" conclut cet ancien journaliste.

En ligne de mire, se profile une échéance capitale, l’élection présidentielle en mai prochain. Hassan Rohani devrait se représenter. Il vient de perdre un précieux allié et protecteur.

Première publication : 11/01/2017

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