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FRANCE

Trace the Face, le site Internet à la recherche des migrants portés disparus

© La Croix-Rouge | Grâce au site Trace the face, les migrants disparus vont pouvoir retrouver leur famille

Texte par Leslie CARRETERO

Dernière modification : 12/01/2017

Une des missions de la Croix-Rouge vise à réunir les familles séparées par les conflits. En 2016, elle a créé le site Trace the Face, pour permettre aux personnes ayant perdu un proche sur la route migratoire de le retrouver.

Ils sont irakiens, afghans, somaliens ou encore sénégalais et sont à la recherche d’un proche disparu sur les routes migratoires. Depuis un an, grâce au site Internet Trace the Face (littéralement suivre un visage) mis en place par La Croix-Rouge et édité en 4 langues (français, anglais, arabe et espagnol), des familles ont la possibilité de  retrouver la trace d’un proche disparu.

Rétablir les liens familiaux

Les demandes ne faiblissent pas. Au total, elles "ont progressé de près de 30 % par rapport à 2015, on gère entre 900 et 1 000 dossiers par an et on reçoit entre huit et 10 nouvelles demandes par jour, explique Aurélie de Gorostarzu, responsable du service Rétablissement des liens familiaux (RLF) de la Croix-Rouge française. On arrive à retrouver la trace de la personne dans 40 % des cas." La responsable du projet en est convaincue : "La plateforme est un outil incontournable et nécessaire."

Plus de 2 500 photos sont consultables sur le site Trace the Face, alimentées par les Croix-Rouge européennes. Les clichés, anonymes, représentent les demandeurs, ceux qui recherchent un proche. En dessous des portraits, se trouve la mention "je recherche ma famille" ou je "recherche ma mère". Si la personne recherchée reconnaît un de ses proches, elle contacte la Croix-Rouge qui met ensuite les familles en relation. "Cela permet aussi de donner un visage à ceux qui recherchent quelqu'un", souligne Aurélie de Gorostarzu, car "la séparation et l’absence de nouvelles des proches est une souffrance invisible mais réelle. Elle est malheureusement sous-estimée" renchérit-elle.

En plus de la plateforme en ligne, chaque mois, les photos sont éditées sur des posters, et affichées dans plus de 200 lieux de passage, tels que les espaces de distribution de nourriture et de vêtements ou les centres d’accueil. L’ONG compte également sur les partenaires associatifs et sociaux pour faire connaitre le site. Mais pas seulement. "On mise aussi sur un effort de diffusion dans les communautés avec du bouche-à-oreille", explique Aurélie de Gorostarzu. C'est ainsi qu'une femme afghane et sa belle-mère, réfugiées à Lyon, ont retrouvé la trace de leur mari et fils qui vivaient en Inde. Aujourd'hui, ils sont réunis en France.

Un service de 40 personnes et un réseau de 28 pays

La Croix-Rouge va encore plus loin et organise des maraudes dans le Nord-Pas-de-Calais. Munis de tablettes et de smartphones, trois membres de l’association vont à la rencontre des migrants pour leur présenter le site. Grâce à ce dispositif itinérant, trois femmes soudanaises présentes dans la "Jungle" de Calais avant son démantèlement ont pu retrouver leurs maris. "La première avait perdu la trace de son conjoint en Libye, l’autre en Italie et la troisième dans un train entre Paris et Calais, développe la responsable du projet. Elles ont posté leur photo sur le site et à quelques semaines d’intervalle, les maris se sont présentés dans nos locaux. Nous avons vérifié les informations et nous les avons mis en contact."

Pour réussir au mieux sa mission, la Croix-Rouge française peut compter sur un réseau de 28 pays. Elle travaille ainsi en étroite collaboration avec ses homologues dans le monde entier, plus particulièrement en Europe et dans les pays touchés par des conflits comme l’Afghanistan ou le Sénégal. En France, une quarantaine de personnes enquête sur les disparus et le service dispose de sept antennes dans les grandes villes du pays.

Pour faciliter le travail de la Croix-Rouge française, une loi a été adoptée à l’unanimité le 29 décembre par l’Assemblée nationale et le Sénat. Elle va permettre à l’ONG de contacter les services de l’État pour leur soumettre des demandes de recherche. L’association pourra par exemple obtenir des copies intégrales et des extraits d'actes d'état civil, savoir si une personne a été hébergée ou naturalisée, si elle est inscrite sur une liste électorale. Les informations et coordonnées de la personne retrouvée ne sont transmises qu'avec son accord à sa famille. "Ça lève un obstacle juridique pour permettre de faire des recherches dans les meilleures conditions", note Aurélie de Gorostarzu. Mais la responsable du projet l’assure : "La recherche d’un disparu prend du temps, on se donne deux à trois ans pour exploiter toutes les pistes mais le dossier n'est jamais fermé."

Première publication : 11/01/2017

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