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Dernière modification : 19/01/2018

Les dernières heures de la Bataille du désert avec les milices chiites en Irak

© France 24 | Notre reporter Cyril Payen sur le front aux côtés des forces paramilitaires de la Mobilisation populaire.

En décembre 2017, le gouvernement irakien annonce en grande pompe la "fin officielle de la guerre contre l'organisation État islamique" (EI), mettant fin à trois années de combats acharnés. Parmi ceux qui y ont pris part figurent, en première ligne, des milliers de combattants chiites réunis sous la bannière de la Mobilisation populaire. Aujourd'hui accusés de faire le jeu de l'Iran et de s'être rendus coupables d'exactions contre les sunnites, ils ont accepté de s'ouvrir à nos reporters.

Désert de Ninive, nord de l'Irak, décembre 2017.Dans quelques heures, la fin de la guerre contre l’organisation État islamique (EI) sera annoncée par le Premier ministre irakien. En attendant, c’est ici, à 500 kilomètres de Bagdad, dans les confins désertiques de la frontière syrienne et dans un froid glacial, que se trouve l’ultime front contre l'EI. Il est mené par des combattants chiites issus de tous les secteurs de la société civile irakienne. Ils ont répondu présents à la fatwa contre le group État islamique lancée en 2014 par leur plus haute autorité religieuse, à Najaf. Ils se sont regroupés sous la bannière de la Mobilisation populaire (Hached al-Chaabi, en arabe), une nébuleuse de milices et de groupes paramilitaires inféodée à la doctrine iranienne, sur le modèle du Hezbollah libanais.

Nous vivons en direct les dernières heures de la Bataille du désert avec ces hommes, et plus précisément une unité avancée du bataillon d’élite de l’imam Abbas.

Dans les coulisses du "Reporters" sur les milices chiites irakiennes

Deux jours après l’annonce officielle de la fin de la guerre, alors que nous nous trouvons à Bagdad, coup de théâtre. Le président français Emmanuel Macron réclame, depuis l’Élysée, le "démantèlement des forces paramilitaires chiites, puisque la guerre est officiellement terminée sur le terrain". Question ultrasensible. La réaction de ces miliciens, qui se savent dans le collimateur de l’Occident, est immédiate. Nous assistons à une démonstration de force en plein cœur de la capitale irakienne : les abords de l'ambassade de France sont envahis par des centaines de manifestants. "Que les Américains et les Israéliens nous entendent !", scandent-ils. "Et que vous aussi, Français, vous nous écoutiez : personne ne peut s’en prendre à l’Irak sans en subir les conséquences... Vive les paramilitaires !"

Dans la foulée, l’un de leur chef nous déclare : "Quand j’entends les déclarations de votre président au sujet de la Mobilisation populaire, moi, je me dis : 'Soit il est fou, soit il est mal renseigné'..."

Nous mettons ensuite le cap plus au sud, vers Najaf. Ce sanctuaire chiite fait office de base arrière de la nébuleuse des milices. Nous allons y entrevoir, au terme trois semaines à parcourir l’Irak, le côté le plus obscur et le plus dangereux de ces groupes armés en rencontrant, sous haute sécurité, les anciens de l'Armée du Madhi. Forte de ses 150 000 combattants, la Mobilisation populaire a bien l’intention de peser sur l’avenir de la région pour l’extension du "croissant chiite". "Nous sommes comme une graine que l’on aurait planté. Une graine qui grandit, et qui gagne, chaque jour, en vigueur", nous explique un ancien combattant de l'armée du Mahdi. "C’est cela précisément qui effraie les mécréants, et qui explique que l''axe du mal' occidental nous rejette. Mais nous sommes les sauveurs de l’Irak, la troisième force après les Gardiens de la révolution en Iran et le Hezbollah au Liban. Rien ni personne ne pourra rien contre notre mouvement, car il est né de la volonté de Dieu. Il nous a choisis pour combattre les ennemis de l’Islam."

>> À voir aussi sur France 24 : De Téhéran à Najaf, avec des pèlerins chiites qui bravent tous les dangers

Par Cyril PAYEN , Amar AL HAMEEDAWI

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