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Economie

Le pavé du revenu universel dans la mare de la gauche

© Pascal Guyot, AFP | Benoît Hamon est le principal tenant à gauche de l'instauration d'un revenu universel.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 13/01/2017

La proposition d’un revenu universel défendue par Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias est au cœur des débats à gauche. Cette question divise car elle touche à la conception du travail et à sa raréfaction.

C'est l’un des sujets qui divisent le plus actuellement les socialistes et apparentés. Le revenu universel devrait tenir une place de choix lors du premier débat de la primaire de la gauche jeudi 12 janvier. Chacun des sept candidats a son opinion sur cette mesure, que ce soit pour l’encenser ou pour la vouer aux gémonies. Même l’ancien ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle sans passer par la case primaire, a jugé utile de mettre son grain de sel dans le débat pour préciser qu’il n’y croyait pas.

Tout le monde en parle mais ils ne sont en réalité que deux - Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias - à proposer son instauration. Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel (Parti radical), François de Rugy (Écologiste !) sont contre. Manuel Valls entretient à ce sujet un flou très politique. D’un côté il critique la proposition de Benoît Hamon qui favoriserait, d’après lui, une société "d’assistanat". De l’autre, il défend un "revenu décent" qui a des faux airs de revenu universel.

Entre 750 et 800 euros

L'ex-Premier ministre est, en réalité, résolument dans le camp des opposants à ce "dernier truc à la mode", d’après les mots de François de Rugy. Car encore faut-il s’entendre sur ce qu’est le revenu universel, si ce n'est de verser une somme à tous. Le vrai revenu universel "doit être inconditionnel, individuel et automatique", explique Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), contacté par France 24. Le "revenu décent" de Manuel Valls ne remplit pas les critères : il ne serait versé qu’aux plus démunis qui résident depuis au moins quatre ans sur le territoire national.

Sa proposition revient, en fait, "à fusionner les minima sociaux existants", explique l’économiste. Il ne veut pas instaurer une nouvelle allocation, mais plutôt remplacer toutes celles qui existent. Une approche très différente de celles des deux tenants à gauche d’un vrai revenu universel qui proposent de verser - après une période progressive de mise en place - à tous les Français de plus de 18 ans entre 750 et 800 euros, tout en conservant la plupart des aides sociales.

Le montant avancé par Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias "est généreux car tout ce qui est au-dessus de 450 euros est considéré en théorie comme étant dans le haut de la fourchette du revenu universel", souligne Guillaume Allègre. Généreux et financièrement irréaliste ? La mesure coûterait 450 milliards d’euros si elle est réservée aux plus de 18 ans et "presque 700 milliards d’euros si le revenu est vraiment versé à tous les Français sans condition d’âge", précise à France 24 Jean-Marie Harribey, membre des Économistes atterrés et coprésident du comité scientifique d’Attac, une ONG altermondialiste.

Deux visions du travail à gauche

Pour ses détracteurs, la France n’a pas les moyens d’instaurer un revenu universel. Il "est dans le champ stratosphérique de l'irréalisme", affirme ainsi Arnaud Montebourg, qui a pourtant défendu l’idée par le passé. Guillaume Allègre juge qu’il faudrait, pour le financer, "multiplier par six environ l’imposition du capital, ce qui semble en effet peu réaliste". Benoît Hamon a certes prévu d’y allouer des ressources issues de la lutte contre l’évasion fiscale et la suppression de niches fiscales "mais ça ne permettra de dégager que quelques dizaines de milliards d’euros, ce qui est loin d’être suffisant", ajoute Jean-Marie Harribey qui se dit "farouchement opposé au revenu universel".

Malgré cet obstacle, la mesure phare de Benoît Hamon n’en finit pas de tenir le haut du pavé médiatique. Son succès tient au fait qu’elle est présentée à la fois comme une solution pour éradiquer la pauvreté et comme une réponse "à la montée de l’automatisation qui pose la question de la fin du travail", résume Guillaume Allègre. Benoît Hamon préconise d’ailleurs de taxer les robots - sans préciser comment - pour aider à financer l’application du revenu universel.

Pour une partie de la gauche, le revenu universel représente un substitut bienvenu à la réduction du temps de travail pour en combattre la raréfaction. La réforme des 35 heures, très critiquée à droite et dans le monde de l’entreprise, est devenue un héritage de plus en plus lourd à porter à gauche, et certains sont devenus, d’après Jean-Marie Harribey, "trop frileux" pour reprendre en 2017 le flambeau de la réduction du temps de travail.

Derrière la polémique sur le revenu universel, "c’est en fait la question de la place du travail à gauche qui est posée", estime Jean-Marie Harribey. Manuel Valls, Vincent Peillon et les autres soutiennent que le travail demeure le "principal créateur de valeur et d’insertion sociale", résume l’économiste, tandis que Benoît Hamon et Jean-Luc Bennahmias jugent qu’il faut se préparer à une société où le travail ne serait qu’accessoire à l’épanouissement.

Première publication : 11/01/2017

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