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Moyen-Orient

Syrie : après avoir repris Palmyre, l'EI détruit à nouveau des trésors antiques

© Maher Al Mounes, AFP | Le Tétrapyle à Palmyre en Syrie, le 27 mars 2016, après la reconquête du site antique par l'armée syrienne.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/01/2017

De nouveaux monuments antiques classés par l'Unesco, dont le célèbre Tétrapyle, ont été détruits par l’EI à Palmyre, a-t-on appris vendredi. Les jihadistes avaient repris la ville du centre de la Syrie à l'armée régulière en décembre.

Les jihadistes du groupe État islamique, qui ont repris possession de la ville antique de Palmyre, y ont détruit deux nouveaux monuments antiques dont l'un des plus célèbres de ce site historique, le Tétrapyle, a annoncé vendredi 20 janvier Maamoun Abdoulkarim, conservateur des antiquités syriennes.

Ces destructions ont été perpétrées entre le 26 décembre et le 10 janvier, selon la datation d'images satellites analysées par le chef des antiquités de Syrie.

La façade du théâtre romain, autre trésor de ce site classé patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, a été également détruit d'après Maamoun Abdoulkarim.

"Des sources locales nous ont informés que Daech [autre appellation en arabe de l'EI] a détruit le Tétrapyle, un monument de 16 colonnes, et des photos satellite reçues [jeudi] de nos collègues de l'université de Boston montrent des dommages de la façade du théâtre romain", a déclaré Maamoun Abdelkarim.

La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a réagi dénonçant vendredi "un crime de guerre et une immense perte pour le peuple syrien et l'humanité".

"Je m'attendais à un terrible scénario"

Le Tétrapyle avait été érigé à l'époque de Dioclétien, à la fin du IIIe siècle. C'était un carré avec quatre colonnes à chaque coin. Sur les 16 colonnes, une seulement était originale tandis que les autres avaient été reconstruites en ciment par le service des Antiquités syriennes en 1963.

Des images prises par satellite et transmises par Maamoun Abdoulkarim à Reuters montrent que l'édifice a été largement détruit. Seules subsistent quatre des seize colonnes d'origine tandis que les socles de pierre sont désormais recouverts par des gravats.

Les images montrent également d'importants dégâts infligés au théâtre romain dont plusieurs structures dominantes ont été détruites. Le théâtre romain, qui compte neuf rangées de gradins, est daté du premier siècle de notre ère. Lors de sa première occupation de la ville, de mai 2015 à mars 2016, l'EI l'avait utilisé pour des exécutions publiques.

"Dès le premier jour, je m'attendais à un terrible scénario. Nous avions déjà été témoins de la terreur lors de la première occupation de la ville, et franchement je ne pensais pas que Palmyre serait occupée une seconde fois", a ajouté, bouleversé, Maamoun Abdelkarim.

La bataille culturelle abandonnée

"La bataille pour Palmyre est culturelle et pas politique. Je n'ai pas compris comment la communauté internationale et les acteurs du conflit syrien ont accepté que Palmyre tombe", a déploré le conservateur des antiquités syriennes.

L'EI a repris la cité antique en décembre 2016 après en avoir été délogé dans un premier temps, en mars 2016, par les forces syriennes soutenues par la Russie et par des milices chiites.

En avril 2016, juste après la reprise de la ville par le régime syrien avec l'aide des Russes, les experts d'une mission de l'Unesco en visite à Palmyre avaient estimé que le site archéologique conservait "en grande partie son intégrité et son authenticité". Un orchestre symphonique russe avait même donné un concert en mai dans l'amphithéâtre de la cité classée.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 20/01/2017

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