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M. Lamar explore la vision "apocalyptique" du gospel noir américain

© AFP / Par Shaun TANDON | Le chanteur gothique M. Lamar, lors d'une interview à New York, le 16 décembre 2016

NEW YORK (AFP) - 

Natif de l'Alabama, berceau du Mouvement pour les droits civiques des Noirs dans le Sud profond des Etats-Unis, le chanteur gothique M. Lamar explore dans sa dernière composition la tonalité "apocalyptique" de la musique gospel, qu'il décrit comme un appel à la fin du monde par un peuple enchaîné.

Dans "Funeral Doom Spiritual", M. Lamar apporte sa voix de contre-ténor à une réinterprétation des chants Gospels, en se projetant 100 ans dans le futur, dans un monde dominé par les partisans de la suprématie de la race blanche.

La pièce, composée avec Hunter Hunt-Hendrix du groupe de métal Liturgy, sera présentée vendredi et samedi au festival annuel d'opéra expérimental Prototype, à New York.

M. Lamar, qui se décrit comme un artiste "négrogothique" - formé à la musique classique mais qui situe ses racines musicales dans le heavy metal - y joue du piano et s'immerge dans des effets de lumière et les accompagnements électronique et d'instrument à corde.

Pour M. Lamar, la nature apocalyptique de la musique religieuse noire américaine "fait parfaitement sens", car la Bible était généralement le seul texte autorisé pour les esclaves.

"C'est vraiment poignant de penser à ces esclaves africains, à ces gens qui étaient en servitude, rêvant à la fin du monde, le monde de la suprématie blanche, le monde des plantations", a-t-il confié à l'AFP.

- 'Des esprits qui planent' -

Même s'il ne s'identifie pas comme chrétien, M. Lamar explore dans son oeuvre le concept des esprits vivants au-delà de la mort, une idée qui résonne particulièrement en lui.

Dans sa ville de Mobile (Alabama), M. Lamar, frère jumeau de Laverne Cox, la star transgenre de "Orange is the New Black", se sentait "très isolé et très aliéné".

"J'ai toujours senti que ma tristesse n'était pas la mienne seule, mais qu'elle était liée à une histoire au-delà de moi, des esprits qui planent", dit-il en souriant.

L'intrigue de "Funeral Doom Spiritual" tourne autour d'un transport éternel de cercueils, comme un mouvement ininterrompu dans l'expérience afro-américaine, de l'esclavage à la ségrégation et au-delà.

En plaçant "Funeral Doom Spiritual" en l'an 2116, M. Lamar montre son pessimisme profond sur la période actuelle aux Etats-Unis, avec une attention croissante sur le comportement de la police et une élection présidentielle entachée de racisme.

"Je ne pouvais pas imaginer une solution dans cinq ans ou 50 ans", dit-il à propos de l'injustice raciale.

"Je ne suggère pas que cette pièce est une solution, mais c'est une sorte d'espérance que les morts ne reposeront pas en paix", avance-t-il, citant Diamanda Galas, la soprano gothique qui est l'une de ses influences majeures.

M. Lamar est particulièrement hanté par la vidéo de la mort en 2014 sous les balles de la police de Tamir Rice, un garçon afro-américain de 12 ans, à Cleveland, qui tenait un pistolet en plastique.

"C'est quelque chose d'impossible à oublier. Je ne suis plus le même depuis que j'ai vu ça", dit-il. "C'est une forme de terrorisme, vraiment, pour toute personne noire de devoir voir ça".

Plutôt que de proposer une alternative, "Funeral Doom Spiritual" est pour M. Lamar un mécanisme d'adaptation personnelle. "En fin de compte c'est un travail très égoïste," dit-il, ajoutant avec un rire: "Je ne fais vraiment ça que pour ne pas avoir à me supprimer".

Par Shaun TANDON

© 2017 AFP