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Afghanistan: sombre diagnostic, en pleine transition américaine

© AFP/Archives / Par Thomas WATKINS | Des combattants talibans dans la province de Farah, en Afghanistan, le 3 novembre 2015

WASHINGTON (AFP) - 

L'Afghanistan reste miné par la corruption et l'armée afghane peine à contenir les talibans, malgré le soutien des Etats-Unis, estime le responsable américain chargé d'évaluer l'efficacité des efforts de Washington pour stabiliser le pays.

"Même avec beaucoup de bonne volonté, je ne peux pas dire que les choses se sont beaucoup améliorées en Afghanistan ces dernières années", a estimé lundi à Washington John Sopko, l'inspecteur général pour la reconstruction de l'Afghanistan (Sigar).

Alors que la nouvelle administration Trump s'apprête à prendre le pouvoir, les services de M. Sopko viennent de détailler dans un rapport tous les facteurs qui sapent les efforts de reconstruction des Américains et de leurs alliés en Afghanistan.

Le Sigar en dénombre huit, aux premiers rangs desquels la faiblesse persistante des forces de sécurité afghanes, la corruption endémique, l'opacité du budget national afghan, ou la santé plus éclatante que jamais de la production d'opium.

Depuis quinze ans, l'Afghanistan a coûté près de mille milliards de dollars aux contribuables américains, dépenses de guerre comprises, et plus de 115 milliards de dollars si on ne compte que les dépenses de reconstruction.

- 'Au chat et à la souris' -

Malgré ces efforts, l'armée et la police afghanes ont du mal à résister aux talibans, ne faisant que "jouer au chat et à la souris" à travers le pays avec les insurgés islamistes, a indiqué M. Sopko dans une conférence au centre d'études CSIS à Washington.

La police et l'armée afghane ont perdu des milliers d'hommes dans les combats contre les talibans depuis que l'Otan a mis fin à sa mission de combat, fin 2014, a-t-il rappelé.

Par ailleurs, le nombre de groupes armés s'opposant au gouvernement de Kaboul augmente, et l'emprise géographique de celui-ci diminue, selon M. Sopko.

L'armée américaine estime que 63,4% des districts afghans étaient sous contrôle ou influence du gouvernement central à la fin août, contre 70,5% au début de 2016.

"Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'armée afghane ne fait que jouer en défense et ne va pas s'en prendre aux talibans", a-t-il dit.

Pour l'inspecteur général, les chefs militaires afghans continuent également de mentir sur l'état réel de leurs effectifs, empochant les salaires de dizaines de milliers de soldats fantômes qui n'existent que sur le papier.

La corruption est si répandue dans les forces afghanes que les chefs talibans recommandent à leurs troupes d'acheter directement auprès de soldats afghans les armes, carburants et munitions dont ils ont besoin, a indiqué M. Sopko.

Pour les talibans, c'est le moyen "le plus facile et le moins cher" de s'approvisionner, a-t-il regretté.

- 'guerre d'usure' -

L'armée américaine a toujours 8.400 militaires déployés dans le pays, l'administration Barack Obama n'étant pas arrivée à les retirer tous, contrairement à la promesse du président sortant.

Et pour la nouvelle administration, les choix à faire seront complexes, a souligné John Sopko.

"Si nous partons, le gouvernement afghan pourrait bien s'effondrer. Si nous restons et continuons ce que nous faisons, nous pourrions avoir la perpétuation de l'impasse" militaire décrite récemment par le général Dunford, le chef d'état-major inter-armées américain, a encore noté John Sopko.

Faisant écho au diagnostic de M. Sopko, l'expert du CSIS Anthony Cordesman a noté qu'il était "plus que possible" que les forces afghanes se retrouvent bloquées dans une "guerre d'usure" avec les talibans, et qu'elles aient à encaisser une "défaite majeure" en 2017.

John Sopko a toutefois mentionné quelques signes encourageants.

Tant le président Ashraf Ghani que son vice-président Abdullah Abdullah ont collaboré avec les efforts américains pour réduire la fraude et les gaspillages, a-t-il dit.

Les autorités afghanes elles ont mis en place un pôle judiciaire anti-corruption qui a commencé à lancer des poursuites pour des affaires de pots-de-vin, a-t-il ajouté.

Par Thomas WATKINS

© 2017 AFP