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Economie

"Fake news" : des scientifiques planchent sur un "vaccin" contre les fausses informations

© iStock

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 23/01/2017

Des chercheurs de Cambridge et Yale ont publié une étude démontrant qu’il était possible de lutter contre la prolifération de fausses informations sur le Net comme contre un virus : avec un mécanisme similaire à celui d'un vaccin.

Cet hiver, pensez à vous faire vacciner contre la grippe… et les fausses informations. Des chercheurs des prestigieuses universités de Cambridge (Royaume-Uni) et Yale (États-Unis) se sont penchés sur un vaccin contre les "fake news". Dans un article publié lundi 23 janvier dans le journal Global Challenge, ils concluent qu’un tel traitement est efficace contre les informations erronées ou tendancieuses qui se répandent sur Internet comme lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de se rendre chez le médecin pour une piqûre. Les chercheurs pensent qu’en exposant les internautes à des petites doses de fausses informations tout en démontrant le ridicule de celles-ci, il est possible de développer une sorte de système immunitaire. "Le principe est similaire au monde médical : nous inoculons une petite dose de fausse information afin que l’individu, c’est-à-dire l’internaute, développe des anticorps", explique Sander van der Linden, chercheur en psychologie à Cambridge et auteur principal de l’étude, contacté par France 24.

Des climatosceptiques...

Dans leur article, ils s’attaquent ainsi aux thèses climatosceptiques. Ils ont exposé plus de 2 000 personnes successivement à un site qui rappelle les faits scientifiques sur le rechauffement climatique puis un autre qui expose les thèses climatosceptiques. Les cobayes ont alors commencé à douter du consensus scientifique.

Puis les scientifiques ont testé leur "vaccin". Ils ont repris un nouvel échantillon de 2 000 personnes. Et avant de leur montrer le site climatosceptique, ils leur ont prouvé que certaines informations qui s’y trouvent sont fantaisistes. En l'occurrence, les scientifiques ont isolé une pétition sur le site controversé dont certaines signatures étaient clairement farfelues comme celles de Charles Darwin ou des membres des Spices Girls. Résultats concluants : non seulement, les internautes ont été moins receptifs à ce site, mais en plus ils se sont montrés beaucoup moins perméables aux autres messages climatosceptiques ailleurs sur le Net.

… aux "faits alternatifs" de Donald Trump

Depuis leur expérience, "l’actualité a montré tout le danger que les ‘fake news’ peuvent avoir en influençant directement le comportement des citoyens", souligne Sander van der Linden. Une allusion directe à l’élection aux États-Unis de Donald Trump qui, pour certains, a été facilitée par des informations tendancieuses publiées sur Facebook cherchant à dénigrer Hillary Clinton, l’adversaire démocrate du milliardaire. Des articles comme "le pape soutient Donald Trump" ou "Hillary Clinton a vendu des armes à l’ [organisation terroriste] État islamique" ont été partagés des millions de fois sur le réseau social alors qu’ils sont erronés du début à la fin. "Nos prochaines expériences s’intéresseront sûrement aux ‘Fake news’ autour de Donald Trump", assure le chercheur en psychologie.

Pour lui, ce travail est d’autant plus urgent dans un contexte médiatique où l’une des conseillères de Donald Trump développe le concept de "faits alternatifs" pour justifier l’affirmation du président qu’il y avait "environ 1,5 million de personnes pour assister à l’investiture".

Reste à savoir comment administrer les vaccins anti-"fake news". Il peut difficilement y avoir des campagnes de vaccination où tous les internautes seraient obligés de se soumettre à des expériences comme celle menée dans l’étude. Pour Sander van der Linden, le travail de vérification des faits - comme celui de la rubrique info/intox du site des Observateurs de France 24 - est un bon début. Mais le plus efficace serait de sensibiliser les plus jeunes aux fausses informations dès l’école et tout au long de la scolarité. Car sans cela, les "fakes news" risquent de revenir chaque année comme une méchante grippe.

Première publication : 23/01/2017

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